artiste robot Ai-Da

Les garde-frontières égyptiens incarcèrent l’artiste robot Ai-Da

Ai-Da, l’artiste-robot humanoïde du fameux galeriste Aidan Meller, a passé une dizaine de jours dans les geôles égyptiennes.

Fruit d’une collaboration entre programmeurs, roboticiens, psychologues, et critiques, Ai-Da ne laisse personne indifférent. Les douaniers égyptiens ne font pas exception à la règle. Mais cette fois, ce n’est pas pour son apparence humaine très réaliste qu’elle a attisé les intérêts. Ni pour ses talents d’artiste.

Car, Ai-Da n’est pas un robot comme les autres : elle est douée de créativité. Son programme d’intelligence artificielle lui permet de produire des œuvres d’art originales. Des aptitudes qui n’ont guère impressionné les douaniers égyptiens. Ni suscité une bienveillante sympathie de leur part.

Bien contraire, dès son arrivée à l’aéroport du Caire, ils ont immédiatement vu en Ai-Da une espionne au service de la couronne britannique. Une suspicion qui l’a emmenée en prison : l’artiste robot a passé dix jours dans les geôles des douaniers.

Ai-Da : robot artiste au service de Sa Majesté ?

La raison de la méfiance des garde-frontières égyptiens ? Selon Aidan Meller, ils ont arrêté Ai-Da parce qu’elle était équipée de caméras oculaires et d’un modem. Du matériel informatique qui lui est indispensable pour peindre et dessiner, explique Aidan Meller.

Les douaniers ne l’ont pas entendu de cette oreille et ont conclu qu’il s’agissait de gadget d’espions. Comme dans les films de James Bond. Ils ont ainsi exigé que le modem d’Ai-Da soit éteint. C’est ensuite au tour des caméras oculaires de l’artiste robot de faire l’objet de suspicions. « Je peux retirer les modems, mais je n’allais pas lui arracher les yeux», a ironisé Aidan Meller, qui a raconté l’incident au quotidien britannique The Guardian.

Exposition en Egypte jusqu’au 7 novembre

Un refus qui a eu comme conséquence immédiate la détention de l’artiste robot. Ce n’est que le 21 octobre dernier que celui-ci a recouvert la liberté. Juste à temps pour l’exposition au pied de la Grande Pyramide de Gizeh, à laquelle il était pourtant officiellement convié.

A cette occasion, Ai-Da dévoilera son nouvel œuvre, une sculpture en argile de 2 m de haut et 2,5 m de large la représentant avec “trois jambes”. Outre Ai-Da, d’autres artistes (humains, il convient de le noter) internationaux et égyptiens présenteront aussi leurs créations. L’exposition se tiendra jusqu’au 7 novembre.

Pour obtenir la libération d’Ai-Da, il aura fallu un « fracas diplomatique » de la part des autorités britanniques, nous explique The Guardian, sans plus de détails.

Pour rappel, le robot humanoïde a déjà exposé un autoportrait au Victoria & Albert Museum de Londres. Un événement qui a lancé un vif débat quant aux aptitudes réelles d’une intelligence artificielle.

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