Intel pourrait bientôt fabriquer une partie des futures puces IA d’Apple. Après plus d’un an de discussions. Ce contrat renforcerait la crédibilité industrielle du géant américain face à TSMC.
Apple pourrait bientôt confier une partie de la fabrication de ses futures puces IA à Intel. Selon le Wall Street Journal, les deux groupes auraient conclu un accord préliminaire après plus d’un an de discussions. Le marché ne s’y est d’ailleurs pas trompé. L’action Intel a bondi de près de 14 % après les révélations du média américain, tandis qu’Apple gagnait environ 2 %. Ce rapprochement représenterait surtout la validation la plus importante à ce jour pour l’activité de fonderie d’Intel. Elle, qui est longtemps considérée comme le point faible du groupe face à Taiwan Semiconductor Manufacturing Company.
Avec Intel, Apple veut réduire sa dépendance à TSMC pour ses puces IA
Depuis plusieurs années, Apple dépend presque de TSMC pour produire les puces les plus avancées de ses iPhone, Mac et futurs systèmes d’IA. Le fondeur taïwanais est aujourd’hui au cœur de l’écosystème mondial des semi-conducteurs avancés. Notamment grâce à sa maîtrise des procédés de gravure les plus fins.
Mais la montée en puissance de l’IA générative bouleverse l’équilibre du marché. Les besoins explosent et les capacités de production deviennent sous tension. Nvidia, Microsoft, Amazon, Google ou encore Meta mobilisent déjà une grande partie des lignes de fabrication les plus avancées. Apple doit donc sécuriser de nouvelles capacités industrielles pour éviter de dépendre d’un seul partenaire.
This is HUGE 🚨
— Shishir (@ShishirShelke1) May 8, 2026
Apple and Intel have reportedly reached a preliminary agreement for Intel to manufacture some of the chips powering future Apple devices.
The partnership could begin with future M-series chips for Macs & iPads, while iPhone chips could reportedly follow later as… pic.twitter.com/zgWbnkWiej
Selon l’analyste Ben Bajarin de Creative Strategies, Intel serait aujourd’hui “la seule alternative crédible” capable de devenir une seconde source industrielle à grande échelle pour Apple. Cette diversification permettrait au constructeur de réduire les risques liés aux tensions géopolitiques autour de Taïwan. Et aussi de garantir davantage de volumes pour ses futurs produits IA.
Intel tente son retour dans la course aux semi-conducteurs avancés
Pendant longtemps, l’activité de fonderie d’Intel a souffert de retards technologiques et de problèmes de rendement. Le groupe peinait à convaincre des clients externes capables de lui confier des puces critiques. La situation semble toutefois évoluer rapidement.
Intel accélère désormais ses investissements industriels, notamment aux États-Unis. Sa nouvelle usine de Chandler, en Arizona, produit déjà des puces basées sur le procédé 18A. Celui-ci est considéré comme la technologie la plus avancée de l’entreprise. Ce nœud de gravure doit concurrencer le futur procédé 2 nm de TSMC.
Mais Apple pourrait attendre la prochaine évolution technologique d’Intel, baptisée 18A-P. Selon Bajarin, cette nouvelle génération corrigerait plusieurs limites de la plateforme actuelle et pourrait entrer en production de masse dès l’année prochaine.
Pour Intel, un accord avec Apple aurait une portée symbolique énorme. Jusqu’ici, l’entreprise fabriquait surtout ses propres processeurs. Obtenir un contrat auprès du fabricant de l’iPhone reviendrait à démontrer que son activité de fonderie est enfin mature et compétitive face aux leaders asiatiques.
La guerre mondiale des usines IA s’accélère
Cette possible alliance illustre surtout l’intensification de la bataille mondiale autour des capacités de production de puces IA. Aujourd’hui, seules trois entreprises disposent réellement des technologies nécessaires pour produire les semi-conducteurs les plus avancés : TSMC, Intel et Samsung Electronics.
Apple aurait d’ailleurs également visité la nouvelle usine texane de Samsung afin d’évaluer ses futures capacités industrielles. Le constructeur américain cherche à multiplier ses options “dans un contexte où personne ne peut produire assez vite”, selon Bajarin.
Même si Apple se tourne partiellement vers Intel, cela ne représenterait pas une menace immédiate pour TSMC. Le groupe taïwanais fonctionne déjà quasiment à pleine capacité. Mais son PDG, CC Wei, a changé de ton récemment et qualifie Intel de “concurrent redoutable”. Cela montre que l’industrie prend désormais beaucoup plus au sérieux le retour d’Intel dans la fabrication avancée.
Par ailleurs, cette dynamique pourrait profondément remodeler l’équilibre mondial des semi-conducteurs IA dans les prochaines années. Souveraineté technologique, explosion de la demande, relocalisation industrielle aux États-Unis… Les géants de la tech cherchent désormais autant à sécuriser des capacités de production qu’à développer les puces elles-mêmes.
Pour Apple, l’enjeu dépasse donc la simple fabrication de composants. Il s’agit d’assurer l’avenir de sa stratégie IA, car en plus, le marché est devenu critique pour toute l’industrie technologique.
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