équipe de Sunday Robotics et son robot domestique

Sunday Robotics lève 165 millions pour son robot domestique

L’industrie de la robotique traîne depuis longtemps un secret embarrassant. Elle impressionne surtout grâce à des démonstrations soigneusement mises en scène. 

Depuis des années, les vidéos spectaculaires s’enchaînent. Robots qui exécutent des saltos. Machines qui dansent avec une précision métronomique. Ou encore les bras mécaniques empilant des assiettes comme des chefs étoilés. 

Et pourtant, dans la vraie vie, la situation est souvent bien différente. Derrière ces démonstrations très propres se cachent parfois des robots peu autonomes. C’est précisément sur ce point que la startup Sunday Robotics veut marquer sa différence. 

L’entreprise vient de lever 165 millions de dollars, soit environ 155 millions d’euros, pour tourner la page des démonstrations spectaculaires mais peu représentatives.. Cette opération lui a permis d’obtenir le statut de licorne, réservée aux entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars.

Car oui, le fabricant a atteint une valorisation de 1,15 milliard de dollars suite à ce tour de table série B. Le financement a été mené par Coatue Management. Parmi les investisseurs figurent également Tiger Global, Benchmark et Bain Capital Ventures.

Qu’est-ce que Sunday Robotics prévoit avec cette levée ?

Créée par Tony Zhao et Cheng Chi, tous deux docteurs de l’université Stanford, Sunday Robotics est sorti de sa relative discrétion à la fin de l’année dernière. ce, pour dévoiler son projet principal : développer un robot humanoïde domestique baptisé Memo. 

Cette machine est pensée comme une aide pratique dans la vie de tous les jours. Un peu à l’image de Rosie, le célèbre robot domestique de la série animée Les Jetsons.

Elle est destinée à s’occuper de certaines tâches quotidiennes à la maison telles que la lessive, le débarrassage de la table ou autres petits travaux ménagers. Sunday la décrit même comme le premier robot domestique réellement autonomes dans des foyers. 

D’ailleurs, le fabricant compte la déployer dès cette année. Selon Bloomberg, plus de 1 000 personnes se sont même déjà inscrites sur la liste d’attente disponible sur le site de l’entreprise. La levée s’inscrit donc dans la réalisation de ce projet.

La prudence reste toutefois de mise. Car l’histoire de la robotique domestique regorge d’impressionnants projets mais qui se révélaient bien moins convaincants une fois confrontés au monde réel. 

La difficulté n’est pas seulement matérielle. Elle tient surtout à l’intelligence des machines. Une maison est un environnement imprévisible. Les tapis se replient, les objets changent de place et les animaux domestiques n’ont aucune intention de coopérer avec un robot. 

Pour être utile, une machine doit s’adapter à ce désordre permanent et comprendre des situations très variées. Répéter un mouvement programmé dans un laboratoire ne suffit donc pas.

Comment l’entreprise compte réussir là où d’autres ont échoué ?

Sunday compte s’attaquer à ce problème de front. La startup souligne dans sa communication qu’aucun système n’a encore réussi à déployer une manipulation autonome et précise dans de véritables foyers. 

En reconnaissant cette limite, elle explique vouloir démontrer qu’elle peut réussir le coup. Elle promet d’ailleurs de montrer concrètement les progrès de son projet lors d’une phase bêta publique.

YouTube video

Pour tenter d’y parvenir, Sunday mise sur une approche différente de celle adoptée par une grande partie de l’industrie. De nombreux fabricants utilisent la téléopération pour entraîner leurs robots. 

Dans ce modèle, des humains contrôlent les machines à distance afin de générer des données d’apprentissage. Mais Sunday, lui,  préfère une stratégie plus directe. La startup a développé un dispositif baptisé « Skill Capture Glove », ou gant de capture de compétences. 

Au lieu de manipuler un robot à distance, des personnes portent ces gants et réalisent elles-mêmes des tâches domestiques. Les mouvements sont enregistrés avec précision. Ce qui permet de constituer une base de données détaillée sur la manière dont les gestes sont réellement exécutés.

Ces informations ont été collectées dans plus de 500 foyers différents, afin de refléter des situations variées et parfois imprévisibles. Elles serviront ensuite à entraîner le système de Memo. Sunday explique que cette méthode lui permet de contrôler l’ensemble du processus. Cela va de la conception du matériel à l’entraînement de l’intelligence artificielle. 

La levée de fonds de 165 millions de dollars doit maintenant permettre de passer de la théorie à la pratique. Déployer un robot autonome dans de véritables habitations représente un défi technique et logistique considérable. Il faut garantir la sécurité, la fiabilité et une expérience acceptable pour les utilisateurs. 

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