Les intrusions informatiques visant les services publics français continuent de s’enchaîner. D’abord, la messagerie Tchap. Puis, la plateforme Jeveuxaider.gouv.fr, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) et l’Agence du service civique.
Aujourd’hui, c’est l’INSEE qui annonce avoir été victime d’une cyberattaque. L’établissement a détecté, le 19 juin, un accès non autorisé à son annuaire interne.
À la suite de la découverte de l’incident, l’institut a renforcé la sécurité de ses systèmes avec l’appui du Haut fonctionnaire de défense et de sécurité du ministère de l’Économie ainsi que de l’ANSSI.
L’établissement a également signalé la violation à la CNIL conformément au RGPD et déposé plainte auprès du procureur de la République.

Cyberattaque INSEE : les données compromises
La fuite de données a fait environ 12 800 victimes.Parmi eux figurent des agents actuellement en poste, d’anciens collaborateurs et des membres des différents corps de l’institution.
Les informations consultées se limitent toutefois à leur identité ainsi qu’à leurs coordonnées professionnelles. Notamment leur adresse électronique et leur numéro de téléphone de bureau.
L’institut précise que les données les plus sensibles n’ont pas été touchées. Les mots de passe, les coordonnées bancaires, les numéros de sécurité sociale et les données de santé ne figurent pas parmi les informations compromises.
Les données statistiques collectées auprès des entreprises et des particuliers dans le cadre des missions de l’INSEE n’ont pas non plus été affectées par cette intrusion.
Pour info, un cybercriminel utilisant le pseudonyme « Saturne » a revendiqué l’attaque sur un forum spécialisé. Cette affirmation n’a toutefois pas encore été confirmée de manière indépendante, même si l’intrusion dans les systèmes de l’INSEE est, elle, bien établie.
Pourquoi devriez-vous vous méfier ?
Même si la fuite ne concerne que des données professionnelles d’agents de l’INSEE, vous avez plusieurs raisons de rester vigilants. Voyez-vous, les informations dérobées peuvent servir à préparer des campagnes de phishing très crédibles.
Des cybercriminels pourraient envoyer de faux emails au nom de l’INSEE pour convaincre des particuliers ou des entreprises de fournir des informations personnelles ou bancaires.
L’institut appelle d’ailleurs à la prudence. Il rappelle qu’il ne demande jamais de paiement pour une inscription au répertoire Sirene. De même, il ne sollicite jamais de mots de passe ni de coordonnées bancaires.
Vous devez donc considérer Toute demande de ce type dans les prochains jours comme suspecte.
De son côté, le gouvernement a annoncé un plan de 200 millions d’euros destiné à renforcer la cybersécurité des administrations dans le cadre de la directive NIS 2. Ce, même si les modalités précises de son financement restent encore à être détaillées.
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