Faire parler un défunt, Sora 2, l’IA générateur de vidéos d’OpenAI, l’a fait. Quoique, tout le monde n’est pas émerveillé par cette soi-disant prouesse.
Sora 2, cette intelligence artificielle capable de générer des vidéos ultra-réalistes à partir d’un simple texte fait actuellement le buzz… Et ce, pour les mauvaises raisons. Au fait, il a donné un visage et une voix à des célébrités disparues. Elle a ouvert une brèche éthique que ni la loi ni la morale ne semblent prêtes à combler.
Des célébrités ramenées à la vie sans consentement
Depuis son lancement, Sora 2 alimente les réseaux sociaux de vidéos saisissantes. Robin Williams y plaisante à nouveau. Martin Luther King Jr. y prononce des discours inédits. Winston Churchill y commente l’actualité. Le tout sans autorisation. Ces résurrections numériques ont d’abord amusé le public avant d’indigner les proches des personnes concernées.
Zelda Williams, la fille du regretté acteur, en a fait les frais. Fatiguée de recevoir des vidéos où son père est caricaturé, elle a publiquement dénoncé ces détournements. Pour elle, ce n’est pas un hommage, c’est une déformation. D’autres familles d’artistes ont depuis partagé la même colère. Le respect du souvenir semble avoir été remplacé par le simple plaisir de choquer.
Face à cette vague de critiques, OpenAI a tenté de calmer la tempête. L’entreprise a annoncé que les ayants droit pourraient désormais demander le blocage des vidéos concernées. Certaines figures, comme Martin Luther King Jr., ont même été retirées du système. Un geste salué, mais tardif. Les images continuent de circuler sur la toile. Le mal est déjà fait.
Ce débat relance une question juridique épineuse : que devient le droit à l’image après la mort ? Le consentement posthume reste un terrain flou. Et les experts estiment qu’il faudra bientôt légiférer pour éviter de transformer les disparus en marionnettes numériques.
Peut-on encore croire ce qu’on voit à l’ère de Sora 2 ?
Difficilement. Les vidéos générées par Sora 2 sont si réalistes qu’elles trompent même les plus aguerris. Certaines imitent à la perfection les archives télévisées. Le ton, les gestes, la lumière : tout semble vrai. Pourtant, tout est faux. Et ce glissement inquiète autant les experts que les médias.
Des sites comme Futurism ou The New York Times alertent déjà sur un danger bien réel : l’histoire pourrait se réécrire par le biais de ces vidéos. Si demain une séquence inventée de Churchill ou de Martin Luther King Jr. devient virale, comment distinguer le vrai du faux ? Cette confusion menace notre rapport à l’image, souvent perçue comme preuve incontestable.
OpenAI tente de rassurer. Chaque vidéo issue de Sora 2 porte un filigrane numérique, une sorte de signature indiquant qu’elle est générée par IA. Un bon réflexe, sauf que des utilisateurs ont déjà trouvé comment effacer cette marque. En quelques clics, une vidéo trafiquée peut donc passer pour une archive authentique.
L’affaire Sora 2 relance le débat mondial sur les garde-fous de l’intelligence artificielle. Des organismes comme la CNIL ou l’UNESCO réclament un cadre clair, surtout quand il s’agit de l’image et de la mémoire des morts. Parce que si la technologie avance à toute vitesse, l’éthique, elle, peine à suivre. Et au bout du compte, ce ne sont pas des pixels qu’on maltraite, mais des histoires humaines.
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