Si vous suivez nos articles, vous êtes sûrement au courant des inquiétudes de la Bourse concernant les dépenses en IA. Et Amazon, lui, balaye tout d’un revers de main avec un investissement de 12 milliards de dollars pour ses centres de données.
La société a présenté lundi un plan pour construire de nouvelles installations dans le nord-ouest de la Louisiane. Plus précisément dans les paroisses de Caddo et Bossier, selon CNBC.
Selon l’entreprise, ces projets devraient générer 540 emplois à temps plein directement liés aux centres de données. S’ajoutent environ 1 700 emplois supplémentaires dans des métiers variés comme l’électricité, la climatisation ou la sécurité.
La construction de centres de données : une route semée d’embûches
Dans plusieurs villes et comtés à travers les États‑Unis, des autorités locales ont décidé de ralentir ou même bloquer la construction de centres de données. Pourquoi ? A cause des mobilisations de résidents inquiets.
Voyez-vous, les data centers consomment des quantités d’énergie très importantes pour alimenter et refroidir leurs serveurs, surtout ceux destinés à l’IA. Dans certaines zones inadaptées, les habitants s’inquiètent que les coûts soient répercutés sur les factures locales ou que la fiabilité de l’électricité diminue.
Certains projets prévoient aussi une utilisation significative d’eau. Ce qui alerte particulièrement dans les régions déjà contraintes par la sécheresse. Sans parler des impacts pour l’environnement et des bruits générés.
Selon Reuters par exemple. En Pennsylvanie, agriculteurs, écologistes et propriétaires se sont réunis pour s’opposer à l’implantation de centres de données. Ils craignent que leur région devienne une « data center alley », comme en Virginie du Nord. Car cela diviserait leurs terres agricoles et perturberait la quiétude de leur vallée
Alors, qu’Amazon se mette à construire de tels complexes, c’est pour le moins étonnant. On aurait tendance à supposer une opposition publique modérée. Et pourtant, ce n’est pas gagné.
En décembre déjà, Amazon a abandonné un projet de 3,6 milliards de dollars à Tucson, en Arizona, sous la pression des habitants et des promoteurs immobiliers. Et en Louisiane, l’accueil n’est pas non plus unanime, puisque le conseil municipal de La Nouvelle-Orléans envisage d’interdire temporairement ces centres.
Amazon dans le viseur des investisseurs
Au-delà des citoyens, ce sont en effet les investisseurs qui observent de près Amazon. L’e-commerçant a récemment surpris Wall Street avec un plan d’investissement de 200 milliards de dollars pour 2026. Une large part sera, pour info, consacrée à l’infrastructure pour l’IA.
Ce chiffre est largement supérieur aux prévisions des analystes et a provoqué une chute du cours de l’action. Surement car des questions se sont posées sur la rentabilité de ces investissements massifs.
Néanmoins, l’entreprise semble déterminée à poursuivre ses projets. Elle n’a pas remis en question la stratégie de croissance malgré la volatilité du marché. Evidemment, cela ne me surprend guère.
Il suffit de voir le comportement des autres géants. Google, Microsoft et Meta ont eux aussi prévu des investissements combinés atteignant 650 milliards de dollars cette année. Ces fonds serviront principalement à développer leurs capacités en intelligence artificielle.
D’ailleurs, toujours d’après Reuters, Meta prévoit lui aussi 27 milliards de dollars pour la construction de son centre de données en Louisiane. Ce montant constitue une part essentielle du financement de l’infrastructure pour ce site massif.
Seulement, pour les analystes, ces dépenses colossales soulèvent la question de l’efficacité économique de l’IA, qui n’a encore produit qu’un impact limité sur le PIB.
Certes, les investisseurs sont prêts à miser gros. Mais si le retour sur investissement reste incertain, cela s’annonce mal pour eux.
Reste donc à savoir jusqu’où Amazon est prêt à aller pour imposer son pari sur l’IA, si les habitants freinent et que les investisseurs s’impatientent ?
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