Il parait que Apollo Global Management et xAI sont sur le point de conclure un accord de 3,4 milliards de dollars. Mais ce n’est pas aussi simple selon The Information qui cite une source proche du dossier.
Dans les détails, Apollo va accorder un prêt d’environ 3,4 milliards de dollars à un véhicule d’investissement chargé d’acheter des puces Nvidia. L’entreprise les louera ensuite à xAI, la société d’intelligence artificielle dirigée par Elon Musk.
Cet accord pourrait se finaliser dès cette semaine, sous l’égide de Valor Equity Partners, investisseur historique de Musk, précise le rapport. L’opération serait le deuxième investissement majeur d’Apollo dans un véhicule louant des puces à xAI.
Un prêt similaire de 3,5 milliards de dollars a déjà eu lieu en novembre. Ce financement impliquait également Nvidia comme investisseur principal dans le véhicule.
Une opération qui tombe à pic ?
Difficile de ne pas le penser. La semaine dernière à peine, Musk avait annoncé que SpaceX avait racheté xAI. L’opération a valorisé l’entreprise de fusées et satellites à 1 000 milliards de dollars et la société d’IA à 250 milliards.
Selon Musk, cette fusion vise notamment à accélérer le développement de centres de données orbitaux. Ces derniers tireront parti d’infrastructures spatiales pour soutenir l’informatique de prochaine génération dédiée à l’IA.
La société doit alors transformer le discours en capacités réelles, mesurables et immédiatement exploitables. Or, aujourd’hui, la vraie monnaie de l’IA n’est ni l’algorithme ni le talent, mais la puissance de calcul, dominée sans partage par Nvidia.
D’où l’accord avec Apollo Global Management. Car louer des puces plutôt que les acheter permet d’aller vite, très vite, sans alourdir un bilan déjà sous pression par des investissements colossaux.
Côté Apollo, le contexte est tout aussi favorable. Les fonds cherchent de nouveaux relais de rendement alors que les placements traditionnels rapportent moins. Miser sur des infrastructures IA, soutenues par des acteurs solides comme Elon Musk et Nvidia, apparaît donc comme un pari jugé plus sûr et plus lisible.
Qu’est-ce que cet accord entre Apollo et xAI implique ?
xAI n’est pas la seule qui prévoit d’investir dans tout ce qui est infrastructure nécessaires à l’entraînement et au déploiement des systèmes d’IA. Dans le contexte actuel, les géants de la tech redéfinissent tous leurs modèles économiques autour de l’IA.
A eux seuls, par exemple, Alphabet , Microsoft, Amazon et Meta devraient investir plus de 600 milliards de dollars cette année selon Reuters. Ce, même si, jusqu’à présent, les rendements n’ont pas suivi la cadence de l’explosion des dépenses.
Cela dit, il faut comprendre que ce montage financier qui est, certes, bénéfique pour xAI, a des implications inquiétantes. Voyez-vous, en louant des puces Nvidia, la startup d’IA d’Elon Musk ne fait que renforcer une situation de quasi-monopole.
L’analyse d’AllAboutAI montre que NVIDIA détient déjà à elle seule 80 à 92 % des parts de marché des puces IA. Sans mentionner que le groupe maintient aussi plus de 92% du marché des GPU dédiés l’IA.
D’après Eteknix, Nvidia continuera même de dominer le marché des GPU dédiés à l’IA, avec une part d’environ 90 % jusqu’en 2030. Alors, avec cette opération de plus, l’écosystème IA devient de plus en plus dépendant du leader mondial des processeurs graphiques.
Cela pose des questions systémiques rarement abordées publiquement. Que se passera-t-il si l’offre de puces se tend davantage, si les délais s’allongent ou si les prix continuent de grimper ?
Qui sont les perdants dans l’histoire ?
Les concurrents de Nvidia. Cela va de soi. Car au fait, AMD et Intel restent à la périphérie du marché IA haute performance.
D’après les même analyses de Jon Peddie Research (JPR) citées ci-dessus, au deuxième trimestre 2025, AMD n’obtenait que 6 % du marché des cartes graphiques discrètes AIB. Et Intel pratiquement 0 %.
Chaque opération qui renforce le quasi-monopole de Nvidia réduit donc encore plus leur espace de manœuvre. Ce qui limite leurs opportunités d’entrer dans les projets les plus ambitieux.
Pour autant, sachez que le PDG d’Intel ne s’inquiète pas pour l’avenir de l’entreprise. Mais là on s’écarte du sujet alors si vous souhaitez en savoir plus sur cette affaire, rendez-vous dans notre article.
À part les concurrents de Nvidia, le marché en général ne sort pas non plus indemne de cette histoire. La concentration du pouvoir de calcul entre peu d’acteurs crée un risque systémique.
Si l’offre de GPU se tend, si les prix augmentent, ou si Nvidia privilégie certains clients, d’autres projets IA peuvent être ralentis ou bloqués. Les entreprises sans accès prioritaire au calcul deviennent dépendantes et vulnérables. Ce qui pourrait freiner l’innovation ou accentuer les inégalités dans l’écosystème IA.
Et pour finir, les investisseurs traditionnels dans l’IA doivent aussi s’inquiéter si la concentration du marché continue de se renforcer. Car ces fonds qui misent sur des acteurs plus petits ou sur des alternatives à Nvidia pourraient voir leur retour sur investissement réduit.
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