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Alibaba Cloud : les Etats-Unis craignent un risque de sécurité nationale

Alibaba Cloud représente-t-il un risque pour la sécurité nationale des pays occidentaux ? Les Etats-Unis vont mener l’enquête pour s’assurer que le géant chinois ne menace pas les données personnes des citoyens américains…

Leader du Cloud en Chine, Alibaba s’étend peu à peu à l’internationale. Depuis 2019, la firme est parvenue à se hisser dans le top 5 mondial des fournisseurs de Cloud aux côtés des géants américains AWS, Google Cloud, Microsoft Azure ou IBM.

Toutefois, l’administration Biden craint que le géant du e-commerce représente un danger pour la sécurité nationale des États-Unis. Une enquête va être menée pour mesurer le risque.

Cet examen sera focalisé sur la façon dont Alibaba stocke les données des clients américains, notamment les informations personnelles et la propriété intellectuelle. Le but sera aussi de vérifier si le gouvernement chinois peut accéder à ces données.

Le gouvernement des États-Unis redoute aussi que Pékin puisse empêcher les utilisateurs américains d’accéder à leurs propres données stockées sur le Cloud d’Alibaba. En cas de désaccord entre les deux pays, cette éventualité pourrait poser de graves problèmes.

Les serveurs Cloud sont aussi pris pour cible par les hackers et les cybercriminels. Pour cause, cette technologie permet de dissimuler facilement l’origine d’une attaque et offre accès à un vaste réseau de clients. Et ces hackers sont souvent à la solde du gouvernement.

Plusieurs exemples ont déjà été observés dans le passé. Par exemple, des hackers liés au ministère chinois de la sécurité d’état se sont introduits sur le Cloud de HPE et l’ont utilisé pour attaquer les clients. De nombreux secrets du gouvernement et des entreprises ont été volés, probablement dans le but de servir les intérêts économiques de la Chine.

Alibaba bientôt banni des États-Unis ?

À l’issue de cette enquête, les régulateurs américains pourraient choisir de forcer Alibaba à prendre des mesures pour réduire les risques liés à leur Cloud. Au contraire, ils pourraient interdire aux citoyens des États-Unis d’utiliser le service.

L’enquête sera menée par l’Office of Intelligence and Security au sein du Commerce Department. Ce petit bureau a été créé par l’administration Trump, dans le but de bannir ou de restreindre les transactions entre les entreprises américaines et les géants de la tech de puissances étrangères comme la Chine, la Russie, l’Iran, la Corée du Nord, Cuba ou le Venezuela.

Jusqu’à présent, l’activité de ce bureau s’est concentrée sur les fournisseurs de Cloud chinois. Les craintes s’accentuent autour d’un risque de vol de données et d’une perturbation d’accès aux services orchestrée par Pékin.

En août 2020, l’administration Trump a lancé un avertissement contre les fournisseurs de Cloud chinois dont Alibaba. L’objectif était d’éviter que les données sensibles des citoyens des États-Unis et que la propriété intellectuelle américaine soit stockée et traitée sur des systèmes Cloud accessibles par des forces étrangères rivales.

Le Département du Commerce de l’ancien président Donald Trump était déjà inquiet face à Alibaba Cloud. Toutefois, la procédure d’examen a été lancée par Biden en janvier 2022 selon les sources interrogées par Reuters.

Le champion chinois du Cloud freiné dans son élan

Selon Canalys, Alibaba est actuellement le quatrième fournisseur de Cloud à l’échelle mondiale. La firme totalise 4 millions de clients, et le Cloud est présenté comme le second pilier de sa croissance. Ses revenus ont augmenté de 50% en 2020 pour atteindre 9,2 milliards de dollars.

À l’heure actuelle, les revenus générés par Alibaba Cloud aux États-Unis sont relativement modestes. Les analystes de Gartner estiment le chiffre d’affaires à 50 millions de dollars. Toutefois, un bannissement annulerait tout espoir de conquête du marché et causerait de graves dégâts sur la réputation du géant chinois.

Pour l’heure, Alibaba n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire. Lors de son dernier rapport annuel, la firme a toutefois émis des inquiétudes sur la possibilité que ses clients américains aient l’interdiction de continuer à utiliser son Cloud.

Elle semble donc au courant des risques qui planent au-dessus d’elle. Parmi ses clients américains, Alibaba Cloud compte des entreprises de prestige comme Ford Motor, IBM, Red Hat ou Hewlett Packard Enterprise.

Avant l’intensification des tensions entre la Chine et les États-Unis, Alibaba voyait les choses en grand pour sa conquête de l’Amérique. En 2015, elle a lancé un hub dédié au Cloud à la Silicon Valley, qui était son premier hors de Chine.

L’ambition de l’entreprise était de rivaliser avec Amazon, Microsoft et Google. Des Data Centers ont été érigés en Californie et en Virginie. Toutefois, face à l’escalade des tensions avec la Chine sous le mandat Trump, Alibaba aurait revu ses objectifs à la baisse…

Tout comme Donald Trump, Joe Biden place de plus en plus de restrictions sur les entreprises américaines. Le mois dernier, plusieurs entreprises ont sanctionné et accusées d’être complices de l’oppression des Ouïghours ou de collaborer avec l’armée chinoise. C’est notamment le cas du fabricant de drones DJI.

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