Plus fin, plus puissant, mieux équipé… sur le papier, le Nothing Phone (4a) Pro coche toutes les cases de la mise à jour réussie. Mais face à un 3a Pro déjà très convaincant, cette nouvelle version apporte-t-elle vraiment quelque chose de décisif ? Voici mon test.
Un an après le Nothing Phone (3a) Pro, la marque londonienne revient avec une nouvelle itération qui ne cherche pas à tout révolutionner, mais à affiner une formule déjà bien installée.
Car le 3a Pro avait un truc à part. Un design reconnaissable entre mille, une interface épurée, et une approche différente dans un marché saturé de smartphones qui se ressemblent tous.
Avec le Phone (4a) Pro, Nothing continue sur cette lancée, en apportant une série d’améliorations : un écran plus lumineux, un gain de puissance, un nouveau Glyph Matrix transformé en véritable affichage, et une couche d’intelligence artificielle intégrée au système.
Sur le papier, tout est là pour justifier une mise à niveau.
Mais dans la réalité, la question est plus simple : est-ce que ça change vraiment l’expérience ?
Et surtout, si vous avez déjà un Nothing Phone (3a) Pro… est-ce que ça vaut le coup de changer ?
Un châssis qui a de l’alu-re et un dos qui fait le beau
Dès la première prise en main, le Nothing Phone (4a) Pro surprend. Plus fin (7,95 mm) et légèrement plus léger que le 3a Pro, il donne au départ une sensation un peu différente, presque moins “dense”, moins “flagship”. Une impression qui disparaît rapidement à l’usage, où ce format plus affiné se révèle finalement plus agréable au quotidien.
Le passage à un châssis unibody en aluminium se ressent immédiatement : le contact est plus froid, plus premium. Nothing annonce d’ailleurs une rigidité en hausse de 42 % par rapport au 3a Pro, et cela se traduit par une bonne sensation de solidité en main.
Dans les faits, cette montée en gamme sera en partie atténuée par l’utilisation d’une coque — et Nothing l’a bien compris en en fournissant une directement dans la boîte — mais sans protection, le gain de qualité perçue est réel.
Visuellement, le design reste fidèle à l’ADN de la marque, avec un style toujours aussi reconnaissable. Le nouveau Glyph Matrix attire immédiatement le regard. Cette fois, on n’est plus sur de simples bandes lumineuses : c’est littéralement un petit écran au dos du téléphone.
Tout n’est pas parfait pour autant. Le 3a Pro avait un petit motif au dos que j’aimais bien, alors que le 4a Pro part sur autre chose, avec des bandes plus marquées et un petit carré rouge qui ne m’emballe pas forcément. Une évolution qui ne plaira pas à tout le monde.
Nothing corrige également un vrai défaut ergonomique : le bouton Essential est désormais séparé du bouton d’alimentation, ce qui évite les confusions fréquentes sur le 3a Pro — même si, après un an, j’avais fini par m’y habituer.
Au quotidien, la prise en main est bonne. Le téléphone est légèrement plus compact, ce qui le rend plus agréable à utiliser malgré son grand écran.

Un écran qui en met plein la vue : c’est le jour et la nits !
L’écran du Nothing Phone (4a) Pro évolue légèrement par rapport au 3a Pro, mais dans le bon sens.
Il est plus lumineux, ce qui améliore clairement la lisibilité, notamment en extérieur. Nothing annonce jusqu’à 1600 nits en luminosité outdoor et un pic à 5000 nits.
Dans la pratique, la différence est bien visible en plein soleil, à condition d’activer la luminosité automatique. C’est uniquement dans ce mode que le téléphone exploite pleinement sa luminosité maximale. Une fois ce réglage activé, le gain par rapport au 3a Pro est net.
Le taux de rafraîchissement passe de 120 Hz à 144 Hz. Là encore, l’évolution reste subtile, mais le défilement est légèrement plus fluide, surtout sur les scrolls rapides.
L’écran gagne aussi en taille, avec 6,83 pouces contre 6,77 pouces sur le 3a Pro. Un changement mineur sur le papier, mais intéressant dans la pratique, d’autant plus que le téléphone reste globalement plus compact.
Résultat : on se retrouve avec un écran légèrement plus grand, dans un format plus agréable à prendre en main.
Sur le plan technique, Nothing passe aussi à une définition 1,5K (1260 x 2800 pixels, 440 ppi), contre du Full HD sur le 3a Pro. Un gain de finesse qui reste discret à l’œil nu, mais qui contribue à l’impression globale de qualité.
Snapdragon 7 Gen 4 sous le capot : Nothing lâche les chevaux
Le Nothing Phone (4a) Pro progresse logiquement en performances par rapport au 3a Pro, grâce à son Snapdragon 7 Gen 4.
Sur Geekbench 6, le gain est mesurable : le 4a Pro atteint 1337 points en single-core contre 1162 pour le 3a Pro, et 4163 points en multi-core contre 3241. Une progression notable, surtout en multitâche.
Côté GPU, la différence est encore plus marquée. Sur 3DMark Wild Life, le 4a Pro obtient un score de 7540 (45 fps en moyenne), contre 4051 (24 fps) pour le 3a Pro. Un écart important, qui montre que le smartphone est nettement plus à l’aise sur les usages graphiques.
Dans un usage réel, la différence est plus nuancée. Le 4a Pro ouvre certaines applications légèrement plus rapidement, comme YouTube, Chrome, Gmail ou Google Photos, tandis que d’autres comme Google Maps, Amazon ou Spotify restent équivalentes.
Au quotidien, les deux smartphones restent très fluides. Aucun problème de latence ou de micro-ralentissements à signaler, y compris sur des applications comme Duolingo ou Yousician.
En pratique, le 4a Pro est clairement plus puissant sur le papier, mais la différence se ressent surtout sur les usages les plus exigeants. Pour une utilisation classique, le gain reste relativement discret.
Mince alors : la finesse donne un petit coup de chaud
Nothing met en avant un système de refroidissement amélioré sur le Phone (4a) Pro, avec une chambre à vapeur de 5300 mm², la plus grande jamais utilisée par la marque.
Dans un usage classique, le comportement est très bon. Après 10 minutes de lecture vidéo en 4K, le smartphone reste froid à tiède, sans montée en température notable. À noter toutefois un plantage de YouTube pendant le test, difficile à attribuer directement à la chauffe mais à surveiller.
Sur des usages plus exigeants, la situation évolue légèrement. Lors d’une session sur Genshin Impact, la température CPU est passée de 25 à 29°C. Le téléphone ne devient pas brûlant, mais la montée en température est plus perceptible que sur le 3a Pro, qui restait quasiment froid dans des conditions similaires.
Cette différence peut s’expliquer par le format plus fin et plus compact du 4a Pro, qui dissipe la chaleur différemment.
Dans l’ensemble, le système de refroidissement reste efficace, mais ne gomme pas totalement la montée en température sur les usages les plus exigeants.
De mon côté, je préfère généralement des appareils un peu plus massifs mais qui restent totalement froids en toute circonstance. Ici, le 4a Pro fait le choix inverse : un design plus compact, au prix d’une chauffe légèrement plus perceptible.
Zoom x7 : pour voir un peu plus loin que le bout de son nez
Le Nothing Phone (4a) Pro propose une évolution mesurée de la partie photo par rapport au 3a Pro, sans chercher à tout révolutionner.
Sur des scènes simples, comme des objets en gros plan, les deux smartphones s’en sortent déjà bien. Le 4a Pro apporte une image légèrement plus propre, avec des contours un peu mieux définis, mais la différence reste subtile à l’œil nu.
C’est davantage sur le zoom que l’évolution devient intéressante. Le 4a Pro passe à un zoom x7, contre x6 sur le 3a Pro. Dans la pratique, cela se traduit par un gain de détails et une image plus lisible, notamment sur des éléments éloignés.
Sur des scènes plus complexes, comme des photos en extérieur avec un fort contraste, le 4a Pro s’en sort mieux. L’image est globalement plus lumineuse, avec une meilleure gestion du HDR. Les zones sombres conservent plus de détails, et le ciel est mieux exposé.
Pour autant, il ne s’agit pas d’une révolution. Le 3a Pro restait déjà un bon photophone, et le 4a Pro améliore la formule sans la transformer en profondeur.
Dans l’ensemble, le gain est réel, mais reste progressif. Ceux qui viennent du 3a Pro verront une amélioration, mais pas un changement radical.
Glyph Matrix : Nothing sort le grand jeu (de lumière)
Le Glyph évolue clairement sur ce Phone (4a) Pro avec l’arrivée du Glyph Matrix. Là où le 3a Pro se contentait de motifs lumineux, on passe ici à quelque chose de beaucoup plus avancé : un véritable affichage composé de 137 micro-LEDs, capable de montrer des icônes, des animations et même des informations en continu.

Dans la pratique, on peut associer différents glyphes aux notifications, non seulement par application, mais aussi par type de notification. Par exemple, lorsqu’un pari est gagné sur Winamax, le téléphone peut afficher un petit symbole festif. Un détail, mais qui rend l’expérience plus vivante.
Certaines applications commencent aussi à proposer leurs propres glyphes. C’est déjà le cas d’Uber ou de Google Calendar, et on peut imaginer que l’écosystème va s’enrichir avec le temps.
Le Glyph Matrix permet également d’afficher des informations en continu, comme une horloge numérique, un minuteur sous forme de sablier, ou encore des indicateurs plus originaux comme la position du soleil ou les phases de la lune.
Il est aussi possible de créer ses propres glyphes à partir d’un dessin ou d’une image. En revanche, dans la pratique, le rendu reste assez limité : sur une photo, on obtient souvent quelque chose d’assez brouillon. Mieux vaut partir sur des formes simples pour obtenir un résultat lisible.

L’évolution par rapport à l’ancien Glyph est donc nette. On n’est plus sur un simple effet visuel, mais bien sur une forme d’affichage secondaire.
Reste une limite évidente : tout se passe au dos du téléphone. Résultat, ce sont souvent les autres qui en profitent le plus.
Dans mon usage, les fonctions les plus intéressantes restent finalement les plus simples : l’horloge, le minuteur ou certains indicateurs en continu. Le reste relève davantage du gadget, même si l’on peut imaginer que la communauté saura en tirer des usages plus créatifs avec le temps.

Une IA Essential… pas vraiment essentielle
Nothing pousse également une nouvelle couche d’intelligence artificielle avec ses outils “Essential”, intégrés à Nothing OS 4.1.
L’idée est de centraliser différents contenus — captures d’écran, photos, notes, enregistrements audio — dans un espace unique, appelé Essential Space, qui peut ensuite être recherché et analysé par l’IA.
Une des nouveautés intéressantes est la fonction “Flip to Record”. Il suffit de retourner le téléphone pour lancer un enregistrement audio, puis d’appuyer sur le bouton Essential pour marquer un moment précis dans la transcription. Une approche simple, qui peut s’avérer pratique dans certains cas.
Mais au-delà des fonctionnalités, une question se pose rapidement : quelle est la vraie valeur de cette IA face à des outils comme ChatGPT ou Gemini ?
Aujourd’hui, Nothing ne peut pas vraiment rivaliser avec les géants du secteur sur la qualité des modèles. Résultat, ces fonctions donnent parfois l’impression d’être là pour cocher la case “IA”, plus que pour proposer une réelle alternative.
À mon sens, Nothing aurait tout intérêt à se concentrer davantage sur l’intégration intelligente de modèles comme ChatGPT ou Gemini, plutôt que de chercher à pousser sa propre couche d’IA.
Dans l’état actuel, certaines fonctions restent intéressantes — notamment pour organiser du contenu ou analyser rapidement un screenshot — mais elles ne s’imposent pas naturellement dans l’usage quotidien.
On note aussi un côté parfois un peu intrusif. Une simple pression involontaire peut déclencher une capture d’écran suivie d’une analyse automatique, ce qui donne le sentiment que l’IA s’impose plus qu’elle ne rend service.
En résumé, l’IA du Nothing Phone (4a) Pro est prometteuse dans son intégration, mais encore en retrait sur sa pertinence réelle.
Toutefois, l’intégration avec ChatGPT est également mise en avant, avec la possibilité d’analyser rapidement des captures d’écran. Sur le papier, l’idée est excellente.
Dans la pratique, l’expérience reste encore perfectible. Lors de mes tests, appuyer sur l’icône dédiée ouvre simplement une nouvelle conversation dans ChatGPT, sans transmettre directement le screenshot. Il faut ensuite ajouter manuellement l’image, ce qui casse un peu la promesse d’un usage rapide en un clic.
Une surcouche qui ne vous en remet pas une couche
Le Nothing Phone (4a) Pro tourne sous Nothing OS 4.1, une surcouche toujours aussi minimaliste et agréable à utiliser.
Dans les faits, les différences avec Nothing OS du 3a Pro restent assez limitées. On retrouve la même base, avec quelques ajustements plutôt que de véritables changements.
Si vous n’avez pas changé de smartphone depuis plusieurs années, l’expérience peut même surprendre. La configuration initiale est aujourd’hui extrêmement simple : le téléphone détecte automatiquement l’ancien appareil, et il suffit de saisir son code PIN et son compte Google pour transférer l’ensemble des données.
Applications, connexions Wi-Fi, paramètres, et même certaines cartes bancaires sont récupérés automatiquement. Il est bien sûr possible de repartir de zéro, mais dans la plupart des cas, la transition se fait sans effort.

Une fois configuré, Nothing OS reste fidèle à sa philosophie : une interface épurée, sans applications préinstallées inutiles, avec un style visuel très identifiable.
Les icônes sont particulièrement réussies, avec une bonne lisibilité et une identité visuelle cohérente. Le tiroir d’applications s’organise automatiquement de manière intelligente, ce qui facilite la navigation au quotidien sans avoir à tout configurer manuellement.
Les widgets jouent également un rôle important. Nothing propose ses propres widgets, mais la communauté commence aussi à en créer, ce qui permet de personnaliser facilement son écran d’accueil.
Côté performances, l’interface est fluide, même si la différence avec d’autres smartphones récents n’est pas forcément flagrante.
Là où Nothing OS se distingue vraiment, c’est dans son approche plus épurée. Comparé à Samsung — et encore plus à Xiaomi — on évite ici la surcouche lourde et les applications inutiles préinstallées.
Dans l’ensemble, Nothing OS reste l’un des points forts du téléphone. L’expérience est cohérente, agréable, et va à l’essentiel sans sacrifier l’identité visuelle.
Autonomie : Nothing à signaler
Côté autonomie, le Nothing Phone (4a) Pro s’en sort bien dans un usage classique.
Lors de mes tests, le téléphone tient largement plusieurs jours en veille, même avec le Glyph Matrix activé en affichage permanent. Un point plutôt rassurant, compte tenu de la présence de cet écran secondaire au dos.
Sur le plan technique, Nothing intègre une batterie de 5000 mAh, associée à un processeur plus efficient. De quoi assurer une autonomie confortable sur une journée complète d’utilisation, voire davantage selon les usages.
En revanche, je n’ai pas constaté de différence majeure avec le 3a Pro sur ce point. L’autonomie reste bonne, mais sans révolution particulière.
Dans l’ensemble, le téléphone tient ses promesses : pas besoin de surveiller constamment son niveau de batterie, même avec les fonctionnalités actives en arrière-plan.
Un son qui ne casse ni la baraque, ni les oreilles
Côté audio, le Nothing Phone (4a) Pro propose une expérience correcte, sans surprise particulière.
Les haut-parleurs stéréo délivrent un son globalement équilibré, avec des aigus un peu moins agressifs à volume maximal que sur le 3a Pro. Un léger progrès, qui rend l’écoute plus agréable, notamment sur des vidéos ou du contenu court.
Cela reste néanmoins un usage d’appoint. Comme souvent sur smartphone, la qualité audio ne remplace pas un casque ou des écouteurs, surtout pour une écoute prolongée ou plus exigeante.
Dans l’ensemble, le Phone (4a) Pro fait le job, avec un son propre et suffisant pour un usage quotidien, sans chercher à se démarquer particulièrement sur ce point.
Verdict : Comment améliorer un très bon smartphone ? En faisant Nothing !
Le Nothing Phone (4a) Pro est un smartphone un peu déroutant au premier contact. Plus fin, plus léger, il donne presque l’impression de perdre en “densité” face au 3a Pro.
Mais à l’usage, cette sensation disparaît rapidement. On comprend alors qu’on n’est pas face à une rupture, mais à une évolution. Une version plus aboutie d’un téléphone qui était déjà très bon.
Nothing corrige ici plusieurs défauts du 3a Pro, améliore les performances, l’écran et la photo, tout en conservant ce qui faisait sa force : un design unique et une interface épurée.
C’est un peu la logique d’une Game Boy Pocket face à une Game Boy classique : plus compacte, plus maîtrisée, plus agréable au quotidien, sans changer radicalement l’expérience.
Le Glyph Matrix illustre bien cette évolution. Techniquement impressionnant, il apporte de nouvelles possibilités, mais son utilité reste encore limitée au quotidien. Reste à voir ce que la communauté saura en faire avec le temps.
Au final, le Nothing Phone (4a) Pro est un excellent smartphone de milieu de gamme, que je recommande sans hésiter si vous cherchez un appareil original, fluide et agréable à utiliser.
C’est aussi un choix intéressant si vous avez envie de soutenir une marque qui tente encore des choses, et qui sort des sentiers battus dans un marché souvent très formaté.
En revanche, si vous possédez déjà un Nothing Phone (3a) Pro, l’upgrade n’est pas forcément indispensable. Les améliorations sont réelles, mais elles restent progressives, sans véritable bond en avant.
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