Longtemps, l’entrée sur Internet passait par un moteur de recherche et une succession de liens à parcourir. Mais de plus en plus d’utilisateurs contournent Google et compagnie et confient directement leurs recherches, leurs achats et leur organisation quotidienne à ChatGPT.
Pendant des décennies, la porte d’entrée du web était un navigateur, une barre de recherche comme Google. Mais ce réflexe est en train de voler en éclats. Une nouvelle étude vient de montrer que pour des millions d’utilisateurs, ChatGPT est le premier écran consulté chaque jour. Il s’agit d’une enquête menée par la plateforme Bango auprès de 1 400 abonnés américains du chatbot. Ce changement pourrait bien rebattre les cartes pour Google, les éditeurs de contenus, les annonceurs…et l’ensemble de l’écosystème du web.
ChatGPT remplace Google comme premier réflexe
Ainsi, 72 % des abonnés interrogés déclarent avoir défini ChatGPT comme page d’accueil, aussi bien sur ordinateur que sur mobile. Google n’est donc plus le premier écran que l’on ouvre pour chercher une information, préparer un projet ou organiser sa journée.
Là où l’internaute tapait une requête, comparait des résultats et cliquait sur plusieurs liens, il préfère désormais dialoguer. ChatGPT filtre, synthétise et répond directement. Et cette expérience plus fluide, plus rapide, et surtout perçue comme plus confortable.
L’étude montre également que 78 % des abonnés ont installé un widget ChatGPT sur l’écran d’accueil de leur smartphone ou de leur tablette. Plus besoin de navigateur, l’IA est accessible instantanément, comme une application centrale autour de laquelle tout s’organise.
Même si l’outil reste imparfait et que ses réponses peuvent parfois prêter à discussion, son adoption traduit que l’IA n’est plus occasionnelle. Elle est devenue quotidienne, presque réflexe.
Une IA qui aspire à tout centraliser
Par ailleurs, ChatGPT étend son influence à l’ensemble des usages numériques. L’enquête de Bango révèle que 74 % des abonnés se disent prêts à réaliser leurs achats directement via l’interface conversationnelle.
Dans la même logique, 72 % des utilisateurs envisagent d’abandonner certaines applications traditionnelles. Notamment pour écouter de la musique, planifier des tâches ou consulter des cartes. Avec le lancement de sa boutique d’applications ce 18 décembre 2025, ChatGPT semble vouloir devenir un véritable hub numérique.
Cette tendance est confirmée par un autre chiffre. 75 % des abonnés préfèreraient effectuer l’ensemble de leurs tâches numériques sans quitter ChatGPT. Un seul point d’entrée, un seul environnement, plutôt qu’une multitude d’apps en concurrence permanente pour capter l’attention. Alors, l’IA relie et remplace progressivement les services existants.
ChatGPT is pushing Google out as the browser home page
— shields 🌚 (@ImMrShields) January 26, 2026
OpenAI is taking another stronghold from Google – the browser home page. Paid ChatGPT users are increasingly setting the service as their start page when launching a browser. Previously, this role was dominated by Google… pic.twitter.com/DjwfZaREP2
Un séisme pour le web mais pas encore la fin de Google
Si les utilisateurs commencent leur journée sur ChatGPT plutôt que sur Google, la question de la visibilité devient importante. Pour les éditeurs, les développeurs et les annonceurs, il ne s’agit plus d’optimiser des pages pour des robots d’indexation, mais de comprendre comment exister dans une interface pilotée par l’IA.
Comme le résume Giles Tongue, expert en abonnements chez Bango : « Les consommateurs construisent de plus en plus leur vie numérique autour de ChatGPT ». Ceux qui réussiront seront ceux qui sauront s’intégrer à cette nouvelle porte d’accès.
Pour autant, Google n’a pas dit son dernier mot. Le moteur conserve un énorme volume de recherches. Une partie du public garde la méfiance vis-à-vis des réponses générées par l’IA. Le panel de l’étude reste limité, et le basculement n’est pas encore universel.
ChatGPT n’est donc plus seulement un assistant intelligent. Il est en train de devenir la nouvelle home page du web. Pour le meilleur ou pour le pire.
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