Après ChatGPT, Sam Altman, le PDG d’OpenAI Sam Altman avance un nouveau pion. Avec World, il rêve d’une super app capable de centraliser identité, échanges et argent.
Word pour ceux qui ne le savent pas est une startup d’identification numérique de Sam Altman. Cette entreprise a créé une application mobile du même nom qui vient d’être mise à jour. Et nous allons y venir cependant, laissez-moi d’abord vous dire que ce projet ne sort pas de nulle part.
Il est né d’un malaise créé par l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Comment distinguer un humain d’un agent automatisé dans les échanges numériques quotidiens ?
World : comment l’appli fonctionne ?
World repose sur un principe radical. Celui de prouver que vous êtes humain. Pour cela, il faut passer devant un Orb. Cet appareil scanne vos yeux et crée un identifiant numérique unique.
Ce code est ensuite stocké sur votre téléphone, pas sur un serveur central. World affirme également que les données biométriques disparaissent ensuite de l’Orb. Ce qui est bien beau mais à quoi cela sert au juste ?
Cette vérification sert à filtrer les bots IA. Jeux en ligne, réseaux sociaux, ventes de billets : tout pourrait être concerné. Une réponse directe aux excès de l’intelligence artificielle.
Bien entendu, une telle méthode pour de telle fin, ce n’est pas très rassurant. Confier ses yeux à une entreprise privée pose question. D’autant plus quand elle est dirigée par un milliardaire de la Silicon Valley.
Plusieurs pays ont alors réagi. Enquêtes, suspensions temporaires, contrôles renforcés. Les autorités scrutent déjà de près cette technologie biométrique.
Une messagerie pas comme les autres au rendez-vous
Comme je disais précédemment, World a été mise à jour. La nouvelle version introduit un service de messagerie. Les conversations y sont chiffrées et privées. Si l’on croit l’entreprise, ce chat a un niveau de sécurité comparable à Signal.
Ce qui suit a aussi attiré mon attention. Dans la messagerie, les utilisateurs vérifiés apparaissent avec des bulles bleues. Les profils non vérifiés, quant à eux, auront droit à des bulles grises.
Cette distinction sociale s’annonce permanente. Et notez qu’être un utilisateur vérifié vous promet des opportunités. La plateforme vend, par exemple, déjà des billets de concerts réservés aux profils vérifiés.
Cela dit, la messagerie ne sert pas qu’à discuter. L’application propose un portefeuille numérique. Les utilisateurs obtiennent des comptes bancaires virtuels et peuvent envoyer et de recevoir de l’argent. Les fonds reçus peuvent ensuite être convertis en cryptomonnaie
En parallèle, World ouvre aussi la porte à des services tiers. Kalshi et Polymarket peuvent apparaître dans les discussions.
Une super application, mais pour qui ?
World rassemble plusieurs obsessions de la tech américaine. Cryptomonnaies, identité numérique, services centralisés. Le communiqué parle d’une super application pour humains à l’ère de l’IA.
Toutefois, l’adoption est encore limitée. Environ 17 millions de personnes ont été vérifiées. L’entreprise vise beaucoup plus haut, mais le chemin semble long car la contrainte physique freine l’expansion.
Voyez-vous, pour pouvoir en profiter, il faut se rendre dans un centre équipé d’un Orb. Or, le monde en compte 661, dont seulement 29 aux États-Unis. La répartition géographique pose aussi problème. La majorité des centres américains se situent en Floride. Et pour beaucoup, l’accès est compliqué.
Je ne parle même pas des risques juridiques qui s’accumulent. Voyez-vous, World fait face à des résistances politiques. Plusieurs pays ont par exemple suspendu temporairement la technologie biométrique. Des enquêtes évoquent la protection des données.
Les autorités américaines pourraient aussi intervenir. Un risque antitrust plane si World conditionne certains achats. Les super apps peinent historiquement aux États-Unis. WeChat domine en Chine sans équivalent occidental. Les habitudes locales freinent ce modèle.
Elon Musk tente une trajectoire comparable avec X. Les résultats tardent à convaincre. Sam Altman pense pourtant pouvoir tracer une autre voie.
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