Le marché crypto traverse une phase de tension qui dépasse la simple volatilité habituelle. La chute du Bitcoin fragilise les mineurs et ils ont décidé de couper leurs machines et de liquider leur matériel.
Le Bitcoin traverse une nouvelle zone de turbulence, et cette fois, ce ne sont pas seulement les investisseurs qui souffrent. Derrière les graphiques rouges, une autre réalité apparaît. Les mineurs, piliers techniques du réseau bitcoin, commencent à débrancher leurs machines et à revendre leurs rigs.
Les mineurs minent à perte, produire un Bitcoin ne couvre plus les coûts
Le prix du Bitcoin oscille actuellement autour de 63 000 dollars. C’est un niveau plus vu depuis l’automne 2024. La cryptomonnaie semble rester loin de ses anciens creux. Mais pour les mineurs, cette situation est beaucoup plus brutale. Je pense que cette différence de perception entre le grand public et les professionnels du secteur est essentielle pour comprendre la crise actuelle.
Selon les données relayées par Coindesk, le coût moyen pour produire un Bitcoin atteint désormais environ 87 000 dollars. Ainsi, chaque bloc miné génère des pertes. Alors que dans ce secteur les marges sont déjà serrées, ce déséquilibre change tout.
Le hashprice est un indicateur clé qui confirme la tension. Il mesure les revenus des mineurs par unité de puissance de calcul, et il vient d’atteindre son plus bas niveau historique, d’après la société Luxor Technology. Même avec des machines performantes, les gains des mineurs ne couvrent plus les coûts. À mon sens, c’est l’un des signaux les plus inquiétants pour la santé du secteur cryptomonnaie.
Or le minage est une activité énergivore par nature. Avec l’électricité, la maintenance, le refroidissement et le renouvellement du matériel, les charges fixes sont élevées. Et vu la hausse récente des prix de l’énergie (notamment lors des épisodes hivernaux) certaines opérations ne sont tout simplement plus viables.
Par conséquent, les mineurs réduisent leur activité, arrêtent des machines ou liquident une partie de leur parc pour limiter les pertes. Je trouve que cette phase de retrait montre à quel point le modèle économique reste fragile lorsque les conditions de marché se retournent.
⚡ Dip or Crash? Traders Know the Difference
— Crypto Promo (@CryptoVPromo) February 8, 2026
BTC hit $60K → social media panicked with “CRASH!”… but Bitcoin rebounded to $70K+ fast.
🟦 Dip = minor pullback
🔴 Crash = full-on panic → often signals the bottom
Panic spikes often coincide with market reversals.#Bitcoin… pic.twitter.com/PIWVYoZ6e1
Des rigs à vendre ou recyclés pour l’IA
Le phénomène va plus loin qu’un simple ralentissement. Plusieurs entreprises dans le Bitcoin commencent à revendre leurs équipements ou à les réaffecter, un mouvement rapporté par Bloomberg. Et même certaines infrastructures initialement dédiées au minage sont désormais utilisées pour alimenter des projets d’intelligence artificielle.
Le calcul haute performance nécessaire pour entraîner des modèles IA offre aujourd’hui des perspectives de revenus plus stables que le minage de cryptomonnaies. Ce basculement est donc stratégique. Il prouve que dans l’économie du calcul, la puissance informatique va là où la rentabilité est la plus prévisible.
Historiquement, les mineurs ont déjà coupé leurs machines lors de pics de prix de l’électricité ou de conditions extrêmes. Mais la situation actuelle est différente. Cette fois, la pression vient d’un cocktail durable avec le prix du Bitcoin en baisse, les coûts élevés et l’incertitude sur la reprise. À mon avis, c’est cette combinaison qui rend l’épisode actuel plus structurel que conjoncturel.
Certains acteurs du marché comparent déjà la situation à la période qui avait suivi l’interdiction du minage en Chine en 2021.
⛏️ #Bitcoin mining difficulty dropped ~11% – the biggest fall since 2021.
— deepyield.ai (@DeepyieldA) February 9, 2026
This is a market reset, not weakness.
For deepYield, it’s another reminder: crypto moves in cycles, and corrections build the base for the next growth. #crypto #cryptonews pic.twitter.com/o3NbI2ETRW
Le mythe de la valeur refuge mis à l’épreuve
Les partisans du Bitcoin présentent souvent cette phase de correction comme une valeur refuge face aux tensions géopolitiques ou à l’instabilité financière. Pourtant, les investisseurs semblent aujourd’hui chercher la sécurité ailleurs. Je trouve que cette divergence entre le discours et le comportement réel des marchés mérite d’être soulignée.
Selon CNN, l’or a récemment atteint des niveaux records, et il attire les capitaux en quête de stabilité. Le contraste est frappant, alors que les métaux précieux résistent, le Bitcoin subit d’énormes ventes.
Cette défiance alimente donc un cercle potentiellement dangereux. La baisse du prix du Bitcoin fragilise les mineurs. Des mineurs en difficulté vendent leurs réserves pour financer leurs opérations ou rembourser leurs dettes. Ces ventes supplémentaires accentuent la pression sur le marché. Et je pense que ce mécanisme peut accélérer la volatilité bien plus vite que ne l’anticipent certains investisseurs.
Daily bitcoin mining revenue has dropped to a yearly low of $28M as $BTC prices fall, power costs rise, and hash price sinks to around 3 cents per terahash
— Fury (@FuryMetaa) February 9, 2026
Miners are shutting down machines, stocks are sliding, and the ongoing crypto winter is crushing margins across the sector pic.twitter.com/3awmdkEhHJ
Certains analystes évoquent déjà le risque d’une véritable spirale baissière, avec des scénarios extrêmes autour des 30 000 dollars si la dynamique ne s’inverse pas.
Ce que la fuite des mineurs annonce pour la suite
La revente des rigs n’est pas qu’un symptôme conjoncturel. Elle révèle une transformation plus profonde de l’écosystème. À mon sens, c’est même l’un des indicateurs les plus intéressants à surveiller dans les prochains mois.
D’abord, le secteur pourrait entrer dans une phase de consolidation. Les acteurs les moins efficaces ou les plus endettés risquent de disparaître. Ils laisseront la place à des structures mieux capitalisées et disposeront d’accès à une énergie moins chère.
Ensuite, la concurrence entre usages du calcul s’intensifie. Entre IA, cloud et blockchain, la puissance informatique devient une ressource stratégique. Si l’IA continue d’offrir de meilleurs rendements, une partie durable des capacités pourrait quitter le minage. Qui plus est, je trouve que cette compétition entre secteurs technologiques est souvent sous-estimée.
Par ailleurs, vu cette crise, qu’en est-il du fait que la sécurité du réseau Bitcoin repose sur la puissance de calcul des mineurs. Si trop d’acteurs se retirent, l’équilibre économique du système pourrait être mis sous pression. Même si les mécanismes d’ajustement de difficulté amortissent en partie le choc.
Alors, pour les investisseurs comme pour les acteurs industriels, le marché Bitcoin entre dans une phase de sélection naturelle. Les prochains mois diront si cette purge prépare un nouveau cycle ou si le modèle économique du minage doit, lui aussi, se réinventer.
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