Cette année, Meta s’apprête à sortir le chéquier comme jamais auparavant selon le New York Times. Le géant californien prévoit d’investir entre 115 et 135 milliards de dollars. Ce, contre 72 milliards de dollars dépensés en 2025. Ce qui fait presque le double.
L’an dernier déjà, Meta avait accéléré la cadence en augmentant fortement ses dépenses liées aux centres de données. Quitte à prendre progressivement ses distances avec la réalité virtuelle.
Cette année, la société appuie encore plus fort sur l’accélérateur avec cette prévision qui frôle désormais les sommets.
Une telle somme, pourquoi ?
Une grande partie de cet argent sera consacrée à la construction d’infrastructures informatiques dédiées à l’IA. Centres de données géants, serveurs ultra-puissants et énergie à très grande échelle deviennent les nouveaux piliers de la stratégie du groupe.
À cela s’ajoute un recrutement massif de chercheurs et d’ingénieurs. Ils seront chargés de développer un modèle d’intelligence artificielle présenté comme « superintelligent ».
Ce modèle serait capable, selon Meta, de performances presque hors normes. Cette montée en puissance est rendue possible par la solidité de l’activité principale du groupe : la publicité en ligne.
Au quatrième trimestre, Meta a enregistré près de 60 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 24 % sur un an. Le bénéfice a également progressé, atteignant 22,76 milliards de dollars. Des chiffres qui permettent à l’entreprise de financer ses ambitions sans trop inquiéter, pour l’instant, les marchés.
Que faut-il lire entre les lignes ?
Pour tout vous dire, Mark Zuckerberg ne cache pas son enthousiasme. Il affirme que 2025 a été une excellente année sur le plan commercial. Et il se projette déjà vers 2026, avec l’ambition de proposer une « superintelligence personnelle » accessible au plus grand nombre.
Toutefois, derrière cette déclaration ambitieuse se cache un détail. Meta a pris du retard dans la course à l’IA et a dû revoir en profondeur son organisation. Au printemps dernier, l’entreprise a restructuré sa division IA, misant sur de nouveaux talents et une nouvelle gouvernance.
L’investissement de 14,3 milliards de dollars dans Scale AI, spécialiste de l’annotation de données, en est l’exemple le plus marquant. Le PDG de la start-up, Alexandr Wang, a d’ailleurs été propulsé à la tête de la stratégie IA de Meta, aux côtés de Nat Friedman, ancien patron de GitHub.
Le plan de Meta
Pour porter sa nouvelle vision, Meta a créé un laboratoire dédié, baptisé TBD Lab. Son premier grand projet, un modèle d’IA surnommé Avocado, devrait voir le jour au cours du premier semestre.
Cela dit, il sera observé de près. Car ses performances face aux modèles de Google et d’OpenAI constitueront le premier véritable test des investissements colossaux consentis par le groupe. Mais la frénésie ne s’arrête pas là.
Meta a récemment racheté Manus. Il s’agit d’une start-up singapourienne spécialisée dans l’IA, pour 2 milliards de dollars. L’opération intervient dans un contexte réglementaire plus favorable. Après une décision de justice estimant que les rachats passés d’Instagram et de WhatsApp n’avaient pas enfreint le droit de la concurrence.
L’essentiel des nouveaux investissements ira toutefois dans les infrastructures, via l’initiative Meta Compute. Mark Zuckerberg évoque des centres de données capables de produire des dizaines, puis des centaines de gigawatts à terme.
Pour info, ce projet titanesque a déjà conduit au recrutement de Dina Powell McCormick pour piloter les opérations financières liées à ces installations.
En parallèle, Meta continue de réduire la voilure sur la réalité virtuelle. Dix pour cent des effectifs de Reality Labs ont été licenciés, même si l’entreprise assure ne pas abandonner le métavers.
Les lunettes connectées dopées à l’IA rencontrent d’ailleurs un certain succès commercial, malgré des pertes encore lourdes pour la division.
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