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L’Ukraine va transférer ses données sensibles vers un autre pays en urgence

L’Ukraine s’apprête à transférer ses données sensibles vers un autre pays si l’invasion russe se poursuit, selon un responsable de la cybersécurité. Le but est d’éviter que ces informations tombent entre les mains de l’assaillant… et peut-être de dissimuler quelques vérités inavouables.

Les données sont le nerf de la guerre. Cette expression était jadis imagée, mais elle est désormais à prendre au sens littéral.

Ce mercredi 9 mars 2022, un responsable de la cybersécurité ukrainienne a confié à Reuters que le gouvernement d’Ukraine se prépare à transférer ses données sensibles et ses serveurs à l’étranger. Si l’invasion russe se poursuit plus en profondeur dans le pays, cette migration devra être effectuée en urgence.

Selon Victor Zhora, député en chef de Service d’État des Communications Spéciales et de la Protection de l’Information, l’Ukraine veut être prête face à la menace que la Russie saisisse les documents gouvernementaux sensibles.

Il s’agit selon lui de « préparer le terrain ». Le plan A était de protéger l’infrastructure IT au sein de l’Ukraine, mais les données seront transférées vers un autre pays en cas de besoin.

Les officiels du gouvernement ont d’ores et déjà transféré des équipements et des sauvegardes vers des zones d’Ukraine plus sécurisées et hors de portée des forces russes. Déjà en février, Zhora confiant à Politico que des plans étaient en place pour déplacer les données sensibles hors de la capitale Kiev en cas de menace.

Un transfert vers l’étranger pourrait toutefois se révéler indispensable. Il représenterait l’étape suivante dans ce dispositif de protection des données.

Un transfert de données nécessaire en temps de guerre

L’Ukraine a reçu des offres pour héberger ses données dans une large variété de pays, mais Zhora refuse de dire lesquels. Il précise qu’un pays européen serait préféré pour des raisons de proximité. Néanmoins, « toutes les propositions sont hautement bienvenues et méritent d’être considérées ».

Le responsable ne donne pas de détails sur la façon dont ce transfert serait effectué. Selon lui, les précédents efforts visant à préserver les données du gouvernement de l’emprise russe ont impliqué le transport physique de serveurs et d’appareils de stockage portatifs ou la migration numérique de données d’un service ou d’un serveur vers un autre.

Toutefois, ce processus devra d’abord être approuvé par les législateurs ukrainiens. La restriction doit être levée. Et même en cas d’approbation, toutes les données et tous les équipements réseau ne seront pas nécessairement envoyés hors du pays. Les agences gouvernementales devront décider au cas par cas si les opérations sont maintenues au sein du pays, ou si elles sont évacuées.

Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement est confronté à une problématique de gestion des données en temps de guerre. En août 2021, lorsque les Talibans ont pris d’assaut l’Afghanistan, il y avait un risque qu’ils s’emparent des données sensibles stockées à Kaboul.

Par exemple, les informations sur les salaires des employés et soldats du gouvernement afghan auraient pu être exploitées pour identifier des opposants domestiques et les arrêter ou les éliminer.

De la même manière, durant la Seconde guerre mondiale, en 1940, la Norvège a transféré les archives de son Ministère des Affaires étrangères vers le nord du pays puis vers la Grande-Bretagne face à l’invasion allemande.

L’Ukraine doit faire face aux mêmes inquiétudes. Si la Russie s’empare des bases de données et fichiers de surveillance du gouvernement, il s’agirait d’un précieux atout dans sa quête de contrôle du pays.

Le but de l’Ukraine n’est pas uniquement de protéger les citoyens contre l’occupant, mais aussi d’empêcher les forces russes d’exploiter les documents ou de les détourner à des fins de propagande.

Des laboratoires d’armes biochimiques américains en Ukraine ?

Dimanche 6 mars 2022, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir « des preuves d’un programme militaire biochimique financé par les États-Unis en Ukraine ». Au cours de « l’opération spéciale » menée dans le pays, les forces russes auraient découvert un laboratoire contenant de dangereux pathogènes.

La Chine a également demandé des comptes à ce sujet. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Zhao Lijian, a déclaré lors d’une conférence de presse à Pékin que « les données publiées par les États-Unis eux-mêmes révèlent l’existence de 26 laboratoires biologiques et autres complexes en Ukraine ».

La superpuissance asiatique demande aux États-Unis de publier « des détails pertinents aussi vite que possible » au sujet de ces laboratoires. Toujours selon le porte-parole, « tous les virus dangereux d’Ukraine doivent être stockés dans ces laboratoires. Toutes les activités de recherche sont dirigées par les États-Unis. Aucune information ne peut être dévoilée sans la permission des États-Unis ».

La Chine appelle toutes les parties impliquées à assurer la sécurité de ces laboratoires, afin de protéger la santé et la sécurité des personnes en Ukraine et dans toutes les zones alentour et tout autour du monde.

Elle demande aux États-Unis et au Pentagone de révéler quels virus ont été stockés dans ces laboratoires et quelles recherches ont été menées. D’après Zhao Lijian, « la révélation d’une activité bio-militaire américaine aux États-Unis n’est que la pointe de l’iceberg »…

Au total, le Department of Defense américain contrôlerait 336 laboratoires biologiques dans 30 pays autour du monde sous le prétexte d’une « coopération visant à réduire les risques de biosécurité et à renforcer la santé publique mondiale ».

Il est probable que les informations sur ces laboratoires et leurs activités fassent partie des données sensibles que l’Ukraine souhaite transférer à l’étranger pour éviter qu’elles tombent entre les mains des Russes…

De son côté, l’Union européenne s’est exprimée le 9 mars 2022 et doute de la crédibilité des affirmations du gouvernement russe concernant la découverte d’un programme militaire biologique en Ukraine.

Selon Bruxelles, la Russie a pour habitude de diffuser de fausses informations sur des armes biologiques et des laboratoires secrets.Le porte-parole aux affaires étrangères, Peter Stano, ajoute que l’UE n’a pas connaissance de laboratoires ukrainiens enfreignant la loi internationale…

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