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CNIL : 5 assureurs accusés de détourner les données personnelles

La CNIL accuse 5 sociétés d’assurance des groupes Humanis et Malakoff-Médéric de détourner des données personnelles fournies pour une mission d’intérêt général par les fédérations Agirc-Arrco à des fins de prospections commerciales. Mises en demeure par l’autorité de protection des données personnelles française, les cinq sociétés concernées disposent d’un mois pour cesser ce détournement.

Afin de réaliser des opérations de gestion telles que le recouvrement des cotisations et le paiement des allocations de retraite, les fédérations Agirc-Arrco, qui gèrent les retraites complémentaires du secteur privé, ont fourni des données personnelles d’assurés aux groupes d’assurance Humanis et Malakoff-Médéric.

Malheureusement, en effectuant des contrôles en février et mars 2018, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) s’est aperçue que les deux groupes utilisent ces données personnelles d’assurés à des fins de prospection commerciale pour leurs produits et services. Plusieurs centaines de milliers de personnes auraient vu leurs données détournées ainsi.

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La CNIL donne un mois aux assureurs pour cesser la prospection commerciale

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Suite à cette découverte, la présidente de la CNIL a décidé de mettre en demeure les cinq sociétés d’assurance des groupes Humanis et Malakoff-Médéric concernées. Ces dernières disposent d’un délai d’un mois pour cesser ce détournement de finalité.

Cependant, cette mise en demeure n’est pas une sanction et aucune suite ne sera donnée si les sociétés se conforment à la loi dans le temps imparti. Toutefois, compte tenu du grand nombre de personnes concernées et de la gravité de ce manquement, la CNIL a décidé de rendre publique cette mise en demeure.

Une porte-parole du groupe Malakoff-Médéric a annoncé à Reuters que toutes les mesures nécessaires au respect de cette mise en demeure seront prises. Le groupe précise par ailleurs que la sécurité des données des assurés n’est pas compromise. Il ne s’agit donc pas d’une fuite de données. De son côté, Humanis déclare que toutes les mesures nécessaires ont été prises et que les opérations de prospection commerciale sont arrêtées.

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Comment ça marche la prospection commerciale ?

Bien évidemment, il n’y a rien de criminel à effectuer une prospection commerciale basée sur des données obtenues en toute légalité. Ici, la CNIL incrimine l’utilisation d’informations hautement sensibles à l’insu de leurs propriétaires. Fort heureusement, les infractions restent rares et de nombreuses agences effectuent leur métier dans le respect de la législation en vigueur.

En fait, la prospection commerciale est une technique employée par une entreprise pour préserver le contact avec ses clients actuels ou pour en dénicher de nouveaux. Parfois, une société peut décider d’externaliser le service. Dans ce cas, elle fait appel à une agence spécialisée. Par exemple, vous pouvez voir les offres de cette agence.

Pour ce faire, la société en question essaie de cibler la personne/l’entreprise la plus susceptible d’avoir besoin de ses services. C’est à cela que servent les données préalablement récoltées sur la clientèle.  Ensuite, le démarchage du client potentiel (ou prospect dans le jargon du secteur) se fait via le télémarketing ou via les réseaux sociaux. Dans une approche multicanale, le démarchage implique les deux.

La prospection commerciale demeure l’un des moyens les plus efficaces pour assurer la croissance du chiffre d’affaires. Néanmoins, elle est chronophage. Pas étonnant donc de voir Humanis, Malakoff Médéric ou d’autres entreprise prendre un raccourci.

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