Le parquet de Paris convoque Elon Musk ce lundi pour une audition libre. La France soupçonne la plateforme X de favoriser la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes pornographiques.
Mais du côté des États-Unis, les demandes d’entraide sont rejetées sans détour. À Washington, ils crient plutôt à une offensive politique contre la liberté d’expression. Et en prime, ils protègent les dirigeants du réseau social.
Pourquoi X est dans le viseur de la France ?
Depuis janvier 2025, les gendarmes de la Direction générale de la gendarmerie nationale planchent sur une série de signalements visant X. Et permettez-moi de vous dire que ces derniers sont particulièrement sensibles.
Ce qui inquiète le plus, c’est une éventuelle mise en avant volontaire de certains contenus. Une question obsède particulièrement la justice française. Les algorithmes de X sont-ils programmés pour amplifier certains discours ?
Oui car les enquêteurs estiment que certains contenus, notamment complotistes, pourraient être favorisés pour stimuler l’engagement. Par ailleurs, le député Éric Bothorel a déjà tiré la sonnette d’alarme en signalant des comportements suspects dans les recommandations du réseau social.
La France cherche ainsi des explications. Sauf que l’enquête se heurte rapidement à un mur. Le Department of Justice, plus connu sous le nom de DOJ, refuse de coopérer.
Selon lui, répondre favorablement à la France reviendrait à violer le Premier amendement. Résultat : impossible pour les enquêteurs d’accéder aux données techniques liées à Grok, l’intelligence artificielle intégrée à la plateforme.
La structure même de l’entreprise complique encore plus les investigations. Avec SpaceX désormais liée à xAI, le fonctionnement interne devient encore plus opaque. Ce qui renforce le secret autour des calculs qui déterminent la visibilité des publications.
Pour autant, le parquet de Paris ne lâche pas l’affaire. Il souhaite entendre plusieurs figures clés, dont l’ancienne dirigeante Linda Yaccarino. Le but est de mieux cerner le rôle des algorithmes dans la diffusion de contenus problématiques.
De son côté, Elon Musk balaie ces accusations d’un revers de main, dénonçant une attaque politique et ignorant les convocations.
A cela s’ajoute la prolifération de deepfakes sexuels
En effet, l’enquête ne s’arrête pas aux algorithmes. Les procureurs s’intéressent aussi à la prolifération de deepfakes à caractère sexuel, souvent créés sans le consentement des victimes.
En France, ces pratiques sont lourdement sanctionnées. Or, certains de ces contenus seraient générés à l’aide des outils liés à Grok.
La justice française cherche donc à déterminer si les responsables de la plateforme ont laissé ces fonctionnalités accessibles sans garde-fous suffisants. Autrement dit, s’agit-il d’une faille technique ou d’un choix délibéré ?
Du côté américain, la réponse est toute trouvée. Le Department of Justice considère cette enquête comme une tentative étrangère de réguler un espace relevant de la juridiction américaine.
Elon Musk, fidèle à sa ligne, estime que les règles européennes ne s’appliquent pas à une entreprise basée aux États-Unis.
En février, les gendarmes ont bien perquisitionné les bureaux parisiens de X. Mais sur place, peu d’éléments concrets sur le fonctionnement réel des serveurs centraux.
Face à ce blocage, le parquet envisage désormais des mesures plus radicales, comme l’émission de mandats d’arrêt internationaux. Mais une telle décision pourrait tendre encore davantage les relations entre la France et les géants technologiques américains.
En attendant, les enquêteurs recentrent leurs efforts sur la possible complicité de la plateforme dans la diffusion de contenus pédopornographiques et négationnistes.
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