Les dirigeants affichent un regard confiant sur l’intelligence artificielle. Pour eux, l’IA va transformer les modèles économiques. Les employés, en revanche, ne sont pas du même avis. Et encore, c’est un euphémisme.
Un écart de quinze points sépare les avis. Une étude menée par Google Workspace dans six pays, dont la France, l’a révélé. Si vous voulez tout savoir, les employés expriment davantage de réserves face à cette technologie.
Je vous explique
D’après l’étude, seul un employé sur trois se dit réellement prêt à s’adapter aux changements liés à l’IA. Ce chiffre interpelle, surtout quand on sait que 61 % des personnes interrogées utilisent déjà des outils d’IA chaque jour.
L’usage progresse, pourtant la confiance ne suit pas au même rythme. Plus de quatre employés sur cinq souhaitent même que leur entreprise investisse davantage dans ces technologies. Le signe qu’ils attendent autre chose que de simples annonces.
Pour Derek Snyder, directeur du marketing produit chez Google Workspace, le malaise vient surtout d’un manque d’accompagnement. Un tiers des salariés déclarent ne pas se sentir préparés.
Les équipes perçoivent l’enthousiasme de la direction, pourtant elles doutent de leur capacité à produire plus efficacement avec ces outils. Beaucoup craignent aussi que ces solutions finissent par ralentir leurs tâches au lieu de les simplifier.
Et je dois dire que cette théorie tient la route. Au fait, la formation apparaît comme un point de blocage fréquent. Les employés se retrouvent face à une multitude de solutions sans savoir lesquelles choisir.
Ils entendent parler de nouveaux outils, sans comprendre leurs usages précis. Cette situation crée une forme de paralysie qui freine l’adoption et nourrit une certaine lassitude.
Snyder n’est pas le seul à avancer cette théorie
Alan Whitaker, responsable de l’IA chez l’éditeur, non plus n’est pas surpris par l’écart entre dirigeants et employés. Les premiers pensent croissance et nouveaux revenus. Les seconds doivent respecter des délais, servir des clients et maintenir leurs indicateurs. Ils doivent apprendre une nouvelle manière de travailler sans disposer d’exemples concrets pour se projeter.
Jean-Philippe Avelange, DSI chez Expereo, confirme cette différence de perception. Les directions voient l’IA comme un portefeuille de projets. Les employés vivent son arrivée de façon plus personnelle, avec des interrogations sur leurs compétences et leurs méthodes. Cette prudence est donc naturelle, selon lui.
Il estime toutefois que ce climat peut évoluer. La transparence, les formations pratiques et les démonstrations concrètes favorisent une meilleure acceptation. Lorsque les équipes observent des bénéfices tangibles, leur confiance progresse.
Une étude de Yooz renforce ce constat. Près de la moitié des salariés se sentent exclus de l’adoption de l’IA. Laurent Charpentier, Pdg de l’entreprise, rappelle que l’appropriation passe par la communication et la pédagogie. Les équipes veulent comprendre comment ces outils fluidifient leur travail, sans donner l’impression de menacer leur place.
Cela dit, il faut noter que
Malgré tout, l’étude montre aussi que l’optimisme des dirigeants dépasse souvent la maturité réelle des organisations. Google Workspace estime que seulement 3 % des entreprises interrogées ont connu une transformation profonde liée à l’IA.
Près des trois quarts se trouvent encore aux premiers stades de ce virage. Cette lecture rejoint celle de Riverbed, qui révèle que 12 % seulement des entreprises ont déployé l’IA à grande échelle.
Pour tout vous dire, les entreprises déjà bien engagées dans cette transformation suivent des schémas précis. Elles s’appuient sur des ambassadeurs de l’IA répartis dans tous les services.
Ces relais internes partagent des exemples concrets et rassurent leurs collègues. Le soutien visible des dirigeants joue aussi un rôle important. Notamment lors des réunions où ils présentent des usages concrets observés dans leurs équipes.
Google Workspace recommande ainsi de structurer des feuilles de route claires et évolutives. Ces repères aident les salariés à comprendre les priorités et à identifier les réussites déjà obtenues. Chaque succès visible renforce la confiance et facilite l’appropriation des outils.
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