Meta se prépare à ajuster ses coûts face à ses investissements massifs dans l’IA. Selon Reuters, qui cite « trois sources proches du dossier », le groupe californien envisagerait de réduire ses effectifs de 20 % ou plus. Ce qui représenterait environ 15 800 postes. Car au 31 décembre 2025, Meta comptait 78 865 employés.
Interrogé à ce sujet, le porte-parole de Meta, Andy Stone, a qualifié l’information de « spéculative » et issue de « scénarios théoriques ». Il a cependant précisé qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise et laissé entendre que des licenciements restaient à l’ordre du jour.
Pourquoi Meta réduit-il ses effectifs ?
Début 2018, Meta avait déjà réduit ses effectifs d’environ 5 %, après une première vague moins importante le même mois.
Entre novembre 2022 et début 2023, le groupe a également licencié environ 11 000 employés. Soit 13 % des effectifs, dans le cadre d’un assainissement budgétaire post-Covid.
Quelques mois plus tard, un licenciement de 10 000 personnels a eu lieu. Mais ce n’est pas fini. Plus tôt cette année, environ 1 000 postes ont été supprimés au sein de Reality Labs, sa division dédiée à la réalité virtuelle et au métavers.
Meta a progressivement réduit ses efforts dans le métavers, face au désintérêt des utilisateurs. Les coupes budgétaires sur ce secteur pourraient d’ailleurs atteindre jusqu’à 30 % dans les prochains mois, indiquent les rumeurs venues de Menlo Park.
Et voilà qu’une éventuelle nouvelle réduction de personnels se prépare. Si la direction confirmait cette mesure, il s’agirait de la plus importante vague de suppressions depuis trois ans. Mais alors, pourquoi cette fois ?
Selon Mark Zuckerberg, l’IA modifie profondément les besoins en main-d’œuvre : « Des projets qui nécessitaient autrefois de grandes équipes peuvent désormais être menés par une seule personne très talentueuse. »
Bien entendu, cet épisode, on le retrouve aussi chez d’autres géants de la tech, comme Amazon, qui a supprimé 30 000 postes administratifs depuis octobre.
La face cachée de cette nouvelle vague de licenciements
A moins que nous manquons de discernement, il va de soi que l’IA n’est pas la seule cause de ces réductions d’effectifs. Voyez-vous, ces derniers temps, les géants comme Meta ont multiplié leurs investissements dans l’IA.
Meta a par exemple récemment investi dans des initiatives très médiatisées. Parmi elles, le rachat de Moltbook, le forum où les agents IA discutent entre eux. Ou encore l’acquisition de la startup d’agents IA Manus estimée à 2 milliards de dollars.
Plus récemment, l’entreprise a même conclu un accord avec Nebius Group. Le coût total du partenariat peut atteindre jusqu’à 27 milliards de dollars. A cela s’ajoute le deal avec AMD pour l’achat de plus de 100 milliards de dollars de puissance de calcul IA et bien d’autres encore.
Il faut donc croire que cette nouvelle série de licenciements n’a pour but que de compenser les dépenses colossales de Meta dans l’IA. D’autant que, selon Reuters, Meta prévoit une augmentation significative de ses dépenses d’investissements pour 2026.
Cette année, entre 115 milliards et 135 milliards de dollars seront investi dans le cadre de l’accélération de Meta vers le développement de l’IA dite superintelligence.
Comment ces licenciements affectent la position de Meta sur le marché et face à ses concurrents ?
En réduisant ses effectifs, Meta libère des ressources financières qui peuvent être réaffectées à ses infrastructures de calcul et au développement de modèles d’IA. Ces investissements sont essentiels pour rester compétitif sur le marché de l’IA.
Surtout que ses concurrents tels qu’Alphabet et AWS continuent de renforcer leur position avec des centres de données gigantesques et des équipes de recherche très spécialisées.
Mais cette réorganisation a aussi un revers. La suppression de milliers de postes entraîne une perte d’expertise et de savoir-faire. Certains projets risquent de ralentir. Meta devra alors compter davantage sur des partenariats externes ou sur le recrutement ciblé pour compenser ces manques.
À long terme, cette approche pourrait rapprocher Meta de ses concurrents sur certains segments de l’IA. Toutefois, il y a des chances que Google et Amazon conservent un avantage sur la puissance de calcul et la profondeur des équipes.
Évidemment, la réussite dépendra de la capacité de Meta à réorienter efficacement son personnel restant et à maintenir un rythme de développement soutenu malgré la réduction d’effectifs.
Quels impacts pour les employés et l’organisation ?
Ces licenciements chez Meta vont à coup sûr changer le quotidien des équipes. Moins de personnel signifie plus de pression sur ceux qui restent. Pourquoi ? Parce qu’ils doivent souvent absorber davantage de responsabilités.
En parallèle, la culture interne peut évoluer. Après plusieurs vagues de licenciements, les salariés peuvent ressentir plus d’incertitudes sur leur avenir. Cela peut rendre plus difficile la fidélisation des talents, surtout dans un secteur où les ingénieurs expérimentés sont très recherchés.
Par ailleurs, ces décisions comportent aussi des risques économiques et d’image. Si l’entreprise réduit trop ses effectifs, elle peut affaiblir sa capacité d’innovation ou retarder certains développements technologiques.
Evidemment, il n’est pas exclu que l’inverse se produise. Car une organisation plus compacte peut aussi améliorer l’efficacité des projets. Des équipes plus petites, bien ciblées, peuvent parfois avancer plus vite et concentrer leurs efforts sur les priorités stratégiques.
Comme dit tout haut, tout dépendra de Meta. Attendons donc de voir si la stratégie peut vraiment porter ses fruits.
- Partager l'article :


