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Anonymous : tout savoir sur le groupe de hacktivistes

Anonymous est un groupe organisé de pirates informatiques et d’activistes politiques qui a commencé en tant que collectif en 2003 sur 4chan, un forum de discussion anonyme. Désigné comme étant une communauté de hacktivistes, ce groupe se fixe principalement comme objectif de défendre la liberté d’expression. 

Un collectif créé vers 2003

La date exacte de la création d’Anonymous reste à ce jour méconnue. Mais depuis 2003, le collectif a commencé à s’attribuer le mérite de divers piratages et attaques DDoS (attaques par déni de service distribué). Pour communiquer, les membres de la communauté ont établi des codes. Lorsqu’ils apparaissent en public par exemple, ils arborent le masque de Guy Fawkes, personnage du film V pour Vendetta. Ce masque, garant de leur anonymat, apparaît pour la première fois lors des manifestations devant les sièges de l’Église de Scientologie en 2008 et devient à partir de la leur signature.

Anonymous revendique selon leurs termes la liberté d’expression et l’ouverture absolue d’Internet qu’ils poursuivent à travers des campagnes de piratage. Ils ont commencé petit en supprimant par exemple des articles sur des sites web, des textes qui, selon eux, remettent en question cette notion de liberté d’expression. La communauté pratique aussi régulièrement le doxing qui consiste à récolter les données personnelles de la cible avant de les exposer publiquement le plus largement possible. 

Des attaques de plus en plus sophistiquées, du web à la rue

Tout savoir sur Anonymous

Anonymous s’attaque activement à des organisations qui, de leur point de vue, bafouent les valeurs fondamentales du groupe. L’Église de Scientologie, les gouvernements (celui d’Australie, d’Égypte, d’Iran et du Zimbabwe), les anti-LGBT, …  ne sont qu’un aperçu de leurs cibles. Anonymous est connu pour être un groupe de hacktivistes. Autrement dit, des activistes qui opèrent à travers des campagnes de hacking. Néanmoins, les membres sortent parfois de cette zone en organisant des raids, des manifestations, etc. Dans tous les cas, ces actions n’ont cessé de prendre de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des années. Voici quelques-unes de leurs actions.

Le raid de la piscine

En 2006, un parc d’attractions a refusé l’accès à la piscine à un enfant séropositif, craignant la transmission de la maladie. Les Anonymous ont entrepris de défendre cet enfant en manifestant à l’entrée de la piscine. Depuis lors, la communauté est devenue très active dans la lutte contre les discriminations et le racisme.

Le raid de l’Hôtel Habbo

Sur le jeu en ligne Habbo sorti vers les années 2000 (2004 pour la version française), les joueurs créent un avatar pour évoluer dans un monde virtuel. En 2006, les Anonymous ont ouï-dire que les modérateurs du jeu bannissent trop souvent les avatars noirs. Les activistes ont décidé de se révolter contre cette «  injustice » en envahissant les hôtels Habbo d’avatars, vêtus de costumes gris et coiffés en afro. Cela s’est déroulé le 12 juillet 2006. Suite à quoi ils ont accusé Habbo de racistes. Le groupe a réitéré l’action un an après, soit le 12 juillet 2007.

La guerre contre l’Église de Scientologie

En janvier 2008, une vidéo a fuité de l’Église de Scientologie. La vidéo, dans laquelle Tom Cruise proclame, en partie, que les scientologues sont les seuls experts de l’esprit, a été retirée par YouTube à la demande de l’Église de Scientologie. Suite au retrait de la vidéo, les Anonymous ont riposté contre ce qu’ils considèrent comme de la censure sur Internet. Les informaticiens de la communauté auraient dégradé certains sites de l’église. D’autres ont été victimes d’attaques par déni de service. Il y a également eu des attaques de spamming.

Le groupe publie également une vidéo sur YouTube. Une voix synthétisée prononce la déclaration suivante : « Au fil des ans, nous vous avons observé, vos campagnes de désinformation, votre suppression de la dissidence, votre nature litigieuse. Toutes ces choses ont attiré notre attention. Avec la fuite de votre dernière vidéo de propagande, l’étendue de votre influence malveillante sur ceux qui en sont venus à vous faire confiance en tant que dirigeants nous est clairement apparue. Anonymous a donc décidé que votre organisation devait être détruite, pour le bien de vos disciples, pour le bien de l’humanité et pour notre propre plaisir. Nous allons procéder à votre expulsion d’Internet et démanteler systématiquement l’Église de Scientologie sous sa forme actuelle. Nous sommes Anonymes. Nous sommes légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Attendez-nous ».

Rupture avec WikiLeaks

Tout savoir sur Anonymous

Il semblerait que les fuites dignes d’intérêt publiées sur le site WikiLeaks (comme les caches des mails de Stratfor) soient fournies par les hackers d’Anonymous. En 2010, le groupe de hacktiviste considère que WikiLeaks s’éloignait de sa conviction première. Anonymous dit être inquiet de la direction que prend WikiLeaks depuis un certain temps. Au cours du dernier mois, l’attention s’est éloignée de plus en plus des fuites réelles et de la lutte pour la liberté d’information alors qu’elle se concentrait de plus en plus sur Julian Assange. Ce dernier n’est autre que le fondateur du site.

La participation au Printemps Arabe 

Des profondeurs de l’univers geek, Anonymous a connu une ascension rapide et fulgurante jusqu’à devenir un catalyseur et un centre névralgique pour les révolutionnaires de la vie réelle. Avec des campagnes très médiatisées centrées sur les attaques par déni de service distribué (DDoS), la communauté est passée d’un groupe marginal de farceurs enfreignant la loi (avec les livraisons de pizzas à une fausse adresse par exemple) à un mouvement international qui attire de nouvelles recrues par milliers.

Au moment du Printemps Arabe, Anonymous était présent depuis le début. Les médias du monde entier ont mis du temps pour savoir qu’une révolution se préparait. Les Anons tunisiens ont collaboré avec leurs homologues internationaux à l’opération Tunisie, qui a été lancée le 2 janvier 2011, bien avant que la plupart des médias occidentaux ne sachent qu’une révolution était en cours.

Ils ont utilisé leur intelligence collective pour développer un script  pour aider les Tunisiens à échapper à une vaste campagne de phishing menée par le gouvernement. L’opération Égypte, quant à elle, a été lancée le 25 janvier à la demande d’activistes égyptiens. Les Anons ont travaillé en collaboration avec Telecomix, un cluster qui utilise des moyens légaux pour promouvoir la liberté d’expression, pour restaurer des miroirs et des proxys pour aider à restaurer l’accès des Égyptiens aux sites censurés par le gouvernement.

Riposte contre la fermeture de Megaupload 

En 2012, le démantèlement de Megaupload.com, l’un des plus grands sites Web de partage de fichiers au monde, a provoqué des représailles rapides du groupe. Pour contre-attaquer, Anonymous a lancé une série d’attaques en ligne contre des organismes gouvernementaux américains, dont le FBI et le ministère de la Justice. Les sites web de ces deux institutions ont notamment été supprimés.

Dans une série d’attaques, Anonymous avait également supprimé les sites de la Motion Picture Association of America (MPAA), de Warner Music Group, d’Universal Music et de la Recording Industry Association d’Amérique (RIAA). Certains ont été rapidement restaurés. Certes, le groupe a été poussé à l’action par la fermeture de Megaupload, mais les attaques semblent également être une protestation contre des organisations, dont la RIAA et la MPAA, qui ont soutenu les projets de loi Stop Online Piracy Act.

Soutien à Charlie Hebdo

Après l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, Anonymous avait diffusé une vidéo déclarant la guerre contre les responsables de la tuerie. Le groupe avait juré qu’il vengerait les innocents tués dans cette attaque terroriste. Le groupe a notamment supprimé le site web islamiste ansar-alhaqq.net (bien que l’action n’ait pas été revendiquée par les Anons). La communauté avait également signalé des comptes Twiiter d’islamiste radicaux à travers la campagne #OpCharlieHebdo.

Déclin des Anons et retour

La fréquence des opérations revendiquées par les membres du groupe Anonymous a considérablement diminué après que le FBI a infiltré la communauté en 2011. Un groupe d’anciens pirates informatiques a aidé le FBI à identifier un acteur majeur dans une branche du groupe appelé LulzSec. Cela a finalement conduit à son arrestation. Suite à quoi, le groupe a ralenti ses activités. Cela s’explique probablement par une prudence accrue des membres qui font profil bas suite à cette arrestation et d’autres qui ont suivi ( Jake Leslie Davis dit Topiary, Hector Xavier Monsegur alias Sabu, Barrett Brown, …). Cependant, le groupe continue d’annoncer des actions et d’émettre des avertissements via son site officiel et son compte Twitter.

Fin mai 2020, alors que les manifestations contre le meurtre de George Floyd commençaient, des informations ont commencé à circuler selon lesquelles le groupe de pirates informatiques anonymes était de retour. Les rumeurs ont commencé avec une vidéo représentant une figure vêtue de noir dans le masque de Guy Fawkes. Le clip a suscité un regain d’enthousiasme pour Anonymous, notamment chez les jeunes. Les comptes Twitter associés au groupe ont vu une vague de nouveaux abonnés qui se comptent en millions.

Reprise des actions ?

Tout savoir sur Anonymous

Une série de hacks a suivi la sortie de la vidéo. Les médias ont émis l’hypothèse que c’était Anonymous qui avait détourné les scanners de la police de Chicago les 30 et 31 mai. De même, lorsque le site web du département de police de Minneapolis a été la cible d’une attaque DDoS, les médias sociaux ont de suite attribué cette action à Anonymous. La page web d’une agence des Nations Unies a également été défigurée et remplacée par un mémorial portant un symbole anonyme qui disait « Rest In Power, George Floyd ! ». Anonymous a encore une fois été cité par les médias.

Trois semaines plus tard, le 10 juin, une personne s’identifiant comme anonyme a divulgué des centaines de gigaoctets de fichiers de police internes de plus de 200 agences à travers les États-Unis. Le piratage, intitulé #BlueLeaks, contenait peu d’informations sur l’inconduite de la police. Cependant, il a révélé que les forces de l’ordre locales et fédérales ont diffusé des informations erronées et exagérées aux policiers du Minnesota pendant les troubles de mai et juin. Et ils ont fait des efforts pour surveiller l’activité des manifestants sur les réseaux sociaux. La structure du groupe ne permet pas d’identifier l’envergure actuelle de la communauté, ni même de confirmer son (in)existance. En tout cas, dans cette dernière vidéo, le narrateur conclut comme à l’habitude du groupe par cette phrase : « Nous sommes légion. Attendez-nous ».

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