Stop aux galères hivernales ! Cet outil d’édition génétique promet de réduire la grippe à néant, pour qu’on retrouve notre énergie dès les premiers frissons.
Chaque année, des millions de personnes tombent malades et des centaines de milliers en meurent à cause de la grippe. Des vaccins et des antiviraux existent, mais le virus continue de jouer à cache-cache avec nos défenses. Non, ce n’est pas pour vous faire peur, mais vous dévoiler la réalité.
Heureusement, aujourd’hui, des chercheurs australiens et américains proposent une alternative radicale. Il met avant Crispr, un outil d’édition génétique, pour attaquer la grippe à la source. Et contrairement aux solutions traditionnelles, cette approche pourrait fonctionner sur presque toutes les souches connues, même la grippe K. Faisons le point.
Quel est cet outil d’édition génétique capable de mettre la grippe KO ?
Crispr n’est plus seulement un mot à la mode dans les conférences scientifiques. Wei Zhao, du Peter Doherty Institute for Infection and Immunity, l’explique clairement : « Cas13 peut cibler ces virus à ARN et les inactiver ». Concrètement, cette enzyme attaque l’ARN viral et empêche le virus de se multiplier.
Le processus ? Une injection ou un spray nasal contenant des nanoparticules lipidiques transporte un ARN messager qui ordonne aux cellules de produire Cas13. Puis, une deuxième molécule guide Cas13 vers la portion précise de l’ARN viral à couper. Ainsi, le virus est bloqué dès son entrée dans la cellule. L’inflammation typique des infections est donc réduite.
Ce n’est pas juste de la théorie. Parce que les tests sur des modèles de poumons humains sont encourageants. Donald Ingber, directeur fondateur du Wyss Institute, assure : « Nous n’avons pas observé d’effets hors cible. Nous avons supprimé la réplication virale ainsi que les molécules qui provoquent l’inflammation lors d’une infection ».
Contrairement à Tamiflu, Cas13 attaque les parties du virus qui ne changent pas, là où les traitements traditionnels échouent face aux mutations.
Modifier nos cellules pour résister
Mais Crispr ne se limite pas à Cas13. Il y a aussi Cas9, une autre enzyme de la panoplie Crispr. En revanche, celle-ci ne touche pas directement le virus. Elle modifie certains gènes humains pour rendre nos cellules moins accueillantes.
Nicholas Heaton, de l’Université Duke, explique : « Théoriquement, si vous pouvez inhiber ce gène et le faire inhaler, cela arrêterait la grippe ».
Le gène ciblé, SLC35A1, produit des sucres que le virus utilise comme récepteur. En limitant temporairement son fonctionnement dans des zones spécifiques du corps, le virus perd son accès aux cellules.
De ce fait, sa multiplication est freinée, sans danger pour l’organisme. Les chercheurs alternent Cas13 et Cas9 pour tester leur efficacité combinée, un peu comme une attaque à deux fronts contre le virus.
Nicholas Heaton nuance toutefois. Transporter ces nanoparticules jusqu’au cœur des poumons reste un défi, et le système immunitaire pourrait réagir à cette intervention. Mais si ces obstacles sont surmontés, on pourrait bien assister à la première éradication sérieuse de la grippe grâce à la génétique. Alors, seriez-vous favorable à une telle invention pour passer l’hiver en pleine santé ?
- Partager l'article :
