Anthropic pourrait entrer en bourse dès le quatrième trimestre 2026. Selon The Information, des sources proches du dossier ont indiqué que des dirigeants de la start-up d’IA ont évoqué cette possibilité jeudi.
Les banques en lice pour organiser l’opération s’attendent à ce qu’Anthropic lève plus de 60 milliards de dollars. Ce, même si le montant final sera fixé juste avant l’offre.
Bien entendu, ces plans sont susceptibles d’évoluer. L’entreprise pourrait même finalement décider de ne pas se lancer sur les marchés publics. Qui sait ?
Cependant, si elle se concrétise, cette introduction en bourse pourrait figurer parmi les plus importantes de l’histoire. Et ce, juste derrière SpaceX, qui prévoit de lever jusqu’à 75 milliards de dollars dès juin.
Anthropic, une croissance fulgurante avant l’IPO
En février, lors d’une levée de fonds de série G, la société avait été valorisée à 380 milliards de dollars et avait récolté 30 milliards de dollars. Cinq mois plus tôt, en septembre 2025, elle était estimée à 183 milliards de dollars après un tour de série F ayant permis de lever 13 milliards de dollars.
À l’époque, l’entreprise attribuait l’intérêt des investisseurs à son expertise en IA d’entreprise et en programmation. Elle précisait également que ces fonds serviront à la recherche avancée, le développement de nouveaux produits et l’expansion de ses infrastructures.
Le 4 mars, Anthropic a annoncé avoir dépassé les 19 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. C’est-à-dire, plus du double des 9 milliards enregistrés trois mois plus tôt. Cette croissance s’explique par le succès de son outil de programmation Claude Code et de ses autres produits d’IA.
Le 23 mars, la startup a d’ailleurs ajouté que son modèle Claude pouvait désormais exploiter les ordinateurs des clients. Ce, pour réaliser des tâches comme l’exportation d’une présentation au format PDF ou son association à une invitation. Cela renforce l’argumentaire de l’entreprise pour séduire les investisseurs.
Cependant, ces chiffres imposent aussi une pression pour confirmer cette croissance devant le marché public. Les analystes et futurs actionnaires scruteront la capacité d’Anthropic à transformer son succès rapide en revenus durables.
Toute baisse de performance, stagnation de l’adoption de Claude Code ou ralentissement des ventes pourrait influencer négativement sa valorisation au moment de l’IPO.
Un défi réglementaire qui plane
Le mois dernier, Dario Amodei, patron d’Anthropic, s’est opposé au département américain de la Défense. Il a affirmé que les modèles d’IA de son entreprise ne devaient servir ni à surveiller les citoyens américains ni à piloter des armes autonomes.
Rapidement, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et Donald Trump l’ont critiqué vivement. Ils l’ont accusé d’imposer ses propres règles sur l’usage de la technologie d’Anthropic.
Suite à cela, l’entreprise a été classée immédiatement comme un « risque pour la chaîne d’approvisionnement ». Une désignation habituellement réservée aux sociétés de pays jugés hostiles.
Heureusement pour Anthropic, jeudi 26 mars, un juge fédéral de San Francisco a émis une injonction préliminaire selon Reuters. Cela empêche le gouvernement de désigner Anthropic comme tel et d’interdire ses produits aux agences fédérales.
Mais ce n’est pas encore gagné. Le verdict final dans le procès intenté par Anthropic pour contester cette interdiction pourrait ne pas intervenir avant plusieurs mois. Et tant que l’affaire n’est pas définitivement close, l’incertitude persiste.
Les analystes et potentiels actionnaires surveilleront de près l’évolution de ce dossier. Car une décision défavorable pourrait réduire l’attrait de l’entreprise sur le marché public.
D’ailleurs, le 10 mars, la société avait alerté le tribunal que cette interdiction pourrait lui faire perdre des milliards de dollars. Plus de 100 clients auraient exprimé leurs inquiétudes concernant la poursuite de leurs relations avec l’entreprise.
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