Reconnaissance faciale : un innocent a passé 10 jours en prison par erreur

Au New Jersey, un homme a été accusé de vol à l’étalage et d’avoir tenté de renverser un agent avec une voiture. Il est le troisième homme noir connu à être arrêté à tort à cause de la reconnaissance faciale. L’affaire a commencé en janvier 2019 avant d’être classée au mois de novembre de la même année.

Les faits

En février 2019, Nijeer Parks a été accusé de vol à l’étalage dans un hôtel Hampton Inn de Woodbridge, dans le New Jersey. Il a également été accusé d’avoir tenté de bousculer un policier avec une voiture. La police l’avait identifié à l’aide d’un logiciel de reconnaissance faciale. L’homme était pourtant loin du système de reconnaissance faciale au moment des faits.

Parks a passé 10 jours en prison et a dû payer 5 000 dollars environ pour se défendre. En novembre 2019, l’affaire a été classée pour manque de preuves. M. Parks, 33 ans, a entamé des poursuites contre la police, le procureur et la ville de Woodbridge pour fausse arrestation, faux emprisonnement et violation de ses droits civils.

Il est la troisième personne connue pour avoir été arrêtée à tort à cause d’un mauvais match de reconnaissance faciale. Dans les trois cas, les personnes identifiées par erreur par cette technologie étaient des hommes noirs.

Une technologie peu fiable ?

La technologie de reconnaissance faciale a toujours été pointée du doigt à cause de ses défauts. En 2019, une étude nationale portant sur plus d’une centaine d’algorithmes de reconnaissance faciale a révélé que la reconnaissance faciale ne fonctionnait pas très bien sur les visages noirs et asiatiques.

Deux autres hommes noirs, Robert Williams et Michael Oliver, qui vivent tous deux dans la région de Detroit, ont également été arrêtés pour des faits similaires. Comme M. Parks, M. Oliver a intenté une poursuite pour arrestation injustifiée.

Nathan Freed Wessler, un avocat de l’American Civil Liberties Union estime que la police devrait cesser d’utiliser la technologie de reconnaissance faciale. Il a déclaré que les trois cas démontraient comment cette technologie nuit de manière disproportionnée à la communauté noire.

Scepticisme et crainte de la population

Selon M. Wessler, de nombreuses personnes se sont manifestées contre ces erreurs d’arrestation  à cause de cette technologie de surveillance défectueuse et envahissant la vie privée. Il craint qu’il y ait eu d’autres arrestations et même des erreurs de condamnations qui n’ont pas été révélées.

Les forces de l’ordre défendent souvent l’utilisation de la reconnaissance faciale, malgré ses défauts. Ils affirment que la technologie est seulement utilisée comme indice dans une affaire et ne mènera pas directement à une arrestation. Mais l’expérience de M. Parks prouve le contraire. L’arrestation est basée presque uniquement sur une correspondance suggérée par l’algorithme.

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