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Surveillance des employés : comment Amazon a dépassé toutes les bornes

L’analyse des pratiques de surveillance des employés d’Amazon France Logistique par la CNIL, révèle des violations du RGPD. Cette découverte entraîne une amende de 32 millions d’euros pour atteinte à la vie privée des travailleurs.

Le 27 décembre, un tournant a eu lieu pour Amazon France Logistique. La CNIL a infligé une amende de 32 millions d’euros à l’entreprise. La raison ? Un système de surveillance des employés jugé excessivement intrusif. Amazon utilisait des scanners dans ses entrepôts, traquant chaque mouvement des employés. Ces dispositifs enregistraient les temps d’inactivité et le rythme de travail, obligeant les employés à justifier chaque pause ou interruption. La CNIL a estimé cette pratique comme un excès de suivi, allant au-delà de la simple gestion des performances.

La pression constante sur les employés

Amazon n’a pas seulement été épinglé pour son suivi excessif, mais aussi pour la pression constante exercée sur ses employés. La CNIL a repéré trois alertes importantes venant des scanners d’Amazon. D’abord, le « stow machine gun », un indicateur réactif. Il se déclenche si un article est scanné trop vite, soit en moins de 1,25 seconde.

Ensuite, « l’idle time », un signal d’inactivité. Il s’active lorsque le scanner reste inactif pendant plus de dix minutes. Le troisième indicateur est chronométrique. Il mesure le délai entre le badgeage d’un employé à l’entrée et son premier scan de colis.

Selon la CNIL, ces indicateurs exercent une pression constante sur les salariés. De ce fait, ils sont contraints de justifier chaque pause, même brève de trois ou quatre minutes. Cette méthode crée une atmosphère de « pression continue ». Cette situation touche des milliers d’employés chez Amazon. La CNIL a commencé à enquêter en 2019 après avoir lu des articles et reçu des plaintes des employés.

Réactions et conséquences pour Amazon

Amazon a rapidement réagi à la sanction de la CNIL. La firme a clairement exprimé son désaccord. « Nous sommes en profond désaccord avec les conclusions de la CNIL qui sont factuellement incorrectes », a déclaré Amazon. La société défend l’utilisation des systèmes de gestion d’entrepôt.

Pour Amazon, ces systèmes sont essentiels pour maintenir la sécurité, la qualité et l’efficacité. Ils jouent également un rôle vital dans la satisfaction des attentes des clients. En effet, ils assurent un suivi précis des stocks et un traitement efficace des colis.

Face à cette situation, Amazon n’est pas sans options. Dans ce contexte, la société dispose de deux mois pour agir, en faisant appel devant le Conseil d’État pour contester la décision de la CNIL. L’amende est conséquente, représentant environ 3 % du chiffre d’affaires d’Amazon France. Il s’agit d’une sanction significative en vertu des règles du RGPD.

Un manque d’information sur la vidéosurveillance

Outre la surveillance par scanners, la CNIL a aussi reproché à Amazon un autre manquement. La firme n’a pas bien informé ses employés sur la vidéosurveillance. Cette omission dans l’information sur la surveillance a été soulignée par la CNIL. L’organisme a déclaré envisager de futurs contrôles. Ceux-ci pourraient vérifier si Amazon améliore sa communication avec les employés.

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