Airbus enchaîne les acquisitions dans la cybersécurité. Et, en moins d’un mois, signe déjà une deuxième opération, avec le rachat de la société française Quarkslab, le groupe européen renforce son arsenal technologique. Il affirme ainsi son ambition de bâtir une cybersécurité souveraine à l’échelle européenne.
Airbus Defence and Space a officialisé sa deuxième acquisition dans la cybersécurité. Après le britannique Ultra Cyber Ltd en mars 2026, le groupe met la main ce 21 avril 2026 sur Quarkslab. Il s’agit d’un acteur français reconnu pour la protection des logiciels critiques. Ainsi, le groupe européen souhaite faire de la cybersécurité un pilier de son offre B2B. Il veut également devenir une référence dans la souveraineté numérique européenne.
Airbus renforce sa stratégie cyber à marche forcée
Avec cette acquisition, Airbus Defence and Space confirme une trajectoire engagée depuis plusieurs années. L’entreprise ne se limite plus à ses activités historiques dans l’aéronautique et le spatial. Elle développe désormais une offre complète autour de la protection des systèmes numériques critiques.
Airbus poursuit son maillage européen avec le rachat de Quarkslab. Et cela après l’intégration de l’allemand Infodas en 2024. Puis celle du britannique Ultra Cyber Ltd annoncée en mars 2026. Le groupe dispose maintenant d’équipes spécialisées dans cinq pays, notamment en France, en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et en Finlande.
Les infrastructures numériques sont devenues des actifs importants, au même titre que les équipements physiques. Airbus entend donc proposer à ses clients (gouvernements, armées, institutions) une offre intégrée. Celle-ci combine technologies et protection cyber.
Pourquoi ont-ils choisi Quarkslab ?
Fondée en 2011 par Fred Raynal, Quarkslab est un acteur populaire pour la cybersécurité offensive et défensive. Forte d’une centaine de collaborateurs répartis entre Paris et Rennes, l’entreprise s’est spécialisée dans la protection des systèmes critiques. Face à des attaques de plus en plus sophistiquées.
Son produit phare, QShield, illustre bien cette expertise. L’outil protège les logiciels sensibles contre la rétro-ingénierie. C’est une technique qui consiste à analyser un programme pour en comprendre le fonctionnement, le copier ou le détourner. C’est très utile dans des secteurs comme la défense ou l’aérospatiale. Là où la confidentialité du code est essentielle.
De plus, QShield intègre les nouvelles menaces liées à l’intelligence artificielle. Il empêche surtout que des algorithmes soient utilisés pour analyser ou reproduire des logiciels stratégiques. Cette capacité à anticiper les usages malveillants de l’IA en fait un atout pertinent pour Airbus. Déjà partenaire et fournisseur du groupe, Quarkslab apparaît donc comme une extension naturelle de son dispositif cyber.
Construire un bouclier numérique européen
Par ailleurs, cette acquisition traduit une ambition politique et industrielle. Airbus souhaite contribuer à bâtir une cybersécurité souveraine à l’échelle européenne. François Lombard, directeur de la division Connected Intelligence chez Airbus Defence and Space, affirme qu’ils aspirent à« développer un bouclier numérique » qui protégera les pays européens et leurs alliés face à des menaces croissantes.
Airbus continues to strengthen sovereign cyber security with acquisition of Quarkslab in France ➡️ https://t.co/pKpxny7MuH pic.twitter.com/xWnwiPROKt
— Airbus Newsroom (@AirbusPRESS) April 21, 2026
Ainsi, Quarkslab apporte une expertise complémentaire sur la sécurisation du code et la protection des logiciels critiques. Cette compétence est cruciale puisque les cyberattaques ciblent de plus en plus les chaînes logicielles.
Comme le souligne Airbus dans son communiqué officiel, cette opération va renforcer ses capacités à fournir des solutions de cybersécurité de bout en bout. Elles seront adaptées aux exigences des États et des industries sensibles. De son côté, The Wall Street Journal met en avant la volonté du groupe de consolider un écosystème européen qui rivalise avec les acteurs américains et asiatiques.
Airbus comme acteur central de la cybersécurité
Avec cette nouvelle acquisition, Airbus confirme qu’il ne se contente plus de produire des avions ou des satellites. Le groupe devient un fournisseur global de solutions critiques, qui inclut désormais la cybersécurité au cœur de son offre.
Vu les tensions géopolitiques et la multiplication des cybermenaces, je trouve que cette stratégie est plutôt cohérente. Puisque les États européens cherchent à réduire leur dépendance technologique et à sécuriser leurs infrastructures. En intégrant Quarkslab, Airbus se rapproche un peu plus de son objectif. Celui de devenir un partenaire de confiance pour la cybersécurité souveraine en Europe.
$AIR — Airbus buys Quarkslab to deepen European cyber push
— Kai – Briefing Block (@briefing_block_) April 21, 2026
– Airbus agreed to acquire French cybersecurity company Quarkslab.
– The deal expands its push for sovereign cyber capabilities in France.
– Quarkslab has roughly 100 employees and protects critical assets, data and… pic.twitter.com/BW9hofXbEQ
Pour Fred Raynal, ce rapprochement a aussi une dimension personnelle. Le fondateur de Quarkslab a débuté sa carrière chez Airbus. Son retour dans le groupe marque alors une forme de continuité. Avec l’ambition de faire grandir son entreprise à une nouvelle échelle.
Le rachat doit encore être finalisé courant 2026, après consultation des représentants du personnel et validation des autorités réglementaires.
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