Si certains font fortune grâce à l’IA, chez Oracle, l’histoire est moins brillante. En misant sur cette technologie, le géant américain vient de signer son pire trimestre boursier depuis plus de vingt ans.
Oracle a bien compris que sur les marchés, l’IA est devenue le mot magique. Celui qu’on prononce pour faire monter une action ou pour rassurer les investisseurs. L’entreprise a donc décidé d’opter pour cette innovation et les infrastructures géantes, histoire de changer de dimension.
Pourtant, la réalité est venue frapper plus vite que prévu. En effet, Oracle enregistre son pire trimestre boursier depuis 2001, une référence que personne n’a envie de revoir. Que s’est-il donc passé ?
L’IA allait tout sauver promettait Oracle
Depuis des mois, Oracle martèle le même message. LIA doit devenir le nouveau moteur de sa croissance. Après des années dominées par les logiciels d’entreprise, le groupe veut s’appuyer sur cette technologie pour changer d’échelle. Mais surtout s’imposer sur le terrain stratégique de l’infrastructure cloud, aux côtés d’Amazon, Microsoft et Google.
Tout semblait parfait. En septembre, l’action d’Oracle touchait même un sommet historique après l’annonce de nouveaux centres de données liés au projet Stargate d’OpenAI. Trois d’entre eux seront développés par la société elle-même.
L’ambition est évidemment colossale. Car pour l’IA, Oracle a mis en avant près de 7 gigawatts de capacité et plus de 400 milliards de dollars d’investissements sur trois ans. Larry Ellison, président exécutif et directeur technique, ne cache pas sa confiance. Très confiant, même.
L’objectif affiché atteint même les 225 milliards de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2030. Cela contre 57 milliards en 2025. L’IA doit porter ce pari fou pour Oracle. Mais Wall Street, elle, commence à froncer les sourcils.
Des milliards, des retards et beaucoup de doutes
La chute a été brutale. Depuis le début du trimestre, l’action Oracle a plongé d’environ 30 %. C’est sa pire performance trimestrielle depuis plus de vingt ans, selon CNBC. Un retour aux souvenirs douloureux de la crise post-bulle Internet.
Pourquoi ce plongeon ? D’abord, les retards. Bloomberg révèle qu’Oracle repousse d’au moins un an plusieurs projets de centres de données OpenAI. Ces dernières sont victimes de pénuries de main-d’œuvre et de matériaux. La conséquence a été immédiate avec un titre qui dévisse.
Ensuite, les chiffres. Le dernier rapport financier, publié fin novembre, déçoit. Le chiffre d’affaires d’Oracle ne suit pas, tandis que les dépenses liées aux projets d’IA s’envolent. La firme prévoit en effet 50 milliards de dollars d’investissements pour l’exercice 2026, presque le double de l’année précédente.
Pour financer cette offensive massive, l’entreprise a levé 18 milliards de dollars via une émission obligataire en septembre. La dette grimpe ainsi à toute vitesse. Et Wall Street, elle, n’aime pas attendre quand les revenus ne suivent pas encore.
Même le cœur historique d’Oracle commence à tousser. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires de ses logiciels d’IA recule de 3 %, pour atteindre 5,88 milliards de dollars. Ce n’est pas dramatique, mais c’est un signal qui ne trompe pas. La croissance traditionnelle montre déjà des signes de fatigue.
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