Un robot qui reconnaît des fruits, les saisit, puis les range sans hésiter. C’est un geste banal, vous vous dites peut-être ! Mais Alibaba avance un pion stratégique et regarde désormais vers la Physical AI.
Alibaba accélère sur un nouveau terrain. Celui où l’IA quitte les écrans pour agir dans l’espace réel. Avec le lancement de RynnBrain, le groupe chinois s’attaque frontalement à la Physical AI. Il s’agit d’un domaine qui mêle perception, raisonnement et action mécanique. Cette annonce trace évidemment une nouvelle direction. Alibaba cherche désormais à maîtriser le langage, mais aussi les gestes, les objets et la matière.
RynnBrain, un cerveau pour donner du sens aux gestes des robots
Alibaba franchit une étape majeure dans le domaine de la Physical AI avec la présentation de RynnBrain. C’est un modèle d’IA de pointe conçu pour alimenter la nouvelle génération de robotique. Sa mission est d’aider les machines à comprendre leur environnement complexe et à identifier des objets avec une précision quasi humaine.
Selon Bloomberg, RynnBrain ne se limite pas à une simple démo de reconnaissance d’objets ou à une manipulation basique d’objets. Le modèle intègre une compréhension spatio-temporelle de l’environnement.
Cela signifie qu’il ne voit pas seulement des formes, mais qu’il peut aussi cartographier des objets. Il saura également prédire des trajectoires et naviguer dans des environnements encombrés, comme une cuisine ou une chaîne de montage en usine.
La Physical AI prend vie chez Alibaba
Cette ambition ne reste pas théorique. Alibaba en propose déjà une illustration concrète. En effet, une vidéo publiée par la DAMO Academy montre un robot reconnaître des fruits, puis les déposer dans un panier.
Oui, le geste paraît basique. Pourtant, l’IA analyse formes, distances et mouvements en temps réel. Cette démonstration incarne la Physical AI. Elle relie perception, raisonnement et action. Cela signifie que le robot ne réagit pas au hasard. Il interprète ce qu’il voit et ajuste ses gestes.
Le plus intéressant ? Alibaba applique à RynnBrain la même stratégie que pour ses autres modèles. Le groupe choisit l’open source. Les développeurs peuvent donc utiliser le modèle gratuitement.
Cette ouverture vise un objectif précis. Étendre rapidement l’adoption et attirer une communauté internationale. Plus les usages se multiplient, plus l’écosystème gagne en valeur.
La Physical AI devient un axe stratégique pour Alibaba
Alibaba mise sur la Physical AI pour renforcer sa position dans la robotique avancée.
Cette discipline ne concerne pas que les robots humanoïdes. Elle regroupe aussi les machines guidées par des modèles sophistiqués, comme les voitures autonomes.
Comme évoqué plus haut, ces appareils sont capables de percevoir et d’agir dans le monde réel. La Chine a fait de ce secteur une priorité industrielle. Pékin vise un leadership technologique face aux États-Unis.
Les fonds publics et privés se combinent pour accélérer le développement de solutions capables d’être déployées à grande échelle. Les industriels chinois multiplient aussi les partenariats.
Dans ce contexte, Alibaba, avec sa stratégie Physical AI, place RynnBrain au cœur d’un marché en pleine structuration. La bataille ne se joue plus uniquement dans le cloud ou les applications. Mais dans la capacité à relier l’IA à l’action physique concrète.
Un appui sur l’élan de ses modèles Qwen
Avec RynnBrain, Alibaba ne part pas de zéro. Le groupe capitalise sur l’expérience acquise avec sa famille de modèles Qwen. Ces derniers sont déjà considérés comme parmi les plus avancés de Chine.
Ce nouveau modèle sert de passerelle vers la robotique. Parce qu’il élargit le champ d’application de l’IA maison. Alibaba renforce ainsi son écosystème, du logiciel jusqu’aux usages concrets.
Cette approche progressive explique la montée en puissance discrète du groupe dans l’IA. Moins de communication tapageuse. Plus de briques technologiques interconnectées.
Cette progression discrète mais solide permet à Alibaba et à d’autres acteurs chinois de concentrer leurs efforts sur des projets plus ambitieux. D’ailleurs, sur le segment des robots humanoïdes, la Chine affiche une longueur d’avance. Ces machines, capables de marcher et de manipuler comme des humains, attirent l’attention des industriels.
Les entreprises chinoises prévoient même d’augmenter leur production dès cette année. Agibot a par exemple déjà produit plus de 1 500 robots humanoïdes, avec comme objectif d’atteindre une capacité annuelle de 10 000 unités grâce à ses usines dédiées.
Xpeng, le constructeur automobile chinois, prévoit de lancer la production en série de son robot humanoïde Iron d’ici fin 2026. Cela avec des ambitions de production de masse qui s’étendent à plusieurs milliers d’exemplaires par an.
Alibaba n’est pas le seul à avoir cette ambition
RynnBrain pourrait jouer un rôle clé dans cette montée en cadence de robots. Il offre une base logicielle pour coordonner perception et mouvement, sans dépendre de solutions étrangères.
Toutefois, Alibaba n’évolue pas seul sur ce terrain de Physical AI. Nvidia développe aussi des modèles dédiés à la robotique sous la marque Cosmos. Le patron Jensen Huang évoque une opportunité de croissance chiffrée en milliers de milliards de dollars.
De son côté, Google DeepMind travaille sur Gemini Robotics-ER 1.5, orienté vers l’interaction avec l’environnement réel. Les modèles ne se contentent plus de prédire des mots. Ils orchestrent des actions.
Chez Tesla, Elon Musk mise sur Optimus. Le constructeur développe sa propre IA pour contrôler ses robots humanoïdes. Chaque acteur cherche à imposer sa vision de la Physical AI.
Cette compétition accélère l’arrivée des robots intelligents dans notre quotidien. Avec RynnBrain et les autres modèles internationaux, la Physical AI pourrait bientôt s’étendre aux entrepôts, aux usines, et même à certains services domestiques. Il n’est qu’une question de temps.
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