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Telegram fournit secrètement vos données à la police

Telegram présente le chiffrement des données comme le principal point fort de sa messagerie. Pourtant, selon un rapport du journal Der Spiegel, l’entreprise basée à Dubai a coopéré avec les autorités allemandes dans le cadre d’enquêtes sur des crimes de terrorisme ou de pédocriminalité…

La confidentialité des données représente désormais une préoccupation majeure pour les internautes du monde entier. Face à l’indiscrétion des GAFAM, de nombreuses personnes cherchent des alternatives pour protéger leur vie privée.

Afin de répondre à cette demande, plusieurs applications mettent en avant la Data Privacy comme principal argument. C’est le cas de Telegram : l’application de messagerie proposant le chiffrement des données de bout en bout.

En théorie, tous les messages échangés via cette application sont totalement secrets. Seuls les utilisateurs détiennent la clé de chiffrement pour leurs conversations, et même Telegram ne peut y accéder.

Dans ses conditions d’utilisation, Telegram garantit la protection de tous les utilisateurs même s’ils n’activent pas l’option du chiffrement de bout en bout. La firme assure que les requêtes de données émises par les gouvernements sont systématiquement refusées.

Pourtant, un rapport du journal allemand Der Spiegel vient semer le doute concernant ces belles promesses. Selon plusieurs sources, Telegram aurait accepté plusieurs requêtes de l’Office Fédéral de la Police Criminelle allemand.

Les requêtes en question concernaient des suspects d’actes terroristes ou pédocriminels. En revanche, d’autres requêtes liées à d’autres enquêtes criminelles ont bel et bien été ignorées.

Le gouvernement allemand a aussi tenté de faire pression sur Telegram en vue d’une coopération dans la lutte contre les groupes extrémistes d’extrême droite. Ces derniers utilisent la plateforme de messagerie pour promouvoir leur cause et coordonner leurs actions.

Telegram ment en prétendant fournir « 0 byte de données » aux gouvernements

Même si la coopération de Telegram contre les terroristes et les pédophiles est louable, force est de constater que les conditions générales d’utilisation de l’application sont mensongères.

Dans la section FAQ de son site web, Telegram assure avoir transféré « 0 byte de données personnelles » à des tiers. Y compris les gouvernements.

Dans la section 8.3 de sa politique de confidentialité, mise à jour en 2018 pour la dernière fois, la firme assure toutefois qu’elle dévoilera les adresses IP et numéros de téléphone des utilisateurs aux autorités en cas de présentation d’un mandat lié à des accusations de terrorisme. Elle prétend toutefois ne l’avoir jamais fait.

En 2018, la Russie a banni Telegram suite à son refus de fournir les clés de chiffrement conformément à la loi fédérale antiterroriste du pays. Un accord a finalement été trouvé en 2020, permettant le retour de l’application avec des règles plus strictes.

Face au nouveau rapport publié par Der Spiegel, tout porte à croire que l’entreprise a finalement accepté de fournir les données au Kremlin.

L’entreprise basée à Dubai avait aussi promis de publier un rapport semestriel sur ses activités de divulgation. En réalité, elle n’a jamais publié aucun de ces rapports

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