Savez-vous que cette blague de 1982 a donné naissance aux emojis ?

Alors, vous saviez que nos emojis super colorés sont nés d’une blague ? Je remonte le temps, il y a plus de 40 ans, pour vous faire découvrir comment une bande de génies du web a inventé le marqueur d’émotion.

En 1982, Internet n’était qu’un petit réseau de scientifiques et de chercheurs, avec des ordinateurs qui ressemblaient à des machines à écrire de l’espace. Le gros problème, c’est que quand on écrivait, il était impossible de savoir si on plaisantait ou si on était sérieux. À l’université Carnegie Mellon (CMU), un malentendu a tout déclenché. Et c’est là que l’émoticône textuelle, la grand-mère de nos emojis, a été inventée.

Le Quiproquo de l’ascenseur et du mercure

Notre histoire sur les émojis ne commence pas par une invention, mais par un gros bug social. Le 16 septembre 1982, sur le forum de la CMU (ils appelaient ça le « bboard »), l’informaticien Neil Swartz a posé une colle de physique. Comment une bougie et du mercure réagiraient-ils dans un ascenseur en chute ?

Mais Howard Gayle, un autre geek, a eu une idée lumineuse. Il a posté un message « ATTENTION ! » en disant qu’à cause de cette expérience, un ascenseur avait été « contaminé au mercure » et avait pris feu. Sauf que certains utilisateurs n’ont pas du tout vu la blague. Ils ont pris ça pour argent comptant.

Cet incident, c’était la preuve qu’il manquait quelque chose au web. Sans le ton de la voix ou le langage corporel, les intentions étaient toujours mal interprétées. C’est comme ça que naissent les disputes en ligne (ce qu’ils appelaient les « guerres de flammes »). Scott Fahlman, un prof d’informatique, a affirmé que si on ne peut pas se voir ou s’entendre, il nous faut un outil pour signaler l’ironie. C’était urgent !

Comment le visage de l’émoji a pris forme ?

La communauté CMU s’est donc mise au travail pour trouver le signe parfait. Dès le lendemain, Neil Swartz, celui par qui le drame est arrivé, a proposé l’astérisque (*) dans l’objet pour marquer l’humour. Mais ça a défilé vite en propositions alternatives.

Joseph Ginder suggérait le pourcentage (%), Anthony Stentz voulait un système pour les bonnes (*) et les mauvaises (%) blagues. Keith Wright, lui, aimait l’esperluette (&) parce qu’elle « a l’air drôle« . Et Leonard Hamey a proposé {#}, parce que ça faisait penser à « deux lèvres avec des dents« . Un petit groupe utilisait déjà \\\\__/ comme « sourire » universel en interne. Mais ça ne s’est pas vraiment répandu.

YouTube video

Alors, la vraie trouvaille, c’est plutôt la super synthèse des meilleures idées. Deux jours après le début de la discussion, Scott Fahlman a envoyé son message historique : « Je propose la séquence de caractères suivante pour marquer les blagues : 🙂 À lire de côté ». Et pour les messages sérieux, il a ajouté son côté sombre : :-(.

Ce qui a tout fait basculer, c’est l’intelligence de la proposition de Fahlman. C’était simple, super clair, et ça donnait un système binaire complet (rire/pas rire). N’oubliez pas qu’à l’époque, ils n’avaient pas de graphismes. Tout était limité aux 95 caractères imprimables du jeu ASCII américain.

Fahlman, depuis son terminal connecté au DECSYSTEM-20, a utilisé la ponctuation de base pour dessiner un visage qu’on lisait de côté. C’était juste génial et ça s’est mis à circuler vite sur ARPAnet (l’ancêtre direct d’Internet).

L’archéologie numérique, le secret retrouvé

Le succès a été immédiat. Moins de deux mois après, le 10 novembre 1982, l’émoticône souriante était déjà présentée à d’autres chercheurs. On a même rapidement arrêté de mettre le tiret pour faire un simple :) ou :(.

L’histoire a pris un tournant façon Indiana Jones de l’informatique. Pendant des années, les messages originaux ont été perdus après le changement des systèmes de la CMU. Ils semblaient envolés à jamais.

Mais entre 2001 et 2002, Mike Jones (un ancien de la CMU passé chez Microsoft) a financé un projet appelé « archéologie numérique ». Jeff Baird et l’équipe technique se sont lancés dans la trouvaille des bandes de sauvegarde de 1982, et le déchiffrage des vieux formats de fichiers… Ils ont réussi à tout reconstituer. Ces messages retrouvés prouvent bien que le **:-) ** est le fruit d’une discussion communautaire super riche.

Pendant que l’émoticône textuelle était la star du web occidental, le Japon développait son propre truc génial : les emojis. À la fin des années 90, ils ont commencé à introduire de petites images directes. On a longtemps dit que c’était le jeu d’emojis de Shigetaka Kurita, créé en 1999 pour NTT DoCoMo, qui était l’original. Mais non ! On a découvert que SoftBank utilisait déjà des caractères picturaux en 1997 et même que l’organiseur personnel Sharp PA-8500 avait des icônes sélectionnables dès 1988.

Contrairement aux émoticônes qui demandaient de pencher la tête, les emojis étaient de petites images directes pour tout exprimer : émotions, objets, idées. Le vrai boom planétaire est arrivé en 2010 quand Unicode a officialisé les emojis, et surtout en 2011 quand Apple les a mis sur l’iPhone. Aujourd’hui, ils dominent nos conversations, mais on utilise toujours le bon vieux 🙂 de Fahlman. C’est la preuve qu’une bonne idée, simple et bien placée, peut tout changer !

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