Oracle a annoncé dimanche vouloir lever entre 45 et 50 milliards de dollars cette année. Comment ? En combinant dette et capitaux propres selon The Information. Le but est de soutenir la croissance très rapide de son activité de cloud computing.
Ces fonds serviront principalement à construire et étendre des centres de données destinés à plusieurs clients majeurs. Parmi eux figurent OpenAI, AMD, xAI, Meta, TikTok et Nvidia.
Une levée massive, entre dette et capital
Sur le volet fonds propres, environ la moitié du financement 2026 sera levée via des instruments liés aux actions. Oracle prévoit notamment une première émission de titres privilégiés obligatoirement convertibles, qui ne représentera qu’une petite part du total.
S’y ajoute un nouveau programme d’émission d’actions « at-the-market », pouvant atteindre jusqu’à 20 milliards de dollars. Ces actions seront émises progressivement, en fonction des conditions de marché et des besoins réels du groupe, aux prix en vigueur.
Côté dette, le plan est plus simple. Oracle envisage une émission unique d’obligations senior non garanties, de qualité « investment grade ». Elle est prévue pour le début de l’année 2026.
Cette opération doit couvrir l’autre moitié du financement annuel. Le groupe précise qu’aucune autre émission obligataire n’est prévue sur la période. Sûrement, histoire de ne pas empiler les couches de dette.
Évidemment, cette stratégie ne fait pas l’unanimité. Ces dernières semaines, certains investisseurs ont commencé à froncer les sourcils. En cause, l’augmentation de l’endettement.
Et surtout, la dépendance croissante d’Oracle à l’écosystème de l’IA, avec OpenAI en figure centrale. Une entreprise encore non rentable, souvent décrite comme financièrement fragile. Une startup qui multiplie elle-même les levées de fonds pour bâtir ses propres infrastructures.
Oracle tient toutefois à clarifier un point
Pour Oracle, c’est bien simple. Tant que la demande mondiale pour l’entraînement des modèles d’IA dépasse l’offre de puces disponibles, les clusters optimisés d’OCI resteront pleins.
Et l’entreprise tient à clarifier un point. Ce financement ne vise pas uniquement à augmenter les capacités dédiées à OpenAI. Ce, même si ce dernier s’est engagé à investir plusieurs centaines de milliards de dollars sur Oracle Cloud dans les années à venir.
Oracle cite, dans cet ordre, la liste des clients : AMD, Meta, Nvidia, OpenAI, TikTok, xAI, ainsi que d’autres acteurs majeurs. Des files d’attente qui ne risquent pas de se raccourcir.
En plus, sur les marchés, cette relation avec OpenAI suscite autant d’espoirs que de doutes. La preuve ? L’action Oracle a reculé d’environ 50 % par rapport à son pic de l’an dernier, effaçant près de 450 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Voyez-vous, les investisseurs s’interrogent sur l’ampleur des investissements initiaux nécessaires avant que le contrat avec OpenAI ne se traduise par une croissance tangible des revenus.
D’autres inquiétudes persistent aussi. Certaines portent sur la capacité d’OpenAI à assumer, sur la durée, les coûts élevés de location du cloud. D’autres concernent la faculté d’Oracle à livrer et mettre en service ses centres de données dans les délais annoncés.
Pourquoi les prêteurs doivent se méfier ?
Du côté des prêteurs, la prudence est également de mise. Plusieurs établissements auraient indiqué en privé vouloir limiter leur exposition aux emprunts liés aux centres de données d’Oracle.
À cela s’ajoute le fait que les promoteurs chargés de construire ces infrastructures pour OpenAI ont déjà accumulé plus de 65 milliards de dollars de dettes de construction.
Au cours du trimestre clos fin novembre, le groupe a déjà dépensé près de 10 milliards de dollars, principalement pour ses centres de données. Oracle a également levé 18 milliards de dollars supplémentaires en septembre via une émission obligataire.
Malgré ces dépenses massives, Oracle a terminé le trimestre avec environ 20 milliards de dollars de trésorerie. En revanche, ces investissements ont entraîné un flux de trésorerie disponible négatif. Ce qui a contraint l’entreprise à s’endetter davantage. Un détail délicat que le groupe devra surveiller de près dans les mois à venir.
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