Et si la pénurie de mémoire vive trouvait enfin son antidote ? Intel sort Z-RAM, encore en phase prototype, qui pourrait changer l’équilibre face à la HBM, pilier des serveurs IA.
Depuis un certain temps, la mémoire vive traverse une zone de turbulences. Les prix grimpent et les stocks fondent. Les géants de l’IA engloutissent des quantités astronomiques de HBM pour entraîner leurs modèles. Dans ce contexte tendu, Intel revient avec une nouvelle architecture mémoire baptisée Z-RAM. Le prototype est déjà fonctionnel. Le géant de Santa Clara ambitionne de reprendre la main sur un marché qu’il a laissé filer depuis quarante ans.
Du concept au prototype fonctionnel
Début février 2026, Intel et SAIMEMORY ont publié un communiqué annonçant la technologie Z-RAM et ses ambitions. Le 3 février 2026, lors de l’événement Intel Connection Japan, le prototype physique a été montré au public pour la première fois.
Le Z-RAM existe bel et bien. Il est prêt à devenir le futur de la mémoire vive. Intel développe Z-RAM en partenariat avec Saimemory, filiale de SoftBank. Le message s’avère limpide. La firme américaine ne veut plus rester spectateur sur le segment de la mémoire haute performance.
L’enjeu dépasse la simple innovation technique. Pour cause, l’IA impose des besoins massifs en bande passante et en capacité. Les architectures DRAM classiques plafonnent. Intel tente donc un changement d’angle, au sens propre.
D’après les informations relayées sur le site SAIMEMORY, Intel affirme que Z-RAM offrirait une capacité deux à trois fois supérieure à la HBM actuelle. La firme évoque aussi une consommation divisée par deux. Elle parle même d’un coût de production réduit de 60 %.
Ces projections interviennent dans un contexte explosif. En effet, fin 2025, les prix de la HBM ont bondi de 30 %. Les lignes de production chez Micron et SK Hynix affichent complet jusqu’en 2027.
Le fonctionnement de ce Z-RAM d’Intel
Z-RAM d’Intel repose sur un empilement vertical de couches de DRAM, toujours selon SAIMEMORY. La différence se niche dans la topologie des connexions. Contrairement à la HBM, les interconnexions ne traversent pas les puces à la verticale.
Elles circulent en diagonale. Ce choix améliore la dissipation thermique. Or, la chaleur représente le principal frein à l’augmentation de la densité mémoire.
Intel avance des chiffres précis pour Z-RAM. La consommation énergétique baisserait de 40 à 50 %. La capacité pourrait aussi grimper jusqu’à 512 Go par puce. Pour les data centers, le gain potentiel devient stratégique.
Par ailleurs, Z-RAM d’Intel s’appuie sur la Next-Generation DRAM Bonding, développée dans le cadre du programme Advanced Memory Technology R&D. Le département américain de l’Énergie supervise ces travaux via le laboratoire national Sandia.
Joshua Fryman, chez Intel Government Technologies, le résume : les architectures mémoire standards ne répondent plus aux besoins de l’IA moderne.
Z-RAM d’Intel est-il donc une solution à la crise de RAM ?
La pénurie actuelle touche surtout la HBM, la mémoire haut de gamme utilisée dans les serveurs IA. Z-RAM d’Intel se présente donc comme une architecture alternative. Cela avec des promesses de capacité supérieure, une consommation énergétique réduite et un coût de fabrication potentiellement plus bas que celui des modules existants.
Oui, Z-RAM pourrait contribuer à atténuer la crise de la mémoire vive. En plus, la conception de cette technologie pourrait permettre d’augmenter fortement la densité mémoire tout en maîtrisant la chaleur et l’énergie.
Pourtant, ce ne sera pas une solution immédiate. Puisque selon le planning officiel, les premiers exemplaires avancés ne sont attendus qu’en 2027. La commercialisation possible ne sera pas que vers 2030.
Dans l’industrie des semi-conducteurs, quatre ans, c’est une éternité. D’ici là, les fabricants de HBM pourraient avoir augmenté leur capacité ou fait évoluer leurs propres technologies. Il est tout à fait possible qu’ils ne s’arrêtent pas à la situation actuelle.
Et un autre souci est que la « crise de la RAM » ne touche pas seulement la HBM. Les modules DDR utilisés dans les PC et serveurs classiques suivent des dynamiques différentes. Z-RAM est pensée avant tout pour les environnements haute performance (IA, data centers), pas pour remplacer la RAM standard des ordinateurs personnels.
Certes, Z-RAM d’Intel coche plusieurs cases techniques, comme l’architecture innovante, les gains énergétiques annoncés et la capacité accrue. Reste la variable la plus difficile à maîtriser : le timing. Puisque dans ce domaine, quatre ans peuvent tout changer.
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