L’eSIM offre une alternative privée et économique à la connectivité maritime, idéale pour messages, mails et appels VoIP, loin des solutions saturées traditionnelles.
Rester connecté en permanence devient quasi indispensable, même en voyage. « Tout se passe à travers le téléphone, c’est même peut-être aussi important qu’un passeport. Des fois on a ses papiers, son compte bancaire, et son appli bancaire sur l’appareil ».
En haute mer, cette dépendance se heurte à un mur. Les réseaux terrestres s’arrêtent à une douzaine de miles des côtes, laissant les navires face à un isolement numérique coûteux ou saturé. Wi-Fi des compagnies souvent onéreux et partagé, roaming international complexe et prohibitif…
Selon Alex Dufort, responsable des partenariats chez l’opérateur mobile spécialisé dans l’eSIM Gigsky, cette technologie permet d’intégrer des réseaux maritimes fragmentés et complexes. Une intégration que peu d’acteurs maîtrisent.
Conquête de la connectivité maritime
GigSky dispose d’un contrôle direct sur les réseaux mondiaux. Alex Dufort ajoute : « Nous sommes un opérateur mobile, nous avons directement accès à tous les réseaux dans tous les pays du monde ». Cela améliore la fiabilité et assure une couverture globale, y compris en mer.
Ils ont identifié un écart majeur sur les bateaux de croisière. Beaucoup veulent une connexion minimale, suffisante pour les messages, mails, WhatsApp, appels VoIP, sans payer le Wi-Fi cher des compagnies.
Le Wi-Fi à bord est un réseau partagé : tous les passagers utilisent la même connexion. Cela entraîne souvent une saturation de la bande passante et expose les données à des risques d’interception. La connexion reste donc moins sécurisée et dépend entièrement de la charge du réseau.
Avec l’eSIM, le smartphone se connecte directement à un réseau cellulaire dédié. La liaison est privée et chiffrée par défaut, indépendante de la qualité du Wi-Fi embarqué.
Les forfaits offrent quelques gigas pour plusieurs jours à prix modique. Cela suffit pour les usages essentiels en haute mer.
Aucun changement physique de carte SIM n’est nécessaire. Le roaming international devient prévisible et sans surprise. La configuration s’effectue en amont, avant même de monter à bord. La connexion fonctionne de la même manière quel que soit le navire ou la région.
Une technologie complexe
Établir une connectivité maritime fiable via eSIM a posé de vrais défis techniques. « Le plus grand défi, c’était la fragmentation. Donc les navires de croisière, même au sein d’une même marque, utilisent parfois différents réseaux », explique Alex. Cette disparité rend toute couverture cohérente particulièrement complexe.
GigSky a résolu cela en exploitant pleinement son statut d’opérateur mobile. Au lieu de solutions isolées par navire, l’entreprise a construit une intégration centralisée. Les profils eSIM commutent automatiquement entre infrastructures sans intervention de l’utilisateur.
L’offre régionale « cruise » regroupe ainsi des zones entières : Caraïbes, Asie, Méditerranée. Pour le passager, le changement de navire ou de mer n’a aucun impact visible. La connexion reste stable et continue.
Alex souligne cette transparence : « Ce que le voyageur veut, c’est être connecté à peu près tout le temps et n’importe où, ne pas s’inquiéter sur quel navire il se trouve, ou de devoir gérer le réseau. »
Une extension naturelle du terrestre
La distinction entre connectivité terrestre et maritime n’a pas de sens pour les utilisateurs de l’e-SIM. Alex Dufort : « Nous considérons la connectivité en mer comme une extension naturelle de l’accès terrestre. Les voyageurs ne pensent pas en termes de maritime ou terrestre (…) Ils se demandent simplement si leur smartphone va être connecté à Internet. »
Une seule eSIM devrait fonctionner partout : sur terre, en mer, et même en vol via les réseaux Wi-Fi embarqués. Le Wi-Fi du navire garde son utilité pour des usages intensifs ou illimités. Pour sa part, l’eSIM accompagne l’utilisateur en escale, sur le pont ou lors de longues traversées.
La technologie eSIM connaît une transition accélérée. Il y a quelques années, il fallait expliquer en détail ce qu’elle était, comment l’installer et à quoi elle servait. Aujourd’hui, début 2026, les connaissances se sont largement diffusées grâce aux contenus en ligne.
Les smartphones récents, comme chez Apple, Samsung et d’autres marques, abandonnent progressivement la carte SIM physique.
Cependant, le secteur maritime progresse plus lentement que le terrestre. Moins de personnes prennent le bateau que l’avion ou le train. Les défis techniques expliquent ce décalage.
À savoir que la couverture maritime actuelle de Gigsky touche environ 210 navires de croisière, soit près de 90 % du trafic mondial. Une extension récente ajoute 70 navires. Elle intègre bientôt les ferries pour couvrir les 10 à 15 % restants.
Certains ferries dépassent les 12 milles nautiques des côtes. Le signal terrestre disparaît alors. L’eSIM prend le relais de manière autonome. Elle se reconnecte naturellement aux réseaux terrestres à l’approche du rivage.
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