PimEyes : un moteur de recherche de visages et d’images inversées

PimEyes suscite autant de curiosité que d’inquiétude. Ce moteur de recherche ne se contente pas de retrouver une image. Il identifie un visage et le traque sur le web ouvert.

Nous faisons le point sur son fonctionnement, ses tarifs et les risques qu’il soulève. 

Qu’est‑ce que PimEyes ? 

Youtube video

PimEyes associe intelligence artificielle et recherche d’image inversée. Là où Google Images analyse la composition globale, cet outil se concentre uniquement sur la géométrie du visage. Coiffure, vêtements et arrière‑plan sont ignorés. Téléversez une photo. En quelques secondes, le moteur affiche les pages web où une personne apparaît. 

La version gratuite montre des résultats floutés. Pour accéder aux liens sources, créer des alertes ou demander un retrait, trois formules payantes sont disponibles. 

Tarifs et formules d’abonnement en 2026 

Le plan Open Plus coûte 29,99 USD par mois. Il permet 75 recherches par jour et jusqu’à 10 alertes

Le plan PROtect démarre à 79,99 USD par mois. Il offre 100 recherches par jour et 20 alertes. Il inclut également un nombre de demandes de retrait DMCA/RGPD limité à 100 par mois. Deux extensions existent : PROtect Plus (200 demandes) et PROtect Pro (400 demandes). Le prix de PROtect varie selon le palier choisi. 

L’offre Advanced, à 299,99 USD par mois, autorise des recherches illimitées, jusqu’à 500 alertes, des exports PDF/CSV et des filtres avancés. 

Tous les abonnements acceptent carte bancaire, PayPal, Google Pay et Apple Pay. La résiliation est possible à tout moment, l’accès restant actif jusqu’à la fin de la période payée. 

PimEyes ne scrute ni Facebook, ni Instagram, ni TikTok. Cependant, des images publiques migrent fréquemment vers des sites miroirs comme Picuki ou Urlebird. Ces derniers sont indexés, ce qui élargit fortement le champ des résultats. 

Comment la reconnaissance faciale opère‑t‑elle ? 

Youtube video

Un algorithme mesure l’écart des yeux, la forme de la mâchoire et le contour du nez. PimEyes préfère parler d’« index photographiques » plutôt que d’empreintes biométriques. Sa technologie combine formes, couleurs et contrastes sans extraire, selon l’entreprise, de données biométriques. Les régulateurs européens considèrent au contraire qu’il s’agit d’un traitement de données sensibles au sens du RGPD. 

Ces signatures numériques sont comparées à une base de données qui dépasse désormais 3,5 milliards d’index photographiques. Une personne apparaissant avec une coupe différente ou sous un autre angle peut ainsi être repérée. 

Une puissance accessible, une fiabilité variable 

PimEyes se démarque par son ouverture au grand public. Clearview AI, son concurrent direct, reste réservé aux forces de l’ordre et à certaines agences. PimEyes, lui, accepte n’importe quel utilisateur. Des tests menés par le New York Times ont montré une précision troublante, capable de retrouver des visages même partiellement masqués. Les photos floues, de profil ou très anciennes produisent toutefois davantage de faux positifs. La fiabilité varie donc beaucoup selon la qualité de l’image. 

Bientôt une extension pour analyser les vidéos 

L’été dernier, l’entreprise a présenté un projet d’extension capable d’analyser des milliards d’images issues de vidéos en ligne. Un visage filmé lors d’un concert ou d’une manifestation pourrait être identifié automatiquement. L’outil n’est pas encore déployé, mais son annonce a suscité de vives réactions chez les défenseurs des libertés. 

La justice saisie, l’AI Act en ligne de mire 

Le 30 avril 2026, l’association autrichienne NOYB a déposé une plainte contre l’autorité de protection des données de Hambourg. Cette dernière avait reconnu les pratiques de PimEyes comme illégales, mais refusait d’agir, prétextant que le siège social se trouve à Dubaï. Saisir la justice vise à forcer les régulateurs à utiliser tous les leviers disponibles : geler des fonds en Europe, exiger des hébergeurs qu’ils coupent les ponts ou prendre des mesures contre les dirigeants. 

Sur le plan légal, l’interdiction du moissonnage non ciblé d’images faciales est déjà en vigueur depuis le 2 février 2025 (article 5 de l’AI Act). L’application complète aux systèmes à haut risque suivra le 2 août 2026. Si la justice donne raison à NOYB, PimEyes pourrait devoir suspendre ses activités en Europe. Professionnels du numérique, juristes et défenseurs des libertés suivent ce feuilleton de très près. 

La base de données et le service de désinscription 

PimEyes ne stocke pas les photos originales. Le moteur génère des « index photographiques » liés à une adresse URL. Ces signatures ne contiennent ni nom ni adresse mail. Le lien avec une identité réelle n’est jamais direct. 

Pour atténuer les dérives, la plateforme bloque les comptes aux activités suspectes. Chaque personne peut demander le retrait de ses images des résultats de recherche via un formulaire d’optout gratuit. Son efficacité a toutefois été contestée : le New York Times a rapporté qu’il n’avait pas fonctionné lors d’un test en 2022. Les abonnés PROtect peuvent utiliser des demandes DMCA/RGPD, mais le nombre est plafonné (100, 200 ou 400 par mois). Une difficulté persiste : les photos supprimées réapparaissent régulièrement sous une adresse URL différente. PimEyes améliore ses listes de blocage pour détecter ces sites miroirs. 

À quel point est‑il dangereux ? 

PimEyes brise l’anonymat en quelques secondes. Photographier une personne dans la rue, charger le cliché dans le moteur et remonter jusqu’à son identité devient techniquement possible. Le harcèlement, le stalking et la surveillance de masse s’en trouvent amplifiés. PimEyes moissonne sans consentement des images personnelles extraites de blogs, de sites de mariage ou d’articles de presse.)

L’organisation NOYB rappelle que « PimEyes a amassé des milliards de données biométriques sur des personnes innocentes, sans qu’elles le sachent, et les rend accessibles à tous ». La société, successivement domiciliée en Pologne, aux Seychelles, au Belize et à Dubaï, voit son dirigeant opérer depuis Tbilissi, en Géorgie. Cette instabilité géographique complique l’action des régulateurs européens. 

Trois gestes pour protéger votre présence en ligne 

  • Surveillez votre empreinte. Faites une recherche régulière sur PimEyes pour voir où votre visage apparaît. 
  • Demandez le retrait. Remplissez le formulaire d’opt‑out, en gardant conscience de ses limites. Abonnez‑vous à PROtect si vous avez besoin de demandes formalisées. 
  • Activez les alertes. Recevez une notification chaque fois qu’une nouvelle image est indexée. 

FAQ 

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PimEyes estil gratuit ?

Une recherche basique affiche des résultats floutés. Pour accéder aux liens sources, créer des alertes ou demander un retrait, la plateforme exige un abonnement payant (Open Plus à partir de 29,99 USD/mois).

Comment fonctionne la recherche ?

Vous téléversez une photo de visage. L’algorithme génère un « index photographique » et le compare à plus de 3,5 milliards d’index photographiques sur le web ouvert. Les résultats s’affichent avec les adresses des pages sources. 

Les réseaux sociaux sontils inclus ?

Non. Les moteurs de recherche n’explorent pas directement Facebook, Instagram et TikTok. En revanche, ils indexent des sites miroirs qui republient ces contenus publics (comme Picuki ou Urlebird).

Puisje faire supprimer mes photos ?

Oui. Un formulaire d’opt‑out gratuit permet de retirer vos images des résultats PimEyes, mais son efficacité suscite des doutes. Les abonnés aux plans PROtect peuvent envoyer 100, 200 ou 400 demandes de retrait par mois. Les photos supprimées peuvent réapparaître sous une URL différente. 

Quelle est la fiabilité des résultats ?

La précision varie selon la qualité de l’image. Des clichés nets et de face donnent de très bons résultats. Les photos floues, de profil ou anciennes génèrent davantage de faux positifs. Les tests du New York Times ont montré une capacité à retrouver des visages même partiellement masqués. 

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