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Reconnaissance faciale : les Verts européens mettent en garde contre les risques d’abus

Les forces de onze pays européens utilisent déjà des systèmes de reconnaissance biométrique dans leurs enquêtes. Un groupe qui comprend notamment l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, l’Autriche ou encore la France. Huit autres pays devraient suivre ce mouvement dans un futur proche.

C’est ce qui ressort d’une étude commandée par le groupe des Verts au Parlement européen, fervent promoteur de l’interdiction totale des systèmes de reconnaissance biométrique dans les espaces publics.

Mise en garde contre les technologies de reconnaissance faciale

Un phénomène qui doit inquiéter les citoyens européens, selon Francesco Ragazzi, professeur associé à l’université de Leiden et auteur principal de l’étude. Celui-ci pointe notamment la difficulté de contrôler l’usage de ces technologies. Il s’alarme surtout de « leur impact potentiel sur les droits fondamentaux des citoyens européens ».

La reconnaissance faciale est un procédé capable de faire correspondre des visages humains à une image numérique. Cette image est l’équivalent d’une empreinte digitale. Elle permet donc de confondre les criminels. Mais utilisée à grande échelle, elle peut aussi être utilisée à des fins de surveillance politique.

Face à cette possibilité, la principale crainte est alors que les pouvoirs publics soient tentés d’identifier systématiquement chaque citoyen européen, cela, avec ou sans leur consentement. Si une telle situation se produisait dans l’avenir, la notion fondamentale de respect de la vie privée risquerait alors d’être vidée peu à peu de sa substance.

Le rapport met sérieusement ainsi en garde les parlementaires : « Il semble que l’on comprenne mal les modalités d’application de cette technologie et l’impact potentiel d’un si large éventail d’applications sur les droits fondamentaux des citoyens européens. »

Surveillance illégale : Les abus se multiplient en Europe

Parmi les abus en Europe relevés par le rapport, le lancement d’un projet de reconnaissance faciale à l’aéroport de Bruxelles en 2017. Une initiative qui n’a pas reçu l’aval des autorités compétentes ; et qui, par conséquent, a procédé à une collecte illégale de données sur les voyageurs.

Au Pays-Bas, le niveau d’intrusion de la technologie semble encore plus grand. Ainsi en est-il par exemple à Rotterdam où les habitants d’un quartier de la ville ont mis en place un système de surveillance afin de détecter les comportements criminels. Il ne s’agit pas d’une initiative de la police mais de simples citoyens.

En Allemagne, les villes de Berlin, Mannheim et Hambourg ont toutes déployé des logiciels de reconnaissance faciale pour tester leur capacité à détecter des comportements suspects.

Deux évolutions sont pointées du doigt comme rendant la surveillance de masse plus probable en Europe. D’une part, l’expansion des bases de données biométriques. De plus en plus de citoyens européens y sont en effet enregistrés. Et, d’autre part, le pilotage de plusieurs systèmes connectés à des logiciels d’identification biométrique.

Au début du mois d’octobre, le Parlement européen a adopté une résolution appelant à des règles strictes concernant l’utilisation de systèmes d’Intelligence Artificielle (IA) dans le cadre de l’application de la loi, et préconisant notamment l’interdiction des technologies de reconnaissance faciale dans les espaces publics.

 

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