OpenAI vient de recruter l’un des visages les plus influents de la nouvelle vague d’agents IA. Derrière OpenClaw, Peter Steinberger a contribué à populariser l’idée des intelligences qui agissent seules et en continu.
OpenAI a mis la main sur l’un des noms les plus commentés du moment dans le monde des agents IA. Ainsi, l’entreprise confie à Peter Steinberger le développement de cette nouvelle génération de systèmes. Son projet OpenClaw orchestre des modèles pour exécuter des tâches complexes de manière autonome. Ainsi, la bataille de l’IA se joue désormais sur l’autonomie, la productivité réelle et la capacité des outils à travailler pour l’utilisateur.
De startup B2B à figure centrale de la vague des agents
Avant de devenir un nom incontournable de l’IA, Peter Steinberger était surtout connu comme entrepreneur. Il a fondé PSPDFKit, devenue ensuite Nutrient. Il s’agit d’une entreprise spécialisée dans les outils de développement pour le traitement de documents. Cette société solide est orientée B2B et il l’a finalement vendue il y a environ quatre ans.
Après cette vente, Peter Steinberger s’éloigne du modèle classique de la startup pour expérimenter librement. C’est alors dans cette phase que naît l’idée qui va tout changer.
I'm joining @OpenAI to bring agents to everyone. @OpenClaw is becoming a foundation: open, independent, and just getting started.🦞https://t.co/XOc7X4jOxq
— Peter Steinberger 🦞 (@steipete) February 15, 2026
Je trouve que l’histoire de la genèse d’OpenClaw résume bien l’état actuel de l’IA. Pendant des mois, Peter Steinberger teste des agents IA avec des résultats mitigés. Puis, lors d’un séjour à Marrakech, il met en place un système qui reçoit ses instructions par message vocal sur WhatsApp. L’agent convertit l’audio, comprend l’objectif et tente différentes approches jusqu’à exécuter la tâche.
Ce moment déclenche un déclic car les modèles ne sont pas seulement puissants, ils deviennent débrouillards lorsqu’on leur donne de l’autonomie.
OpenClaw : une simple enveloppe qui a changé la perception des agents
Contrairement à ce que son succès pourrait laisser penser, OpenClaw n’est pas un modèle d’IA. C’est une infrastructure, une sorte d’orchestrateur qui permet d’utiliser des modèles existants (GPT, Claude, Gemini, etc.) pour poursuivre un objectif sur la durée.
L’utilisateur installe OpenClaw sur une machine dédiée, connecte ses clés d’accès aux modèles et communique ensuite avec son agent via une messagerie classique. L’agent peut accéder aux fichiers, utiliser le terminal et exécuter des tâches de programmation de manière autonome.
Des analyses de sécurité sont déjà impressionné par ce niveau d’accès, mais ils pointent quand même un risque. Un agent qui execute des commandes système dispose d’un pouvoir considérable s’il est mal configuré ou mal contrôlé.
Mais du point de vue des développeurs, l’effet est saisissant. Beaucoup décrivent l’impression de collaborer avec un autre ingénieur logiciel qui peut évaluer ses propres limites, d’installer de nouveaux outils et d’itérer jusqu’à atteindre un objectif.
Un phénomène culturel et un signal pour le marché
Dire qu’OpenClaw est devenu viral est un euphémisme. L’outil a contribué à créer une véritable culture des “armées d’agents”. Ces systèmes censés travailler jour et nuit sur des tâches répétitives.
Son influence s’est même étendue au-delà du développement. Un réseau social expérimental, réservé aux agents IA, a vu le jour. Dans le même temps, l’engouement autour de ces usages a renforcé l’idée que l’avenir de l’IA se joue dans l’automatisation de workflows complets.
Je note aussi un effet indirect mais important. Cette dynamique a contribué à repositionner la concurrence. Pendant un temps, certains outils étaient perçus comme plus adaptés au travail professionnel et à l’automatisation que les solutions orientées grand public. Le recrutement de Peter Steinberger ressemble à une réponse stratégique.
Pourquoi OpenAI a embauché Peter Steinberger maintenant ?
Selon les informations partagées par Sam Altman, Peter Steinberger va piloter le développement de la prochaine génération d’agents personnels. OpenAI cherche donc à améliorer ses modèles et aussi à construire des systèmes capables d’agir pour l’utilisateur, sur la durée et dans différents environnements.
Peter Steinberger is joining OpenAI to drive the next generation of personal agents. He is a genius with a lot of amazing ideas about the future of very smart agents interacting with each other to do very useful things for people. We expect this will quickly become core to our…
— Sam Altman (@sama) February 15, 2026
Et le contexte explique ce choix. L’engouement autour des agents et du vibe coding dépasse aujourd’hui celui des chatbots ou des générateurs d’images. Par ailleurs, maintenir OpenClaw en tant que projet indépendant devenait coûteux. Avec des dépenses mensuelles estimées entre 10 000 et 20 000 dollars.
Le projet lui-même ne disparaît pas. Il sera dorénavant soutenu via une fondation et restera un espace d’expérimentation ouvert aux développeurs. Avec l’ambition de supporter plusieurs modèles et de donner plus de contrôle aux utilisateurs sur leurs données.
Qu’annonce ce recrutement pour la suite ?
La compétition ne porte plus seulement sur l’intelligence brute des modèles, mais sur leur capacité à travailler de façon autonome, fiable et sécurisée.
Trois enjeux émergent. D’abord, la fiabilit. Un agent qui agit seul doit être prévisible et contrôlable. Ensuite, la sécurité, car l’accès aux systèmes locaux ouvre de nouveaux risques. Enfin, la productivité réelle. La promesse d’automatisation massive devra prouver qu’elle réduit vraiment le travail humain. Au lieu de simplement le déplacer vers de la supervision.
Pour les utilisateurs comme pour les entreprises, la question devient concrète. Jusqu’où peut-on déléguer ? Si OpenAI parvient à transformer la vision de Peter Steinberger en produits grand public, les assistants pourraient rapidement passer du statut d’outil conversationnel à celui de collaborateurs numériques.
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