Ubisoft en crise

Ubisoft : mutinerie chez le géant français du jeu vidéo ! On vous explique la crise

Ubisoft traverse une crise interne depuis plusieurs années. Des documents fuités révèlent que la direction du géant du jeux vidéo impose un retour strict au bureau et annule plusieurs projets emblématiques. Que se passe-t-il réellement ?

La situation chez Ubisoft se complique. Ce n’est plus seulement une question de chiffres ou de résultats financiers. La crise s’invite dans les open spaces et dans les salons des joueurs. Les documents internes qui viennent de fuiter décrivent un plan de redressement brutal, au-delà de ce que les investisseurs pensaient. La flexibilité ? Oubliée. Le télétravail ? Terminé. Et certains projets phares disparaissent sans prévenir.

Ubisoft face à la crise : une réorganisation en profondeur du fonctionnement

« Ubisoft franchit une étape cruciale. » C’est ainsi qu’Yves Guillemot, président-directeur général, a décrit la restructuration. ll l’a annoncé le 21 janvier lors d’une conférence de presse. En effet, pour faire face à la crise, Ubisoft se met à une refonte en profondeur de son organisation. Plusieurs mesures concrètes sont déjà mises en place.

La première mesure impose un retour au bureau obligatoire pour toutes les équipes, jusqu’à cinq jours par semaine, selon GamesIndustry.biz . Pourquoi donc ? L’idée est de stimuler la créativité collective. Les syndicats dénoncent une technique pour provoquer des départs volontaires sans verser d’indemnités. La manœuvre touche particulièrement les employés seniors, habitués au télétravail et aux horaires flexibles.

La saignée continue. Il y a aussi la fermeture brutale du studio d’Halifax, survenue juste après sa syndicalisation. Cela illustre la sévérité de la direction. Et le pire, d’autres sites pourraient suivre. 

Pour les joueurs, la pilule est amère. Parce que six projets en développement sont annulés, comme le rapporte The Verge dans son article. Parmi eux, le remake tant attendu de Prince of Persia : Sands of Time.

Ces décisions traduisent une inquiétude financière persistante. Ubisoft semble jouer gros, quitte à briser la confiance avec ses équipes. L’image d’un éditeur solide et créatif se fissure, et le message adressé aux salariés ne laisse guère de place au doute. Ceux qui résistent risquent de s’épuiser avant l’entreprise elle-même.

La stratégie de l’attrition forcée

Pour relancer sa machine, Ubisoft change aussi son modèle de production dès avril. Le producteur mise sur une organisation inédite dans l’industrie. Le groupe se structure autour de cinq « maisons de création », chacune dédiée à un genre précis. 

Ce chiffre symbolique rappelle le nombre de membres de la fratrie Guillemot, fondateurs de l’entreprise en 1986. Chaque maison disposera de son propre pouvoir décisionnel, tandis que le siège gardera la main sur les orientations stratégiques et l’allocation des budgets.

Cette organisation vise à décentraliser le fonctionnement de l’entreprise, explique Marie-Sophie de Waubert, directrice des studios. Les équipes techniques, marketing, de production et de distribution seront mutualisées, mais chaque maison pourra développer sa propre vision créative.

Une première étape a déjà été posée fin 2025 avec le lancement de Vantage Studios, supervisant les licences phares comme Assassin’s Creed, Far Cry ou Tom Clancy’s Rainbow Six. En novembre, un géant chinois du jeu vidéo y a investi 1,16 milliard d’euros pour acquérir plus de 25 % du studio.

La répartition des maisons couvre tous les segments du catalogue. Parmi eux, les jeux de tir (The Division, Ghost Recon), les jeux services en ligne (For Honor, The Crew), les univers fantastiques (Anno, Rayman, Prince of Persia, Beyond Good & Evil) et les jeux familiaux (Just Dance).

Des solutions aux dessous moins reluisants

Cette réorganisation ambitieuse intervient alors que le groupe accumule des échecs commerciaux depuis 2020 et que l’action a chuté de 51 % en 2025. La restructuration devrait également entraîner une perte opérationnelle de 1 milliard d’euros pour 2025-2026.

La réorganisation en « Maisons Créatives », présentée comme une modernisation, masque mal la réalité. Chaque structure se concentre sur une licence historique, mais la manœuvre semble surtout destinée à isoler les pertes. 

Les similitudes avec les grandes technologies en crise sont frappantes. Cela avec une fragmentation des activités, une pression accrue sur les équipes et une mise à l’écart des projets non rentables.

En plus, ce langage corporate cache une stratégie cynique mais efficace, qui est le « licenciement silencieux ». En effet, les conditions de travail deviennent intenables pour certains. Ce qui poussent les talents à la démission sans compensation. Une méthode redoutable pour réduire les coûts sociaux, surtout en France où les indemnités peuvent être lourdes.

Ubisoft ne cherche plus à retenir ses talents. Les profils expérimentés quittent déjà le navire. Cela anticipe une dégradation de leur quotidien professionnel. La fermeture d’Halifax illustre d’ailleurs la tension. Un studio syndicalisé est fermé brutalement, laissant un goût amer dans la bouche des employés et des joueurs.

Pour les amateurs de jeux vidéo, cette crise d’Ubisoft est aussi visible dans le catalogue. L’annulation de projets emblématiques risque de ralentir la cadence des sorties et de réduire l’attrait des licences historiques. La direction, concentrée sur le court terme et l’optimisation des coûts, mise sur une attrition naturelle des salariés et sur la réorganisation interne.

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