Comment Boston Dynamics a appris à ses robots à danser

Fin décembre 2020, Boston Dynamics a publié une vidéo d’Atlas, Spot et Handle dansant sur  Do You Love Me du groupe The Contours. À ce jour, la vidéo a été visionnée plus de 24 millions de fois, une popularité qui ne surprend guère compte tenu du mélange convaincant de prouesses techniques et de créativité. Ce qui se passe sur la vidéo n’est pas révolutionnaire selon Boston Dynamics, mais n’en reste pas moins impressionnant.

L’art de la robotique dans tous ses états

Cette vidéo révèle l’art de la robotique humanoïde, de la robotique quadrupédale et de la robotique dans sa globalité. La composante artistique de cette vidéo dit Boston Dynamics la rend unique. Atlas peut faire des tâches pratiques, de la gymnastique et du parkour, mais la danse est certainement quelque chose de nouveau.

Aaron Saunders, un des ingénieurs de Boston Dynamics (il a notamment participé au développement de LittleDog et d’Atlas), a déclaré que cette vidéo a été réalisée pour le plaisir. Le nombre de vues a été pour la société une bonne surprise. Mais surtout, cette vidéo leur a permis de connecter la robotique avec un public plus large.

Atlas et la chorégraphie

Atlas n’a jamais évolué de la sorte. Pour arriver à ce résultat, les équipes de Boston Dynamics ont commencé par travailler avec des danseurs et un chorégraphe pour créer un premier concept de danse en composant et en assemblant une routine. L’un des défis était d’ajuster les mouvements de danse humains afin qu’ils puissent être exécutés sur le robot.

Pour ce faire, ils ont utilisé la simulation pour parcourir rapidement les concepts de mouvement tout en sollicitant les commentaires du chorégraphe pour atteindre des comportements qu’Atlas avait la force et la rapidité d’exécuter. Tout au long du projet, le délai pour créer ces nouveaux mouvements de danse est devenu de plus en plus court au fur et à mesure que les équipes construisent des outils.

Les tours de rotation parmi les mouvements les plus difficiles à exécuter

Certains des tours de rotation dans les parties de ballet ont nécessité plus d’itérations car ils étaient les plus éloignés du saut et de la course et certains des autres mouvements avec lesquels les robots ont plus d’expérience. Si Atlas n’a pas forcément la faculté d’un grand athlète, il a par contre la capacité de reproduire une chose, un mouvement encore et encore, exactement de la même manière.

Boston Dynamics pense que les compétences inhérentes à la danse et au parkour, comme l’agilité, l’équilibre et la perception, sont fondamentales pour une grande variété d’applications robotiques. La danse exigeait beaucoup de force et de vitesse.

Avec cette expérience, la société a pu améliorer une partie du matériel d’Atlas pour lui donner plus de puissance. Les équipes ont aussi créer la capacité dans la machine pour aller avec la capacité dans les algorithmes. Ces comportements ne sont pas destinés à être produits et à être fiables à 100%. Boston Dynamics prévoit d’utiliser l’apprentissage automatique pour étendre et construire sur les bases des logiciels et du matériel qu’elle a développés.