Début du mois, Bloomberg révélait les discussions entre ServiceNow et la startup de cybersécurité Armis. Il s’agit d’une opération dépassant sept milliards de dollars. La réaction a alors été immédiate.
L’action ServiceNow a reculé de onze pour cent, effaçant près de vingt milliards de dollars de valorisation. Malgré cette secousse, l’entreprise a confirmé la signature de l’accord de 7,75 milliards de dollars mardi pour racheter Armis.
Pourquoi ?
Eh bien, le patron de ServiceNow Bill McDermott a choisi d’écarter les réactions à court terme. Voyez-vous, ces récents épisodes reflètent une ambiance tendue sur les valeurs logicielles. Plusieurs titres ont d’ailleurs connu des mouvements brusques ces dernières semaines.
Le dirigeant estime alors que les décisions stratégiques doivent suivre une logique industrielle. Pour lui, les doutes exprimés par le marché ne portent pas sur la cohérence du projet.
Les outils de ServiceNow couvrent déjà la détection des failles informatiques. Armis complète cet ensemble avec une lecture du réseau. Le vrai malaise concerne plutôt la multiplication des achats.
Quoi qu’il en soit, ServiceNow a déjà racheté Veza pour un milliard de dollars. L’entreprise a aussi intégré Moveworks pour 2,85 milliards. Selon Matt Hedberg, analyste chez RBC Capital Markets, certains investisseurs redoutent une dépendance croissante à ces opérations pour maintenir la progression des revenus.
Le chiffre d’affaires du groupe devrait progresser de vingt pour cent cette année. Ce rythme se rapproche de celui de l’an dernier. Il reste toutefois inférieur aux vingt-six pour cent attendus pour 2023. Les prévisions pour 2026 n’ont pas encore été communiquées.
Cette inquiétude rappelle le parcours de Salesforce. L’éditeur a souvent été critiqué pour ses achats répétés. Il avait même dû promettre une pause à ses actionnaires. La mémoire de cet épisode continue d’influencer les lectures du marché.
ServiceNow est-elle sûre d’elle sur ce coup ?
Bill McDermott défend la solidité financière de ServiceNow. Il met en avant une trésorerie confortable et une marge soutenue. La hausse du nombre d’abonnements confirme, selon lui, la bonne santé de l’entreprise. Le dirigeant présente l’accord Armis comme une réponse aux usages futurs des clients.
Armis génère environ 340 millions de dollars de revenus annuels. Sa technologie repère les appareils connectés sur les réseaux d’entreprise. Elle vise aussi à prévenir les attaques ciblant ces équipements. Ce savoir-faire complète la gamme de sécurité de ServiceNow.
Cette activité sécurité devrait atteindre un milliard de dollars de chiffre d’affaires cette année. Elle représente près de dix pour cent des revenus du groupe. L’intégration d’Armis n’apportera donc pas une accélération immédiate. L’effet sur la croissance globale restera limité à court terme.
Le dirigeant le rappelle sans détour. Les revenus ne reposent pas sur les opérations de rachat. ServiceNow avance déjà sur une trajectoire stable. L’acquisition d’Armis s’inscrit surtout dans une vision d’évolution des besoins clients.
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