Le permis de conduire disparaîtra-t-il en 2040 ?

« Vous n’aurez plus besoin de permis de conduire en 2040 ». Cette déclaration date de 2012. Elle lance officiellement une nouvelle étape de la course à la construction et à la production de voitures autonomes. Ce qui réduit la frontière entre la réalité et la fiction. Google et Tesla sont en effet en passe d’obtenir l’autorisation à commercialiser des voitures sans conducteur. Qu’en est-il alors du permis de conduire dans les prochaines années ?

Succès de la voiture autonome et utilité du permis de conduire

Voir circuler les voitures sur les routes est proche de devenir une réalité, du moins aux États-Unis. Leur nombre ne cessera d’augmenter dans les prochaines années. Selon une estimation, près de 10 millions de voitures autonomes circuleraient dans le monde d’ici à 2030.

Ce chiffre devrait augmenter de manière significative. En effet, l’épuisement prochain des énergies fossiles devrait accélérer cette cadence et multiplier la production de voitures électriques en général. Option écologique par excellence, ce type de voiture réduit pratiquement l’émission de gaz à effet de serre. Les promoteurs des véhicules autonomes surfent sur cette vague pour promouvoir la voiture autonome et cela leur a plutôt réussi. Une telle perspective pose la question quant à l’utilité du permis de conduire dans les années à venir.

Responsabilité juridique et utilité du permis de conduire

Série de tests

Les constructeurs et les concepteurs de logiciel de pilotage doivent tester leurs produits sur route. Les États de la Californie, de la Floride, du Nevada et du Michigan, aux États-Unis, leur ont donné une autorisation. Cependant, conformément au Code de la route, un conducteur doit se tenir prêt pour reprendre le volant en cas de complication.

L’argument est simple : les voitures autonomes sont encore en phase de test. Elles pourraient donc présenter une défaillance. Voir le permis de conduire disparaitre dans les prochaines années est donc peu probable.

Quid de la responsabilité juridique ?

Un jour, les constructeurs mettront au point un véhicule d’une autonomie effective et totale. Mais même dans ce contexte, les autorités étatiques seront-elles prêtes à accepter qu’il roule sans qu’aucun passager ne soit responsable en cas d’accident ? De leur côté, les constructeurs ou les concepteurs du logiciel de pilotage seront-ils prêts à endosser cette responsabilité ?

Vu que le système est informatisé et automatisé, on peut en effet imputer un accident à un bug ou à un défaut de construction. Pourtant, il est peu que les industriels acceptent publiquement d’assumer la défaillance de leurs produits et cette responsabilité. Cela représente un énorme risque financier qu’ils ne voudront certainement pas prendre.

Le permis de conduire fait de la résistance

La déclaration de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) sur l’inutilité du permis de conduire en 2040 est donc un peu radicale. En effet, les législations en vigueur, du moins actuellement, exigent la présence d’une personne juridiquement responsable derrière le volant. L’absence d’un conducteur derrière les commandes d’une voiture en marche supprimerait effectivement le permis de conduire.

Dans ce contexte, le bon vieux conducteur devrait garder sa place derrière les commandes. Seule différence, il aura besoin de nouvelles compétences pour contrôler une voiture autonome. Une telle perspective n’hypothèque aucunement l’avenir du permis de conduire. En revanche, elle exige une certaine révision, notamment du Code de la route.

Un permis de conduire pour une voiture autonome

Fiabilité de la voiture autonome

Les investissements de constructeurs sont à la hauteur de leurs ambitions. Pourtant, construire un véhicule autonome 100 % infaillible relève de l’utopie, même après des années de recherche. De plus, la circulation sur route présente divers paramètres impossibles à maîtriser.

Dans ce cas, il faut mettre en place un dispositif qui permet de suspendre manuellement le pilotage automatique. Cela permet à un conducteur de reprendre le contrôle du véhicule en cas de besoin. L’individu aux commandes doit être apte à conduire une voiture sans mettre en danger les usagers de la route. Seul le permis de conduire garantit l’aptitude au volant d’un conducteur.

Nouvelle réglementation

La probabilité de voir cette pièce disparaître totalement est donc minime. En revanche, l’arrivée des voitures autonomes sur les routes apportera des changements dans les prochaines années. A commencer par la loi en vigueur. En effet, la circulation d’un type de véhicule aussi révolutionnaire entraîne nécessairement la retouche du Code de la route.

De nouvelles réglementations pourraient alors entrer en vigueur pour l’encadrement des voitures autonomes. Un nouveau permis autorisant une personne à conduire ce type de voiture pourrait même voir le jour. Cela entraînerait la mise à jour de la formation. 

Le permis de conduire, toujours valable en 2040

La déclaration sur la disparition du permis de conduire à l’horizon 2040 est  basée sur une simple hypothèse. Celle-ci soutient que les voitures autonomes constituent la quasi-totalité du parc automobile mondial en 2040.

 Vue la tendance actuelle, cette prévision est assez éloignée de la réalité. L’épuisement des énergies fossiles et surtout la protection de l’environnement face au changement climatique exigent une solution  plus réaliste et plus accessible. On constate  dans ce sens une tendance vers le développement des voitures électriques avec conducteurs.

L’engagement des gouvernements européens, notamment français, et des entreprises chinoises contribue énormément à l’atteinte de cet objectif. Certes, les constructeurs vont développer des voitures autonomes fiables dans les années à venir. Cependant, de là à penser qu’elles vont conquérir les routes semble difficile.

Dans cette perspective, voir disparaître le permis de conduire tel qu’on le connaît actuellement est peu probable. En revanche, l’évolution du Code de la route ouvre la voie à la réactualisation de la formation et des critères d’obtention du permis.

Les conducteurs professionnels n’ont pas à s’en faire. Ils restent indispensables dans le secteur du transport de marchandises, du moins dans les prochaines années. Ils ont encore de l’avenir devant eux.

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