test de Turing

Le test de Turing est-il toujours valide sur l’IA après 70 ans ?

Après sept décennies d’existence, aucune intelligence artificielle n’a réussi le test de Turing. Les développeurs d’IA commencent à douter de la fiabilité du test.

Le mathématicien Alan Turing a publié en 1950 une série de tests visant à mesurer la capacité d’une intelligence artificielle à interagir comme un être humain. Après 70 ans, même un GPT-3 n’est pas en mesure de satisfaire le test pour être jugé comme un programme doué d’une véritable intelligence. Nous sommes pourtant dans l’ère de la course au développement de l’IA.

Test de Turing : le début de l’évaluation d’une intelligence programmée

Alors que les ordinateurs n’en étaient encore qu’à leurs débuts, Alan Turing a publié son célèbre article « Computing Machinery And Intelligence » dans le journal Mind en 1950. Le mathématicien pionnier de l’informatique moderne a fait l’une des tentatives les plus influentes afin de soulever la question de l’intelligence humaine et de l’intelligence d’un programme, grâce à un simple test. Le « test de Turing » évalue la capacité d’un ordinateur à imiter un humain, telle que jugée par un autre humain qui ne pouvait pas voir la machine, mais pouvait lui poser des questions écrites. À l’époque, la notion d’intelligence artificielle n’existait pas. Pourtant, Turing réfléchissait déjà aux implications que ce concept pourrait impacter à l’avenir.

En quoi consiste le test ?

Dans son article, Alan Turing a décrit un cadre permettant de déterminer si une machine était dotée d’intelligence. En principe, il s’agissait d’une expérience de réflexion. Supposons qu’il y ait trois joueurs dans un jeu, deux sont humains et l’autre est un ordinateur. Un évaluateur, qui est un humain, pose alors des questions ouvertes aux joueurs. Si cette personne ne peut pas déterminer qui est l’humain, alors l’ordinateur est considéré comme intelligent. Le fondement du test de Turing est que seul un humain peut évaluer si l’intelligence d’une machine est suffisamment proche de celle d’un être humain. Comme l’évaluateur ne peut pas voir les joueurs, il doit juger uniquement sur les réponses. 

Les raisons de l’échec au test de Turing

Les développeurs commencent à se passer du test de Turing pour une raison irréfutable. L’IA peut connaître les réponses à toutes les questions, mais elle ne peut pas distinguer la validité de la question. Si vous posez une question absurde, les résultats montreront facilement quel joueur est l’IA.

« Quand vous demandez à un programme GPT-3 combien d’yeux possèdent le soleil, il vous répondra qu’il y en a un. Et quand on lui demandera qui était le président des États-Unis en 1600, la réponse sera la reine Elizabeth I », a déclaré Noah Giansiracusa, le professeur adjoint de mathématiques à l’université Bentley. Le problème fondamental est que le GPT-3 essaie toujours de répondre sérieusement à la question, plutôt que de refuser et de souligner son absurdité. En tout cas, les concepteurs restent optimistes, car la technologie de l’IA continue de progresser à un rythme effréné.

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