Amazon se concentre soudain sur sa stratégie spatiale avec l’acquisition de Globalstar et en s’alliant à Apple. Ainsi, le géant du cloud transforme un projet en retard en offensive crédible face à Starlink.
Avec plus de 10 000 satellites en orbite et plus de 10 millions d’utilisateurs dans 160 pays, Starlink domine aujourd’hui l’internet par satellite. Mais l’acquisition de Globalstar par Amazon change tout de suite la dynamique concurrentielle. Amazon intègre des infrastructures existantes et sécurise un partenariat clé avec Apple. Le géant du cloud comble ainsi une partie de son retard et repositionne son projet Leo comme une alternative sérieuse.
Amazon change d’échelle en une seule opération
Avec l’acquisition de Globalstar, Amazon s’offre un raccourci industriel et technologique. Jusqu’ici, son projet de constellation en orbite basse (Leo, ex-Projet Kuiper) décollait à peine. Avec un peu plus de 200 satellites en orbite et aucune offre commerciale active, le groupe accusait un énorme retard face à SpaceX.
Globalstar apporte immédiatement des actifs importants. Notamment des satellites déjà opérationnels, une infrastructure éprouvée et surtout des relations commerciales solides. L’entreprise américaine, basée en Louisiane, est connue pour alimenter les fonctions SOS d’urgence d’Apple sur iPhone et Apple Watch. Apple détient d’ailleurs 20 % de son capital.
Amazon Leo + @Apple
— Amazon Leo (@Amazonleo) April 14, 2026
In parallel, we have also signed a long-term agreement with Apple for Amazon Leo to power satellite services for supported iPhone and Apple Watch models, allowing users to text emergency services, message friends and family, request roadside assistance, and… pic.twitter.com/UujASAfYgT
Ainsi, Amazon passe d’un projet en construction à un acteur capable de s’intégrer dans des usages concrets dès aujourd’hui. Et à part la connectivité classique, le groupe prévoit de lancer un service direct-to-device (D2D) d’ici 2028. Cela va permettre aux smartphones de se connecter directement aux satellites sans équipement supplémentaire.
Je vous rappelle que le Starlink Mobile explore déjà ce modèle. Il pourrait améliorer l’accès aux réseaux télécoms. Il est donc possible d’imaginer une couverture mondiale sans dépendance aux infrastructures terrestres.Pour les entreprises, les perspectives sont nombreuses. Par exemple, la continuité de service dans les zones isolées ou la résilience des communications critiques. Sans oublier l’extension des réseaux IoT à l’échelle globale.
Une bataille industrielle déjà engagée
Par ailleurs, face à Amazon, SpaceX conserve une avance considérable. Selon Spaceflight Now, l’entreprise a lancé son millième satellite Starlink de l’année 2026. Et cela illustre un rythme de déploiement industriel sans équivalent.
En plus, côté usages, Starlink équipe déjà des compagnies aériennes comme Lufthansa pour le Wi-Fi en vol. Et on les utilise pour contourner des coupures d’internet dans certaines zones de conflit, comme l’a documenté Bloomberg.
Amazon, lui, prévoit une constellation de plusieurs milliers de satellites qui supportera des centaines de millions de terminaux. Le lancement commercial est attendu pour mi-2026, avec un renforcement progressif grâce aux actifs de Globalstar à partir de 2027.
Et avec l’accord signé avec Apple, Amazon devient ainsi fournisseur de connectivité satellite pour plusieurs services critiques. Par exemple le SOS d’urgence, la localisation d’appareils et l’assistance routière.
Ce partenariat positionne Amazon au cœur d’un écosystème grand public qui se déploie déjà partout. Starlink a construit sa croissance via des terminaux dédiés. Mais Amazon, de son côté, veut intégrer directement la connectivité satellite dans les objets du quotidien.
Pourquoi le marché est durablement transformé ?
L’acquisition de Globalstar agit comme un accélérateur pour Amazon, mais surtout comme un catalyseur pour l’ensemble du secteur. Elle confirme que l’internet par satellite entre dans une phase d’industrialisation rapide. Cela est porté par des géants qui sont capables d’investir énormément.
Deux visions s’affrontent désormais. D’un côté, SpaceX, avec une stratégie d’intégration verticale et un déploiement à grande vitesse. De l’autre, Amazon, qui mise sur les partenariats et l’intégration dans des écosystèmes existants pour rattraper son retard.
Pour les acteurs B2B, cette intensification de la concurrence est une opportunité. Elle devrait accélérer l’innovation, faire baisser les coûts. Elle pourrait également multiplier les cas d’usage, de l’aviation à la logistique en passant par les télécommunications.
Amazon just filed with the FCC to outright deny SpaceX's wild plan to launch up to 1 million satellites – not for broadband, but as massive orbital data centers for AI/computing in space.
— XCorpHub (@XCorpHub) March 7, 2026
They claim it'd take centuries to deploy even with every rocket on Earth running nonstop.… pic.twitter.com/inRe7fcucG
Au-delà de la technologie, le bras de fer s’étend aussi sur le terrain réglementaire et politique. Amazon doit respecter une exigence de la FCC imposant 1 600 satellites en orbite d’ici juillet. Et cet objectif est encore difficile à atteindre pour le groupe.
Quant à SpaceX, il pousse son avantage en demandant l’autorisation de déployer jusqu’à un million de satellites. C’est dans le cadre d’un projet de centres de données spatiaux. Amazon a tenté de bloquer cette initiative, en la jugeant irréaliste. Mais cela a déclenché une réaction ferme du régulateur américain.
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