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Atteinte à la vie privée : Clearview AI sommée de supprimer les données de reconnaissance faciale des Australiens

Spécialisée dans la reconnaissance faciale, l’entreprise Clearview AI est accusée d’avoir enfreint la loi australienne sur la protection de la vie privée.

L’autorité australienne de protection de la vie privée (OAIC) vient d’ordonner à Clearview AI de détruire toutes les images, ainsi que tous les modèles faciaux, appartenant à des personnes vivant en Australie.

À la suite d’une enquête, l’OAIC a en effet constaté que les activités de l’entreprise sont en infraction vis-à-vis de la loi sur la protection de la vie privée des citoyens australiens.

Clearview AI : Reconnaissance faciale à partir de milliards de clichés

L’application, développée par Clearview AI utilise l’intelligence artificielle pour identifier des personnes à partir de simples photos. Le système s’appuie sur des milliards d’images extraites de sites de médias sociaux tels que LinkedIn et Facebook.

Ces images sont ensuite traitées dans une base de données biométrique à l’aide d’algorithmes. Après cela, Clearview les vend aux forces de police et aux entreprises privées dans de nombreux pays.

La police fédérale australienne (AFP) a utilisé l’application de Clearview AI entre octobre 2019 et mars 2020.

 « La collecte secrète de ce type d’informations sensibles est inutilement intrusive et injustifiée », a déclaré Angelene Falk, commissaire à la vie privée de l’OAIC, dans un communiqué de presse.

« Il existe un risque sérieux de préjudice pour les personnes, y compris les groupes vulnérables tels que les enfants et les victimes de crimes, dont les images peuvent se trouver dans la base de données de Clearview AI. »

 

Impact négatif sur les libertés individuelles et la protection de la vie privée

L’enquête de l’OAIC sur Clearview a été menée conjointement avec l’Office britannique du commissaire à l’information (ICO). Cependant, ce dernier n’a pas encore pris de décision sur la légalité des activités de Clearview au Royaume-Uni. Il indique toutefois qu’il « envisage les prochaines étapes et toute action réglementaire formelle qui pourraient être appropriées en vertu de la loi britannique sur la protection des données ».

Une indécision qui ne semble pas toucher les pouvoirs publics australiens. « Lorsque les Australiens utilisent les médias sociaux ou les sites de réseautage professionnel, ils ne s’attendent pas à ce que leurs images faciales soient collectées sans leur consentement par une entité commerciale afin de créer des modèles biométriques à des fins d’identification totalement étrangères », a en effet martelé Mme Falk.

« L’extraction sans discernement d’images faciales de personnes, dont seule une fraction serait jamais liée à des enquêtes policières, peut avoir un impact négatif sur les libertés individuelles de tous les Australiens qui ont le sentiment d’être surveillés ».

Clearview AI va faire appel de la décision australienne

D’après le quotidien britannique The Guardian, Clearview prévoit de faire appel de la décision. « Clearview AI opère légitimement en vertu des lois de ses domiciles », a déclaré dans un communiqué Mark Love, l’avocat de l’entreprise. « Non seulement la décision du commissaire a raté la cible sur le fonctionnement de Clearview AI, mais le commissaire n’est pas non plus compétent. »

Clearview fait valoir que les images qu’elle a recueillies étaient dans le domaine public. Il n’y a donc pas eu d’atteinte à la vie privée selon elle.  L’entreprise affirme de plus que ces images ont été publiées aux États-Unis. Et que par conséquent, la loi australienne sur la protection de la vie privée ne s’applique pas.

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