Elle devait être 100 % électrique, sans compromis ni retour possible. Mais Alpine cache encore un moteur thermique sous la carrosserie, prêt à surgir au moindre virage du marché.
Alpine prépare une nouvelle génération de son iconique A110, pensée pour l’ère électrique. Pourtant, dans un geste inattendu, la marque conserve une porte entrouverte vers un moteur thermique. Cette stratégie hybride montre que, malgré les ambitions électriques, la prudence reste de mise chez le constructeur français.
La prochaine Alpine A110 reposera sur une plateforme entièrement repensée pour accueillir une motorisation électrique. Elle succèdera au modèle thermique actuel, reconnu pour sa légèreté et son agilité. Luca de Meo promet une voiture encore plus performante, « plus légère que des sportives thermiques comparables ». Une affirmation étonnante tant les batteries alourdissent généralement les véhicules. Alpine semble pourtant déterminée à relever ce défi technique et dynamique.
Le thermique reste une option discrètement envisagée
Lors d’un entretien au Mans, juste avant l’annonce surprise de son départ, Luca de Meo l’a confirmé. « Techniquement, la plateforme de la future A110 permet d’accueillir un moteur thermique », a-t-il déclaré. La phrase est limpide : la possibilité d’une A110 thermique existe toujours, au cas où le marché ne suivrait pas les prédictions. Ce plan B rassure certains puristes inquiets d’un virage trop brutal vers l’électrique. La décision reste suspendue aux évolutions du secteur automobile mondial.
Malgré cette porte entrouverte, Luca de Meo reste confiant : « nous sommes convaincus que cette nouvelle A110 sera meilleure avec un groupe motopropulseur électrique ». Alpine travaille donc sur une technologie de pointe, avec l’objectif d’exploiter tout le potentiel des moteurs zéro émission. La marque veut démontrer qu’une voiture électrique peut encore faire vibrer les passionnés de conduite sportive.
Alpine écarte clairement l’idée d’un usage routier de l’hydrogène à court terme. « La filière ne progresse pas assez vite », confie Luca de Meo. En revanche, la marque développe activement un moteur thermique alimenté par hydrogène liquide pour ses prototypes de course. Le prototype Alpenglow Hy6, déjà aperçu au Mans, sert de laboratoire roulant à cette technologie.
Cap sur 2028 pour les courses à hydrogène
Pierre-Jean Tardy, en charge du programme hydrogène compétition chez Alpine, confirme cet objectif. La marque vise la future catégorie officielle prévue en 2028 par l’ACO, avec des voitures tournant en 3 minutes 30 sur le circuit des 24 Heures. « Le moteur thermique à hydrogène liquide nous paraît très prometteur », souligne-t-il. La FIA et plusieurs constructeurs travaillent actuellement à finaliser ce règlement.
Entre électrification sportive, moteur thermique en réserve et technologie hydrogène de compétition, Alpine joue plusieurs cartes. La future A110, figure emblématique de la marque, cristallise cette stratégie à la fois ambitieuse et adaptable. Le tout dans un paysage automobile en pleine transformation.
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