Ÿnsect insectes

La startup française Ÿnsect voulait te faire manger des insectes : elle a fait faillite

Ÿnsect promettait de révolutionner nos protéines avec des insectes. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Quatre ans plus tard, la start-up est en liquidation judiciaire pour insolvabilité. Retour sur une chute aussi spectaculaire que coûteuse.

Beaucoup trouvent les insectes répugnants, mais Ÿnsect, elle, y voyait l’avenir. La start-up française incarnait la foodtech de demain avec des fermes verticales d’insectes, une promesse écolo en béton armé, et des millions levés à tour de bras. Sauf que la réalité a fini par s’inviter à table. Et elle n’a pas été tendre.

Car le plus frappant, c’est l’ampleur des moyens engagés. Plus de 600 millions de dollars levés auprès d’investisseurs privés, publics et à impact. Parmi eux, Bpifrance et la FootPrint Coalition de Robert Downey Jr. Alors comment une telle entreprise a-t-elle pu se crasher aussi vite ? Ce n’est d’ailleurs pas seulement parce que les Occidentaux grimacent à l’idée de manger des insectes.

Ÿnsect et les insectes : une vision ambitieuse mais floue

Contrairement aux idées reçues, Ÿnsect ne misait pas d’abord sur l’alimentation humaine. Son vrai terrain de jeu, c’était l’alimentation animale et le petfood. Ce sont deux marchés énormes et deux réalités économiques très différentes. Mais le problème, c’est que la start-up n’a jamais vraiment choisi.

À cela s’est ajoutée une stratégie de diversification pour le moins confuse. En 2021, Ÿnsect rachète Protifarm, spécialiste néerlandais des insectes pour l’alimentation humaine. Un troisième marché. Alors même que son propre PDG, Antoine Hubert, reconnaissait que ce segment resterait marginal pendant des années.

Or, les revenus sont trop faibles pour soutenir l’ambition. Le chiffre d’affaires a plafonné à 17,8 millions d’euros en 2021, pendant que les pertes explosaient. En 2023, la start-up affichait une perte nette de près de 80 millions d’euros. À ce stade, l’écart entre la promesse et la réalité devenait difficile à ignorer.

Un pari financier de trop

Ÿnfarm est une giga-usine dans le nord de la France, présentée comme la plus grande au monde pour l’élevage d’insectes. C’était impressionnant, certes. Pourtant, dans les comptes, c’était un gouffre. C’est une dépense de trop. Des centaines de millions d’euros sont investis avant même d’avoir validé la rentabilité du modèle.

C’était un pari industriel colossal lancé trop tôt. Quand Ÿnsect réalise que l’alimentation animale est un marché ultra-sensible aux prix, il est déjà trop tard. Les protéines d’insectes coûtent plus cher que le soja ou la farine de poisson. Et le marché, lui, ne récompense pas la bonne volonté écologique.

Malgré un changement de direction, des fermetures de sites et des licenciements, la trajectoire ne s’est jamais redressée. Ce mois-ci, la liquidation est actée. Les actifs sont désormais à vendre.

Toutefois, l’échec de Ÿnsect ne signe pas la mort du secteur des protéines d’insectes. Des concurrents comme Innovafeed résistent mieux, avec une montée en puissance plus progressive. Mais cette faillite fait comprendre qu’en deep tech industrielle, lever des fonds ne suffit pas. Encore faut-il transformer l’essai, et passer de la vision à la réalité, sans se brûler les ailes.

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