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Reconnaissance faciale en entreprise : comment la surveillance IA s’immisce au bureau

Les entreprises achètent des outils basés sur l’IA de plus en plus intrusifs pour garder un œil sur leurs employés. L’application d’Uber qui surveille ses chauffeurs n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. 

Uber, un exemple parmi d’autres

Les chauffeurs Uber doivent indiquer à l’application de covoiturage qu’ils se sont connectés. Et si le logiciel de reconnaissance faciale utilisé par l’entreprise décide que le conducteur ment sur son identité, même si ce n’est absolument pas le cas, il peut être renvoyé jusqu’à nouvel ordre. L’algorithme d’Uber surveille également les performances. Ceux qui récoltent de mauvaises évaluations constantes peuvent également être expulsés de l’application. De son côté, Uber affirme que des examens humains ont lieu avant de bloquer un chauffeur Uber de l’application. Les chauffeurs peuvent par ailleurs faire appel de la décision.

De plus en plus d’entreprises développent et/ou achètent des outils, beaucoup étant alimentés par l’IA, pour surveiller et analyser leurs employés. Les décideurs et les travailleurs disent que bon nombre des outils sont intrusifs, discriminatoires et, dans certains cas, illégaux. Dans les circonstances actuelles, avec la pandémie du Coronavirus, les entreprises disent avoir besoin d’outils qui garantissent la productivité et un comportement approprié de leurs employés, obligés de travailler à distance, sans superviseurs. 

Le cas d’Amazon et de Ford

En février, Amazon a commencé à suivre ses conducteurs avec des caméras dotées d’indicateurs de rétroaction biométriques qui détectent les gestes dangereux des chauffeurs. Un porte-parole d’Amazon a souligné des améliorations remarquables de la sécurité des conducteurs et de la communauté suite à la mise en place de ces outils qui ont permis de réduire les accidents de 48%. Amazon souligne que l’utilisation de ces caméras alimentées par l’IA qui sont parfaitement conformes à la loi, n’a d’autre finalité que l’optimisation de la sécurité

Les entreprises s’appuyaient déjà sur l’analyse du lieu de travail pour augmenter la productivité et l’efficacité, mais ces tendances ont été considérablement stimulées par la pandémie. Ford par exemple a exigé que certains de ses employés portent des bracelets avec des trackers pour assurer une distanciation sociale dans ses usines. Amazon prévoit d’utiliser l’IA pour surveiller les muscles les plus sollicités des employés. Cela réduirait les mouvements répétitifs et aiderait à protéger les employés contre les risques de maladie musculo-squelettique.

La technologie de surveillance à la hausse

Un rapport du Trades Union Congress (TUC) basé au Royaume-Uni suggère que l’utilisation de la technologie de surveillance est à la hausse. 15 % des travailleurs interrogés ont déclaré avoir fait l’expérience d’une surveillance des performances et de la productivité depuis le début de la pandémie. La société Sapience Analytics, qui produit un logiciel de surveillance du lieu de travail, affirme que ses produits augmentent l’engagement des employés, entraînant  une productivité accrue et une satisfaction professionnelle plus élevée.

Les systèmes d’IA sont bien qualifiés pour surveiller les travailleurs. Ils sont efficaces pour compter et identifier les mots saisis et les sites Web visités, vérifier le nombre d’e-mails envoyés, compter le nombre de pas effectués dans un entrepôt, comptabiliser le nombre et la durée des pauses toilettes. En somme, la technologie permet de surveiller le comportement d’un employé en ligne ou hors ligne. Cela favoriserait la transparence et la prise de décision objective. Mais les experts avertissent sur les risques de burn-out face à ces surveillances constantes.

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