PDG de Runway

Runway lève 315 millions $ pour muscler ses modèles vidéo nouvelle génération

La startup Runway, spécialiste de la vidéo générée par IA, vient de lever 315 millions de dollars lors d’un tour de série E. Cette opération a porté sa valorisation à 5,3 milliards de dollars, selon une source proche du dossier citée par TechCrunch. 

Ce tour de table a été mené par General Atlantic. Il a réuni des investisseurs prestigieux tels que Nvidia, Fidelity, AllianceBernstein, Adobe Ventures, Mirae Asset, Emphatic Capital, Felicis, Premji et AMD Ventures.

Qui est Runway ?

Runway est connue pour ses modèles de génération vidéo intégrant la physique. Elle a lancé son premier modèle du monde en décembre. L’entreprise compte sur cette technologie pour relever de grands défis dans des domaines variés. Parmi elles, la médecine, le climat, l’énergie ou la robotique. 

Historiquement, Runway est implantée dans les secteurs des médias, du divertissement et de la publicité. Notamment grâce à un partenariat récent avec Adobe. Mais aujourd’hui, l’entreprise observe un intérêt croissant dans les jeux vidéo et la robotique d’après un porte-parole.

YouTube video

Cette levée de fonds doit d’ailleurs permettre à Runway de développer une nouvelle génération de « modèles du monde ». C’est du moins ce qu’indique un article de blog de l’entreprise annonçant cette opération

Ces systèmes d’IA créent une représentation interne d’un environnement pour en anticiper les évolutions. De nombreux experts estiment qu’ils sont essentiels pour dépasser les limites des grands modèles de langage.

L’entreprise prévoit aussi d’utiliser ces fonds pour accélérer le recrutement de ses 140 collaborateurs actuels dans la recherche, l’ingénierie et la commercialisation.

Selon un porte- parole de l’entreprise, pour soutenir ses ambitions, Runway a également élargi son infrastructure en signant un partenariat avec CoreWeave. Le but est d’augmenter sa capacité de calcul, un atout clé pour opérer dans un secteur gourmand en ressources. 

Pourquoi maintenant ?

Le timing est chirurgical. D’abord, la levée de fonds arrive peu après le lancement de Gen 4.5, son dernier modèle de génération vidéo. Ce modèle permet de créer des vidéos haute définition à partir de textes.

Et ce, avec audio natif, séquences longues et multi-plans, cohérence des personnages et outils de montage avancés. Il surpasse sur plusieurs points de référence les offres de Google et OpenAI selon l’entreprise. Ce qui a renforcé la crédibilité de l’entreprise auprès des investisseurs.

Gen 4.5 a même pris la tête des classements internationaux avec un score Elo de 1 247 sur les benchmarks de génération vidéo. Il est devant Google Veo 3 (1 226) et OpenAI Sora 2 (1 206).

Puis, il y a le marché de la vidéo IA qui explose. En 2025, le marché global des générateurs vidéo par IA est estimé à près de 790 millions de dollars. Et il devrait atteindre plus de 3,4 milliards d’ici 2033, soit une croissance annuelle de plus de 20 %. 

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De plus, près de 41 % des marques utilisent déjà l’IA pour créer des vidéos en 2025, contre 18 % l’année précédente. Cette adoption rapide pousse les startups à lever des fonds massifs maintenant pour capturer cette croissance.

Quelles sont les éventuelles implications ?

Comme dit tout haut, la levée de fonds de 315 millions de dollars a porté la valorisation de Runway à 5,3 milliards. La startup dispose donc désormais des moyens pour attirer les talents les plus recherchés en IA et en ingénierie vidéo,

Mais aussi pour renforcer son infrastructure via des partenariats comme celui avec CoreWeave. Cette montée en puissance force les autres acteurs à accélérer leurs propres développements, sous peine de perdre des parts de marché. 

Cela dit, cette montée crée aussi des défis réglementaires majeurs. Les vidéos IA ouvrent la porte aux deepfakes sophistiqués, aux publicités trompeuses et aux contenus imitant des personnes réelles sans consentement.

Selon plusieurs études citées par l’UNESCO, près de 90 % des deepfakes en circulation concernent de la pornographie non consentie. Dans le secteur financier, près de la moitié des experts en fraude déclarent avoir déjà été confrontés à des identités synthétiques, dont des vidéos manipulées. Sans parler des questions de droits d’auteurs

Face à ces dérives, les États commencent à réagir. En Espagne, le non-étiquetage de contenus IA pourrait coûter jusqu’à 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise. Aux États-Unis, certaines lois imposent des obligations de retrait rapide pour les contenus générés sans consentement.

Mais à mon avis, ce n’est pas assez. Car plus les outils deviennent puissants, plus la régulation devra suivre. Ce, afin d’encadrer l’usage commercial et public, protéger la propriété intellectuelle et assurer la sécurité des utilisateurs, sous peine d’un développement chaotique et juridiquement risqué du secteur.

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