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Big Data Paris 2018 : les besoins métiers donnent vie au Big Data

Le salon Big Data Paris 2018 s’est terminé le mardi 13 mars 2018 au Palais des congrès de Paris. Au lendemain de cet événement d’envergure français et européen, il est maintenant temps de tirer le bilan de deux journées consacrées au Big Data, au Cloud, à l’IA et l’IoT.

250 Exposants présentaient leurs solutions lors de Big Data Paris 2018. Il fallait bien deux journées pour découvrir l’ensemble des acteurs en présence tout en suivant certaines conférences parmi la cinquantaine programmée à l’occasion.

Big Data Paris 2018 : le succès de la 7e édition

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Première observation, la zone d’exposition était très dense, davantage que l’année précédente. Cela s’explique aisément : les organisateurs du salon ont attiré 50 exposants supplémentaires. Le dynamisme des nombreux secteurs représentés lors de cet événement est avéré. Les visiteurs étaient plus nombreux également : 15200 participants contre 10 000 en 2017. En contrepartie, les déplacements dans les allées principales étaient un peu compliqués, disons qu’il fallait prendre son mal en patience. La rançon du succès dira-t-on.

Tous les grands acteurs traditionnels de l’IT maintenant aguerri au Big Data et au Cloud disposaient d’un stand. IBM, SAP, Oracle, SAS, Microsoft, Google, Atos, Hitachi, ou encore Thales. Pourtant, ils n’étaient pas forcément les plus visibles lors de l’événement. En effet, les spécialistes de la Business Intelligence, de l’Analytics et de la data visualisation ont fait en sorte de monopoliser l’attention, parfois au détriment du confort de leurs voisins. Tableau, Microstrategy ou encore Qlik animaient des présentations de leurs solutions sur leur stand.

Si le dernier cité était respectueux des autres exposants, ce n’était pas le cas des deux autres qui usaient et abusaient de microphones et qui rassemblaient tellement de visiteurs que ceux-ci bloquaient les allées.

Les besoins des professionnels justifient (enfin) l’usage des outils Big Data

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Au-delà de ces désagréments somme toute habituels lors de salon de l’envergure de Big Data Paris 2018, la présence remarquée de ces acteurs démontre un besoin de voir, de dépasser les principes et les concepts abstraits pour réellement comprendre la valeur de l’exploitation des données en entreprise.

Stéphane Briffod, Directeur Presales France chez Qlik explique ce phénomène : « le plus gros défi de nos clients, c’est la conduite du changement. La question qu’il se pose sûrement est la suivante : comment va-t-on quitter cette notion de reporting papier ? La deuxième chose qui peut aussi parfois faire peur, c’est de donner les vrais chiffres à tout le monde. On se rend compte parfois que les systèmes en place ne donnent pas forcément les vraies données. En apportant une capacité d’analyse, on responsabilise les collaborateurs. Nous travaillons sur plusieurs projets de pilotage à 360 degrés des entreprises.”

lors de Big Data Paris 2018, Qlik, Microstrategy ou Tableau Software ne sont pas les seuls à avoir compris l’intérêt de s’adresser aux collaborateurs, aux “métiers”, le terme usité par la plupart de nos interlocuteurs. Umanis, une ESN qui intègre en premier lieu les solutions Microsoft, a développé au sein de son laboratoire R&D une solution d’analyse sémantique de CV afin de trouver les profils correspondant à une mission donnée. Patrice Darmon, Directeur R&D chez Umanis décrit la démarche : “En 2016, nous nous sommes rendu compte que nous avions du mal à effectuer des recherches dans nos CVthèques, ce qui est une problématique classique des sociétés de services. En montant l’équipe R&D, nous nous sommes dit que ce serait bien de construire un outil RH Big Data qui permettrait de faire une recherche sémantique dans les CVs. Aujourd’hui, le prototype est en production depuis un an au sein d’Umanis.

Cet outil permet de faire le lien entre des termes utilisés pour désigner des compétences et de les corréler avec les besoins décrits dans une fiche de mission afin d’en tirer un score. La granularité du paramétrage est sa grande force puisque l’entreprise peut obtenir les meilleurs profils techniques en sélectionnant les types de langages informatiques, en cherchant leurs précédents clients, les certifications obtenues, la position géographique et bientôt les diplômes. A l’inverse, l’outil peut ingérer les CVs en format Office et y lire les compétences décrites par les candidats. “Cela a demandé de créer une ontologie d’environ 1000 compétences dans 15 domaines techniques différents avec pour chaque compétence un certain nombre d’alias, d’informations, etc.”, explique Patrice Darmon. Ce travail manuel conséquent s’accompagne de la conception d’une architecture Big Data complète basé sur un Data Lake et des moteurs HDFS et autres configurés pour analyser les données structurées et non structurées, puis de les visualiser dans un Front End connecté à des outils comme Power BI. In Fine, Umanis compte proposer cette solution Big Data RH à ses clients.

Les plateformes de traitement de données sont aussi très intéressantes pour les spécialistes du marketing et de la finance. Pour cela, la startup rouennaise Saagie, qui vient de lever 5 millions d’euros conçoit une plateforme Big Data nommée Open Data Fabric conçue à partir de technologies Open Source. Elle peut être intégrée dans le Cloud ou “on premice”. Cette dernière permet aux entreprises de différents secteurs de stocker leurs données, de les analyser et de visualiser le traitement effectué à l’aide d’algorithmes d’intelligence artificielle par le biais d’outils de visualisation. Parcours et segmentations clients, prédictions des ventes, détection des fraudes, etc. On comprend aisément le succès de cette plateforme auprès des banques françaises comme la Caisse d’épargne, le Crédit Agricole, mais également l’assureur Matmut. A Big Data Paris 2018, le stand de Saagie a attiré de nombreux visiteurs.

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Dans cette même veine, l’ESN Advanced Schema a mis sur pied sa filiale Nodata. Celle-ci développe “une suite logicielle intégrée et modulaire qui va de la collecte de la donnée à la consommation de la donnée”, explique Fabrice Haccoun, président d’Advanced Schema. “Elle permet de faire de la data visualisation, du requesting de masse en passant par la modélisation et le monitoring avec pour originalité, c’est que tout cela fonctionne autour d’un référentiel unique de donnée”. Nodata exploite les métadonnées permettant à l’entreprise de ne pas lui confier les données elles-mêmes et de les traiter sur site. Cette solution sécurisée a déjà séduit 8 clients, dont trois early adopters que sont Swiss Life, Renault et RCI Bank, une filiale bancaire du constructeur automobile.

Le GDPR, un sujet maîtrisé par les grands groupes, beaucoup moins par les PME

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Évidemment, ces nouveaux usages qui offrent davantage de granularité dans les analyses des profils clients demandent une sécurité élevée. C’est d’autant plus vrai que le règlement général sur la protection des données personnelles sera appliqué le 25 mai 2018. Si la plupart des entreprises présentes au salon Big Data Paris 2018 semblent prêtes, ce n’est pas forcément le cas des PME. Lors des conférences et des tables rondes, le sujet est revenu à plusieurs reprises. Sophie Nerbonne, juge de la conformité à la CNIL affirme que ces petites entreprises “ont tout juste 40 ans de retard parce que la Loi informatique et Liberté date de 1978 et il est vrai que le règlement reprend les principes de protection des données.

Il faut donc accompagner ces acteurs qui entament leur transformation numérique ou qui ont besoin d’assurer cette sécurité à l’aune de l’apparition de nouveaux besoins. Les outils fournis sur le site de la CNIL permettent de se préparer convenablement à l’application du GDPR. Sophie Nerbonne a rappelé que malgré les sanctions lourdes prévues, la CNIL compte davantage accompagner les PME que de les punir. Cela se comprend aisément, les moyens de contrôle de l’autorité sont limités. Elle compte 200 fonctionnaires, dont 22 contrôleurs et il n’est pas prévu pour l’instant d’augmentation de ses effectifs. Le salon Big Data Paris 2018 était aussi l’occasion de découvrir que la CNIL n’est pas non plus totalement prête à contrôler les quelque quatre millions d’entreprises françaises.

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