monero crytpomonnaie dark web privacy coin

Monero : tout savoir sur la cryptomonnaie préférée du Dark Web

Le Monero est un  » privacy coin  » : une cryptomonnaie offrant anonymat, confidentialité et protection des données. Découvrez tout ce que vous devez savoir sur la crypto préférée des hackers et cybercriminels du Dark Web…

Le Bitcoin confère un certain anonymat, et de nombreux criminels l’exploitent pour cette raison. Toutefois, cette cryptomonnaie repose sur un  » ledger  » (registre) public. Cela signifie que toutes les transactions sont mémorisées dans un historique accessible à tous.

En suivant l’itinéraire d’un Bitcoin, la police peut théoriquement remonter la trace du propriétaire. C’est arrivé en juin 2021, lorsque le FBI a analysé la blockchain pour pirater un portefeuille de Bitcoin détenu par les hackers du Colonial Pipeline.

Face à ce risque, les cybercriminels se tournent désormais vers d’autres cryptomonnaies comme le dash, le zcash et le Monero. Ces différentes crypto ont un point commun : elles offrent un anonymat renforcé par rapport au BTC. Le Monero est tout particulièrement privilégié pour les attaques au Ransomware et autres activités cybercriminelles…

Qu’est-ce que le Monero ?

Le Monero ou XMR fut lancé en 2014, par un consortium de développeurs. Beaucoup d’entre eux ont fait le choix de rester anonymes. À travers un livre blanc, les développeurs expliquent que la confidentialité et l’anonymat sont à leurs yeux les aspects les plus importants de la monnaie numérique.

Afin d’assurer cette protection, le Monero repose sur sa propre blockchain. Celle-ci dissimule les détails de toutes les transactions. L’identité de l’expéditeur et du destinataire est masquée, au même titre que le montant de la transaction.

Cet anonymat offre aux cybercriminels une liberté accrue, en leur permettant d’échapper aux outils et mécanismes de surveillance. Même si le Bitcoin reste la cryptomonnaie la plus utilisée pour les Ransomwares, les hackers demandent de plus en plus souvent du Monero.

C’est notamment le cas du groupe REvil, qui propose des rançons réduites en cas de paiement par Monero. Cette crypto est également très populaire sur les marketplaces du Dark Web, pour les achats de drogues, de faux papiers, de données volées et autres produits illégaux.

L’histoire du Monero

Tout commence le 9 avril 2014. C’est à cette époque que l’utilisateur thankful_for_today de Bitcointalk publie la création de BitMonero. Ce nom est composé du mot Bit (pour Bitcoin) et Monero (qui signifie  » monnaie  » en Esperanto).

Le projet a été créé comme une fourche du Bytecoin, en améliorant certaines fonctionnalités. Toutefois, initialement, ce projet fut mal accueilli. La communauté s’est rapidement chargée de corriger ses points faibles.

Le nom du projet fut changé pour  » Monero « , et l’histoire de cette cryptomonnaie commença. Grâce à l’utilisation de l’algorithme CryptoNight, cette cryptomonnaie offre un haut degré de confidentialité qui sera largement responsable de son succès.

En 2017, un nouvel algorithme a été inclus pour rendre les transactions encore plus confidentielles. Cet algorithme de dissimulation appelé  » Ring Signatures  » fut développé par Greg Maxwell à partir des recommandations de Shen noether. Peu après, le concept de Ring Confidential Transaction fut l’une des principales avancées introduites par le Monero.

En 2017, le Monero a connu un nouvel essor. Ceci s’explique notamment par sa compatibilité  » cross-platform «  et par sa facilité de programmation.

Toutefois, les particularités du Monero peuvent être exploitées pour le meilleur comme pour le pire. Si Change.org a pu récolter des fonds grâce à l’adoption de cette crypto, des hackers ont pu utiliser Coinhive pour miner du Monero en exploitant les ressources de l’ordinateur d’un internaute à son insu via une page du navigateur.

Quoi qu’il en soit, chacun de ces événements, bons ou mauvais, ont eu un impact sur l’histoire et l’évolution du Monero. Aujourd’hui, il s’agit de l’une des cryptomonnaies les plus renommées.

Comment fonctionne le Monero ?

Comme le Bitcoin, le Monero repose sur le minage de blocs. Toutefois, contrairement au BTC, cette cryptomonnaie utilise sur d’autres technologies spécifiques.

Algorithme de minage

Tout d’abord, alors que le Bitcoin utilise le système HashCash pour le minage, le Monero repose sur l’algorithme CryptoNight PoW. Il est conçu pour fonctionner sur le CPU d’un ordinateur ordinaire plutôt que sur des cartes graphiques ou le hardware ASIC spécialisé.

Le but est de rendre le processus de mining plus abordable et gratifiant, afin d’encourager la décentralisation. L’algorithme CryptoNight est conçu pour reposer sur un accès aléatoire aux données stockées sur la RAM.

Chaque nouveau bloc dépend des blocs précédents, ce qui signifie un accès continuel à la mémoire. Le processus ralentit le minage de façon exponentielle sur des GPU ou des ASIC sans RAM, mais pas sur des CPU.

Ainsi, chacun est à égalité pour le minage de Monero. Même un équipement de mining spécialisé n’apportera pas d’avantage majeur à l’usager. Toutefois, actuellement, Monero ne repose plus sur CryptoNight pour le minage, mais sur un nouveau système appelé RandomX.

Emission et volume maximum

En termes d’émission, la courbe principale est de 18 132 millions de coins XMR pour la fin mai 2022. Par la suite, 0,6 XMR sera émis pour chaque bloc. Le volume maximum de Monero sera donc illimité.

À l’heure actuelle, les mineurs de Monero reçoivent plus de 3 XMR par bloc. Cette somme décroit au fil du temps, et des pénalités s’appliquent au-delà de la taille moyenne des 100 derniers blocs. Le système est conçu pour que les mineurs puissent toujours recevoir au moins 0,3 XMR par bloc.

Ring Signatures

Une autre technologie clé du Monero est celle des Ring Signatures. Cette technique de cryptographie avancée mélange l’adresse de l’expéditeur avec un groupe d’autres adresses. Il devient donc exponentiellement difficile de tracer chaque nouvelle transaction.

En outre, chaque transaction génère des  » adresses secrètes «  qui rendent impossible de découvrir la vraie adresse du destinataire d’une transaction par quiconque hormis l’expéditeur ou le destinataire.

Les  » Signature Circles  » (cercles de signature) permettent quant à eux de prouver qu’un signataire appartient à un groupe sans nécessairement l’identifier. Il est possible de déterminer qu’un signataire appartient à un cercle, mais pas son identité. L’origine des fonds pour chaque transaction est donc cachée.

Une clé privée peut permettre de lier deux messages différents entre eux. Le but est d’éviter les attaques par double envoi qui pourraient impacter la blockchain. Enfin, aucun hacker ne peut créer de fausses signatures. Un mécanisme appelé  » Ring Confidential Transaction  » vient aussi dissimuler les montants transférés.

La fongibilité est aussi une caractéristique essentielle du Monero. Cela signifie qu’elle peut être échangée contre n’importe quelle autre monnaie aux propriétés identiques. Ceci contribue à la rendre intraçable. Aucun registre ne permet de vérifier l’utilisation de cette devise lors d’une transaction.

Système d’adresses

Une adresse Monero est composée de 95 caractères commençant par le chiffre 4. Ces adresses sont créées avec le processus CryptoNote, très différent de celui utilisé par le Bitcoin. La cryptographie utilisée est ECDSA, assurant un processus de création d’adresse unique et confidentielle.

Afin de préserver la confidentialité des utilisateurs, le Monero utilise aussi le concept de  » Stealth Adress « . L’expéditeur doit créer une adresse unique aléatoire pour chaque transaction. Grâce à ce système de dissimulation d’adresse, seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent savoir où le paiement a été envoyé.

Vitesse et coût des transactions

En termes d’extensibilité, le Monero peut traiter près de 1000 Transactions par Seconde au maximum de sa capacité. Sa vitesse de transaction est de 2 minutes en moyenne pour confirmer et ajouter un nouveau bloc à la chaîne. Pour sécuriser une transaction, un bloc nécessite 18 validations.

Il faut compter entre 10 et 30 minutes pour valider une transaction. Le coût de transaction varie actuellement de 0,05 à 0,01 dollar. C’est le coût par transaction le plus bas parmi toutes les cryptomonnaies à l’heure actuelle.

Random X : le nouvel algorithme du Monero

Le Monero se développe très rapidement grâce à une large communauté d’utilisateurs en pleine croissance. Cette cryptomonnaie évolue, toujours dans le but d’offrir une meilleure sécurité, une confidentialité et un anonymat accru.

Pour y parvenir, il est nécessaire d’appliquer des mises à jour majeures sur l’ensemble de la chaîne de blocs. Ces mises à jour ont aussi pour but d’offrir la résistance ASIC la plus élevée.

L’objectif est de simplifier le minage sur CPU ou GPU, afin que la décentralisation du Monero protège les principes de la communauté. Afin d’atteindre ce but, le Monero a modifié plusieurs fois son algorithme de minage CryptoNight.

Plus récemment, CryptoNight a finalement été abandonné purement et simplement au profit du nouvel algorithme RandomX. Il a été acté sur le réseau Monero le 1er décembre 2020.

Ce nouvel algorithme vise à empêcher le minage ASIC et à améliorer le minage CPU. Son nouveau schéma de minage utilise une machine virtuelle, et le fonctionnement diffère totalement de CryptoNight.

Le fonctionnement de RandomX repose sur la création d’un coeur de minage aléatoire. Ce kernel est exécuté à l’intérieur d’une machine virtuelle spécialement conçue pour RandomX.

Il permet l’interaction de minage entre l’algorithme de minage virtualisé et le CPU exécutant la machine virtuelle. Cette dernière est aussi le premier point de défense contre les ASICs. En effet, ces ordinateurs ne sont pas conçus pour exécuter des machines virtuelles ou des instructions très avancées.

L’algorithme RandomX assure aussi que les instructions au sein de la machine virtuelle puissent être exécutées par n’importe quel CPU. Toutefois, beaucoup de ces instructions consomment de larges volumes de RAM.

Ce processus commence par la création d’un espace de travail appelé Cache. Le cache est généré en utilisant la fonction cryptographique argon2, permettant d’ajuster sa consommation de mémoire et pouvant occuper jusqu’à 2Go de RAM durant le processus de génération. C’est une autre barrière contre les ASICs, puisque ces machines ont souvent peu de RAM.

Par la suite, RandomX commence à générer des espaces de travail Scratchpad pour le minage. Ces espaces de travail permettent d’échanger les données entre la machine virtuelle RandomX et le CPU qui l’exécute. Le mécanisme est créé pour que RandomX utilise le CPU pour le minage.

Là encore, la génération de ces espaces repose sur des instructions avancées. Les ASICs peuvent difficilement les implémenter, au contraire des CPU.

Les ASICs n’ont pas les caractéristiques requises pour RandomX, et la consommation de mémoire est trop importante pour ces machines. Par conséquent, la création de réseaux de botnets utilisant des appareils à faible puissance comme des objets connectés IoT est très compliquée pour les cybercriminels.

Autre avantage : les améliorations de l’algorithme permettent aux CPU actuels de maintenir, voire d’accroître leur potentiel de minage. Le potentiel de hashrate augmente, sans pour autant atténuer la sécurité et la décentralisation. L’algorithme RandomX est hautement performant, et apporte un grand avantage au Monero.

Néanmoins, RandomX repose largement sur l’exécution spéculative et l’exécution  » out of order « . Or, ces deux types d’exécution ont démontré par le passé de graves problèmes de sécurité qui pourraient impacter négativement l’algorithme dans l’avenir…

Qui dirige le projet Monero ?

Le développement du Monero repose avant tout sur sa communauté, et sur une vision méritocratique. Il n’y a pas de gestionnaire du projet, ou de dirigeant.

Toutes les décisions sont prises communément par l’équipe de développement : la Core Team. Il en va de même pour l’ajoute de nouvelles fonctionnalités, et le développement de nouvelles technologies.

Dans un communiqué publié en 2018 sur le site officiel, les développeurs du Monero ont réaffirmé très clairement ne pas être les  » boss «  de qui que ce soit. Leur rôle est davantage d’encourager les initiatives pour promouvoir le Monero.

En outre, ils appellent à distinguer la Core Team du Monero, qui doit rester un mouvement mondial visant à promouvoir la confidentialité à travers une cryptomonnaie fongible. Même si la Core Team disparaît, le Monero doit subsister.

Le développement du Monero est donc totalement décentralisé. Plusieurs membres de l’équipe de développement sont toutefois influents et renommés auprès de la communauté. On peut citer Riccardo  » fluffypony  » Spagni, Franciso  » ArticMine  » Cabins,  » NoodleDoodle  » et luigi1111.

Cette équipe centrale a malgré tout des responsabilités majeures. Elle doit gérer le code du Monero, et exercer le rôle d’arbitre sur le Forum Funding System.

Qu’est-ce que le Forum Funding System ?

Le Forum Funding System (FFS) ou Forum Financing System est un forum permettant à chacun de proposer des idées pour le Monero. La faisabilité et la pertinence de ces idées sont ensuite discutées par toute la communauté.

Quiconque présente une idée doit la décrire, indiquer de quelle manière il compte la développer, et quels sont ses moyens. La proposition doit être décomposée en étapes, et accompagnée d’une date de complétion globale.

La communauté peut ensuite débattre et proposer des modifications. Lorsqu’une version finale est approuvée, elle est transférée par un modérateur dans la section Funding Required.

Une fois le financement accompli, l’idée est transférée à la section  » Work in Progress « . Le développeur en charge du projet peut ainsi partager l’avancée de ses travaux avec la communauté.

Bitcoin vs Monero

Le Bitcoin est la première cryptomonnaie, et le champion en termes de market cap et de volume de trading. Toutefois, le Monero se distingue en tant que  » privacy coin  » permettant de protéger les données et la confidentialité.

Fin 2021, environ 18,9 millions de Bitcoins étaient en circulation. La limite est fixée à 21 millions, ce qui signifie qu’il reste environ 2 millions de BTC à miner. En comparaison, 18 millions de tokens Monero ont été minés sur le total de 18,4 millions. Ce cap devrait être atteint le 31 mai 2022. Par la suite, 0,6 XMR seront ajoutés à chaque bloc supplémentaire miné.

Si l’anonymat est une priorité pour vous, il est préférable d’utiliser le Monero que le Bitcoin. Gardez toutefois en tête que les gouvernements et autorités veulent la peau de cette crypto. En 2020, l’Internal Revenue Service (équivalent du fisc aux États-Unis) a annoncé une prime de 625 000 dollars à quiconque parviendrait à craquer le code du XMR.

Si jamais le code est craqué, cela prouvera que la cryptographie du Monero est moins efficace que prévu. Sa valeur pourrait immédiatement plonger suite à cette découverte.

Notons que beaucoup d’exchanges ne proposent pas le Monero, par peur des régulations. Par exemple, Kraken l’a délisté de sa plateforme en novembre 2021. La plupart des traders préfèrent donc investir dans le Bitcoin.

Malgré le succès du Monero auprès des hackers, le Bitcoin reste la crypto préférée pour les attaques au Ransomware. Ceci s’explique notamment par les règles des  » cyber-assurances « .

Beaucoup d’assurances refusent de rembourser un paiement de rançon s’il a été effectué en Monero. Le Bitcoin est plus facilement traçable, et les autorités pourront donc retrouver l’argent.

Toutefois, certains hackers utilisent des techniques permettant d’anonymiser les transactions de Bitcoin. Il est notamment possible de  » mélanger  » les Bitcoin sur des plateformes dédiées, afin de combiner les fonds illicites et légitimes.

Quels sont les avantages du Monero ?

Le Monero se distingue particulièrement par son haut niveau de confidentialité et de décentralisation. Il repose sur de nombreuses avancées technologiques réalisées dans le domaine de la cryptomonnaie. Une large communauté de développeurs et d’utilisateurs se forme autour du Monero.

En termes de sécurité, le Monero est à la fois protégé contre le vol et contre la surveillance. La confidentialité est également un pilier non négociable de ce projet. Il s’agit d’une crypto totalement décentralisée.

Son principal avantage est d’offrir un haut niveau de sécurité, de confidentialité et d’anonymat. Il est impossible de relier une transaction à un utilisateur de Monero, ou de suivre les transactions.

À l’inverse, il est possible de rendre les transactions visibles et transparentes pour les personnes de votre choix. Il suffit de leur communiquer la clé privée de visualisation.

En outre, la blockchain n’a pas de limite de taille de bloc et peut être étendue de manière dynamique. Même lorsque le total de Monero sera miné, 0,6 XMR par bloc continuera d’être créé.

Grâce à son succès, le Monero a déjà connu une croissance massive de son prix. Enfin, son équipe de développement est très compétente et honore des valeurs respectables.

En outre, le Monero est l’une des crypto offrant le meilleur support  » cross-platform « . Le logiciel est compatible Windows, MacOS, Linux, ou même Android.

Les limites du Monero

Malgré ses avantages, le Monero présente aussi des faiblesses. Tout d’abord, cette cryptomonnaie est plus difficile à acheter que le Bitcoin. Il est donc difficile pour les entreprises de payer une rançon avec cette devise.

En outre, le Monero est potentiellement plus vulnérable aux régulations et aux lois. Cette cryptomonnaie pourrait être prochainement interdite dans plusieurs pays tels que les États-Unis.

Un exchange pourrait par exemple perdre sa licence en listant le Monero. Cependant, il sera toujours très difficile de réguler les plateformes permettant les échanges entre Monero et devises classiques entre particuliers. Les hackers pourraient aussi contourner le problème en effectuant leurs transactions à l’étranger, dans des pays où le Monero est autorisé.

Bien évidemment, la nature anonyme et confidentielle du Monero attire de nombreuses critiques. Ses détracteurs craignent à juste titre que cette monnaie soit utilisée pour des activités illégales. Il est en effet impossible de tracer les utilisateurs et leurs transactions.

En outre, le Monero n’est pas infaillible. Bien qu’il ait été conçu pour éviter la centralisation des ASIC, 31,9% du hashrate est fourni par trois fermes de minage. Ce nombre est toutefois en diminution.

Le processus cryptographique est complexe, avec de nombreuses intrications. C’est un avantage pour la sécurité, mais cela complique aussi l’implémentation de nouvelles fonctionnalités.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Pin It on Pinterest