Le stockage n’échappe plus à la spirale des hausses de prix. Après la RAM et les cartes graphiques, le SSD, perçu comme stable et abordable, s’apprête à devenir un nouveau casse-tête pour les utilisateurs de PC.
Le SSD s’est imposé dans tous les PC modernes grâce à ses performances et à des tarifs en chute libre. Cette période touche désormais à sa fin. Les principaux fabricants de mémoire flash réduisent la voilure. Tandis que la demande explose dans les centres de données et l’IA. Le stockage pourrait donc devenir le prochain composant à faire grimacer les joueurs, les professionnels et les assembleurs de PC.
Le stockage, prochain maillon faible du PC
Longtemps considéré comme le composant le plus abordable d’une configuration, le SSD est aujourd’hui menacé par un déséquilibre entre l’offre et la demande. D’après un rapport relayé par Chosun Biz, Samsung Electronics et SK Hynix prévoient de réduire leurs volumes dès 2026. Alors que ces deux entreprises assurent à eux seuls plus de 60 % de la production mondiale de mémoire flash NAND.
SSDs prices can skyrocket in coming months as two of the largest NAND manufacturers Samsung and SK Hynix are cutting down on NAND production to focus and divert manufacturing capacity to more profitable DRAM manufacturing. pic.twitter.com/Tyx6cAdJNh
— Sid 🇮🇳 (@sidduu96) January 21, 2026
Cette annonce est donc lourde de conséquences. Car la NAND est au cœur des SSD, des clés USB et de nombreux périphériques de stockage. Et cette contraction de l’offre intervient alors que la demande continue de croître. Cette dernière étant portée par les centres de données et les infrastructures liées à l’IA.
Par conséquent, les analystes estiment que la tendance historique à la baisse des prix du stockage grand public pourrait s’inverser. Ainsi, PC, tablettes et équipements professionnels risquent d’en faire les frais, avec des SSD plus chers. Et cela quelle que soit leur capacité.
Pourquoi Samsung et SK Hynix ferment le robinet
Derrière cette situation se cache une réallocation stratégique des capacités de production. Samsung prévoit de réduire sa production de NAND de 4,5 %. Pendant que SK Hynix viserait une baisse encore plus marquée, de 10,5 %. Selon les données d’Omdia, la production annuelle de plaquettes NAND de Samsung passerait de 4,9 millions à 4,68 millions. Tandis que SK Hynix descendrait de 1,9 à 1,7 million de plaquettes.
La raison c’est que la NAND est devenue bien moins rentable que d’autres technologies mémoire. Les deux groupes préfèrent investir dans la DRAM et surtout dans la mémoire à large bande passante (HBM), indispensable aux accélérateurs d’IA. Cette priorité donnée aux segments les plus lucratifs réduit alors la disponibilité de NAND pour le marché grand public.
✴️Samsung & SK hynix are deliberately cutting NAND output — and the price cycle is turning hard.
— SemiVision👁️👁️ (@semivision_tw) January 21, 2026
Despite the continued surge in AI demand, the world’s two largest memory makers are taking a counter-cyclical approach:
locking capacity instead of chasing volume.
Key points behind… pic.twitter.com/rm3c6UqRe6
À cela s’ajoute la transition technologique vers la mémoire QLC, plus adaptée aux besoins des centres de données. Le passage depuis la technologie TLC entraîne des pertes de rendement temporaires. Le temps d’installer les équipements et de stabiliser les lignes de production. Et ce ralentissement pèse encore davantage sur l’offre globale.
L’IA aspire la NAND et fait grimper les prix
Par ailleurs, il y a l’IA qui exerce une pression colossale. Selon Citi Securities, le futur accélérateur d’IA Vera Rubin de Nvidia embarquera jusqu’à 1 152 téraoctets de SSD. C’est soit plus de dix fois la capacité des solutions actuelles. Avec 30 000 unités attendues cette année et 100 000 l’an prochain, la demande additionnelle atteindrait 34,6 millions de téraoctets en 2026, puis 115,2 millions en 2027.
Face à ces chiffres, les marchés traditionnels des PC et des appareils mobiles se retrouvent en concurrence directe avec les géants de l’IA pour un volume de NAND de plus en plus limité. Et cette situation est idéale pour les fabricants. Puisqu’ils peuvent protéger leurs prix et améliorer leurs marges après plusieurs années difficiles.
$SNDK Detailed Analysis
— US Stock Sector Insights (@cabrera_rivero) January 22, 2026
First Target Price: $520 (Technical breakout above previous high, coupled with a 30%-35% price increase in NAND futures contracts in Q1)
Second Target Price: $580 (Bernstein's latest target price; widening NAND supply-demand gap under the AI storage… pic.twitter.com/ktTDd2cuEx
Les cabinets d’études prédisent même une hausse marquée des prix imminente. TrendForce prévoit une augmentation de 33 à 38 % des prix contractuels de la mémoire NAND dès le premier trimestre. Alors qu’IDC anticipe une croissance de l’offre limitée à 17 %. Ce qui est bien en dessous des moyennes historiques.
Pour les assembleurs de PC et les joueurs, le constat est donc un peu (ou trop) brutal. Après la RAM et les GPU, le stockage devient à son tour un poste de dépense sensible. Monter ou mettre à niveau un PC en 2026 pourrait coûter bien plus cher qu’aujourd’hui, mettant définitivement fin à l’âge d’or des SSD accessibles.
- Partager l'article :