Ranger le salon, ramasser les objets qui traînent, remettre les coussins en place… Autant de petites corvées domestiques qui finissent souvent repoussées au lendemain. Mais dans une nouvelle démonstration publiée par la startup américaine Figure, son robot humanoïde semble déjà prêt à s’en charger. Grâce à une IA capable de comprendre son environnement et d’exécuter des actions physiques complexes, ce robot esquisse ce que pourrait être le futur assistant domestique universel.
Imaginez la scène. Vous quittez votre salon en laissant traîner quelques objets sur la table, un coussin par terre et un peu de désordre général. Quelques minutes plus tard, quelqu’un a tout remis en ordre.
Pas un colocataire. Pas un parent maniaque. Un robot.
Dans une vidéo récemment publiée, la startup Figure montre son robot humanoïde en train d’effectuer plusieurs tâches domestiques simples dans un salon. Il ramasse des objets posés sur une table, replace des coussins sur un canapé et déplace différents éléments pour remettre la pièce en ordre.
La scène est volontairement banale, presque triviale. Et c’est précisément ce qui la rend intéressante. Les robots industriels savent déjà souder des pièces automobiles ou déplacer des palettes. Mais manipuler des objets du quotidien dans un environnement domestique reste un défi autrement plus complexe.
Le robot de Figure se déplace dans la pièce, identifie les objets et agit sans avoir besoin d’une programmation détaillée pour chaque geste. L’ensemble reste évidemment encore expérimental, mais la fluidité des mouvements donne un aperçu assez concret de ce que pourrait devenir le robot domestique de demain.
Le cerveau du robot : une IA qui voit, comprend… et agit
Si ce robot peut manipuler des objets dans un salon, c’est grâce à une nouvelle génération d’IA conçues spécifiquement pour la robotique.
Figure utilise une architecture appelée Vision-Language-Action (VLA). Le principe consiste à combiner trois capacités dans un même modèle.
D’abord la vision : le robot observe son environnement grâce à ses caméras et analyse les objets présents dans la pièce.
Ensuite le langage : il peut interpréter des instructions formulées en langage naturel.
Enfin l’action : il transforme cette compréhension en mouvements physiques exécutés par ses bras et ses mains robotisées.
En d’autres termes, l’IA ne se contente pas de produire du texte ou des images comme les modèles génératifs classiques. Elle relie la compréhension du monde à des actions réelles.
Figure explique notamment que son modèle baptisé Helix est capable de manipuler des objets qu’il n’a jamais vus auparavant. Une capacité essentielle si l’on veut créer des robots capables d’interagir dans des environnements aussi imprévisibles qu’une maison humaine.
Derrière la démo, une course mondiale aux robots humanoïdes
La vidéo publiée par Figure donne l’impression d’un simple robot qui range un salon. Mais derrière cette scène se cache une compétition technologique beaucoup plus large.
De nombreuses entreprises travaillent désormais sur des robots humanoïdes capables d’assumer des tâches polyvalentes.
Tesla développe son robot Optimus destiné à l’industrie et, à terme, à certains usages domestiques. La startup 1X Technologies travaille sur un robot domestique appelé NEO.
LG et d’autres fabricants ont également présenté des robots capables d’effectuer différentes tâches à la maison.
Les investissements suivent. La startup Figure a déjà levé des centaines de millions de dollars auprès d’acteurs majeurs de la tech comme Microsoft, Nvidia ou encore le fonds d’investissement lié à Jeff Bezos.
Selon certaines estimations de Goldman Sachs, le marché des robots humanoïdes pourrait atteindre près de 38 milliards de dollars d’ici 2035.
Autrement dit, le robot qui remet des coussins sur un canapé n’est pas seulement une curiosité technologique. C’est peut-être l’un des premiers aperçus d’une industrie en pleine émergence.
La maison fait rêver… mais l’usine reste le vrai terrain d’entraînement
Malgré les démonstrations impressionnantes, la plupart de ces robots n’apprennent pas leur métier dans les salons. Ils commencent dans les usines.
Figure travaille par exemple avec BMW, qui teste ses robots humanoïdes dans certains environnements industriels. L’objectif est simple : apprendre à manipuler des objets, se déplacer dans des espaces complexes et enchaîner des tâches physiques.
Ces environnements contrôlés permettent d’accumuler d’énormes quantités de données pour entraîner les modèles d’IA.
Une fois suffisamment fiables, ces robots pourront progressivement être adaptés à des environnements plus chaotiques… comme une maison.
Et là, les défis deviennent beaucoup plus nombreux.
Le robot qui fait le ménage existe presque… mais pas encore pour votre salon
Car dans un vrai appartement, les situations imprévues se multiplient.
Objets fragiles, jouets d’enfants laissés par terre, animaux domestiques, meubles déplacés, éclairage variable… Le monde réel est bien plus désordonné que les environnements de démonstration.
La sécurité constitue également un enjeu majeur. Un robot humanoïde capable de manipuler des objets doit être extrêmement fiable pour évoluer en présence d’humains.
Pour l’instant, ces machines restent donc à un stade expérimental ou limité à certains tests industriels.
Mais les progrès de l’IA robotique accélèrent. Et chaque nouvelle démonstration rapproche un peu plus l’idée d’un robot capable d’effectuer les tâches domestiques du quotidien.
Ce qui, soyons honnêtes, ferait déjà un meilleur colocataire que moi.
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