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L'équipe d'Allemagne s'est servie du Big Data et des logiciels SAP pour parvenir en demi-finale de l'UEFA Euro 2016

Euro 2016 – Voici comment l’Allemagne a « triché » grâce au Big Data

Afin d’obtenir un avantage stratégique pour l’UEFA Euro 2016, l’équipe d’Allemagne s’est associée au développeur de logiciels SAP. Ensemble, ils ont développé deux logiciels Big Data analytics leur permettant d’obtenir de nombreuses données sur leurs adversaires et de réagir aux éventuels changements tactiques de dernière minute. 

En 2006, lors du match entre l’Allemagne et l’Argentine en quart de finale de la Coupe du Monde, le gardien allemand Jens Lehmann avait emmené avec lui un petit morceau de papier sur lequel son coach avait griffonné des astuces pour arrêter les penalties argentins. L’Allemagne a gagné 4-2 aux tirs au but.

Dix ans plus tard, samedi 2 juillet 2016, lors du match Allemagne-Italie de l’Euro 2016, le gardien Manuel Neuer avait en sa possession des informations plus avancées sur la meilleure technique à adopter pour arrêter les penalties italiens. Une fois encore, la Mannschaft a triomphé 6-5 et s’est vue propulsée en demi-finale contre l’équipe de France.

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Derrière cette équipe aussi efficace en défense qu’en attaque, se cache une importante assistance technologique. Afin d’identifier les forces et les faiblesses de ses opposants dans le championnat UEFA, la German Football Association s’est associée avec SAP, pour développer deux nouvelles technologies basées sur les Big Data analytics (qui ont presque réussi à prédire les résultats des matchs de poule).

Euro 2016 : Challenger Insights et Penalty Insights Function

La première application, SAP Challenger Insights, offre des informations sur les caractéristiques des joueurs de l’équipe adverse. Leurs formations, leurs tendances offensives et défensives sont passées en revue et analysées en détail pour dégager des informations exploitables.

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Le second logiciel, Penalty Insights Function, est conçu pour aider les gardiens de but et les entraîneurs à repérer des patterns sur la manière dont les adversaires tirent les penalties. Une information particulièrement précieuse.

Ces deux applications étaient accessibles aux joueurs et aux entraîneurs depuis les vestiaires, par l’intermédiaire de tablettes iPad Pro et de la plateforme Cloud SAP HANA. Selon le global general manager for Sports & Entertainment de SAP, Stefan Wagner, « les joueurs peuvent voir en temps réel à quoi ressemble la formation de leurs opposants et rester pleinement concentrés ». 

Par exemple, si Mario Götze souhaite se renseigner sur un joueur de l’équipe adverse en particulier, il peut accéder depuis Challenger Insights aux données personnelles du joueur, à ses forces, à ses faiblesses, et à un maximum de six clips vidéo démontrant ses capacités. Ces renseignements représentent un atout non négligeable sur le terrain.

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Afin de prendre l’avantage tactique, il est fréquent que les équipes changent leur line-up à la dernière minute pour déstabiliser l’opposant. Par conséquent, en temps normal, les petits papiers de renseignements préparés pour connaître la stratégie adverse deviennent totalement inutiles. Ce n’est pas le cas avec Challenger Insights qui permet de s’adapter en temps réel à n’importe quel changement. Le coach n’a qu’à reproduire les changements au sein de l’application grâce à un simple glisser-déposer.

Une collaboration à l’échelle nationale

Pour développer cette technologie, SAP s’est associé avec l’université sportive Sporthochschule Cologne, afin de collecter et d’analyser des données sur chaque joueur et équipe adverse de l’UEFA 2016. Il s’agit, en somme, d’un travail d’équipe à très grande échelle.

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Pour mettre en place le logiciel Penalty Insights Function, SAP avait pour consigne de créer une application suffisamment simple pour que les joueurs puissent analyser les données eux-mêmes. Par exemple, Neuer pourrait trouver quels joueurs sont susceptibles de tirer les penalties, de quelle manière ils réagissent quand ils tirent sous pression, ou encore à quel endroit de la cage ils ont tendance à tirer.

Les données de référence historique ont été fournies par Heim:Spiel et traitées par SAP. Les informations s’accompagnent également de clips vidéo montrant les joueurs tirer des penalties dans chaque situation spécifique. Ces vidéos sont issues d’une base de données fournie par des tiers.

Selon Wagner, la nouvelle génération d’athlètes est totalement ouverte aux nouvelles technologies, et souhaite pouvoir consulter les données et les rapports en tout genre. La majorité des joueurs actuels de l’équipe nationale allemande ont en effet grandi avec la technologie. Le sport et la technologie sont désormais inséparables, et c’est particulièrement vrai pour le Big Data, comme l’illustrait notamment le film Moneyball.

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Le Big Data, un outil indispensable pour les sportifs et leurs coaches

La DFB et SAP collaborent depuis maintenant près d’une décennie, mais c’est en 2014, pour la Coupe du Monde, qu’ils se sont penchés pour la première fois sur le Big Data. SAP avait alors développé une application baptisée Match Insights, permettant aux entraîneurs de filtrer des vidéos pour vérifier comment réagissent les joueurs dans différentes situations spécifiques et analyser les données des rencontres. Ce logiciel s’accompagnait d’une application mobile, intitulée SAP Team One App, permettant aux joueurs et aux coaches de partages des vidéos, des images, des tactiques, et de communiquer en interne.

Compte tenu du résultat de la FIFA World Cup 2014, on peut dire que ces technologies ont porté leurs fruits. Par la suite, SAP a décidé de transformer ce logiciel en solution commerciale : SAP Sports One. Elle est principalement vendue aux clubs de football à l’internationale.

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Selon Wagner, la technologie utilisée par SAP pour développer ces différentes applications pourrait également être utilisée pour suggérer des tactiques d’entraînement et des stratégies, mais ni l’équipe allemande ni SAP n’ont exploré cette possibilité. Pour cause, la Mannschaft et SAP considèrent que l’équipe a son coach, et que c’est à lui de prendre les décisions. L’éditeur de logiciels se contente d’assister ces décisions à l’aide de faits.

Ce soir, dans le cadre de la demi-finale de l’Euro 2016 qui opposera la France à l’Allemagne, les logiciels SAP auront une nouvelle occasion de prouver leur efficacité. En tous les cas, même si les Bleus remportent la victoire, il sera temps pour l’équipe de France de s’intéresser à son tour aux Big Data analytics avant la prochaine Coupe du Monde.

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